Formation incendie ERP : qui devez-vous former, à quelle fréquence et selon quelles règles ? Si vous exploitez un magasin, un restaurant, un hôtel, une école, un EHPAD, une salle de sport ou un accueil de bureaux ouvert au public, vous êtes responsable d’un établissement recevant du public (ERP). Et dans un ERP, le risque incendie ne se limite pas à vos salariés : il concerne aussi des clients, des patients, des élèves, des spectateurs, des résidents, qui ne connaissent pas les lieux, ne savent pas où sont les sorties et attendent du personnel qu’il sache quoi faire. La formation incendie ERP n’est donc pas une formalité administrative. C’est ce qui fait la différence, dans les premières minutes d’un départ de feu, entre une évacuation calme et une situation de panique. Ce guide complet fait le point sur la réglementation ERP incendie (règlement de sécurité du 25 juin 1980, arrêté du 22 juin 1990 pour la 5e catégorie), sur ce qu’impose en plus le Code du travail pour vos salariés, sur les personnes à former selon le type et la catégorie de votre établissement, sur le contenu d’une bonne formation, sur les exercices d’évacuation et sur ce que la commission de sécurité vous demandera de prouver. Il a été rédigé par l’équipe de TRINACRE Formations, organisme de formation certifié Qualiopi qui intervient directement dans les locaux de ses clients à Paris, en Île-de-France et partout en France, avec des formations incendie en réalité virtuelle et en réalité augmentée, sans flamme ni fumée.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’un ERP ?
- Les 5 catégories d’ERP et leurs seuils
- Les principaux types d’ERP et leurs enjeux incendie
- Deux réglementations qui se cumulent : ERP et Code du travail
- Qui former dans un ERP ?
- Le contenu d’une formation incendie ERP
- Exercices d’évacuation en ERP : fréquence, organisation, registre
- Formation incendie ERP secteur par secteur
- Bac à feu ou réalité virtuelle : quelle méthode en ERP ?
- Commission de sécurité : ce que l’on vous demandera de prouver
- Financement : OPCO et certification Qualiopi
- Check-list : 15 points pour un ERP en règle
- FAQ : formation incendie en ERP
- Organiser votre formation incendie ERP avec TRINACRE
Qu’est-ce qu’un ERP ?
Un établissement recevant du public est, au sens du Code de la construction et de l’habitation, tout bâtiment, local ou enceinte dans lequel des personnes sont admises, librement ou moyennant une rétribution, ou dans lequel sont tenues des réunions ouvertes à tout venant ou sur invitation, payantes ou non. Est considérée comme faisant partie du public toute personne admise dans l’établissement à quelque titre que ce soit, en plus du personnel.
Concrètement, la notion est très large. Une boulangerie, une pharmacie, un cabinet médical, un restaurant, un hôtel, une crèche, un collège, une salle de concert, un gymnase, une mairie, une agence bancaire, un musée, un lieu de culte ou un centre commercial sont des ERP. À l’inverse, un immeuble de bureaux qui n’accueille que des salariés, sans accueil du public, relève uniquement du Code du travail. Beaucoup d’entreprises sont dans une situation mixte : des bureaux classiques et un espace d’accueil, un showroom ou une salle de formation ouverte à des visiteurs. Cette partie ouverte au public peut alors constituer un ERP.
Chaque ERP est classé selon deux critères qui déterminent les règles applicables :
- le type, désigné par une lettre, qui correspond à la nature de l’activité (magasin, restaurant, hôtel, établissement de soins, etc.) ;
- la catégorie, de 1 à 5, qui dépend de l’effectif, c’est-à-dire du nombre de personnes susceptibles d’être présentes en même temps.
Le classement figure sur l’avis de la commission de sécurité ou sur l’arrêté d’autorisation d’ouverture. En cas de doute, il est mentionné sur la notice affichée à l’entrée de l’établissement (article GE 5 du règlement de sécurité), qui précise le type, la catégorie et l’effectif maximal admis. C’est le premier document à vérifier avant de bâtir votre plan de formation incendie.
Les 5 catégories d’ERP et leurs seuils
L’article R143-19 du Code de la construction et de l’habitation répartit les ERP en cinq catégories. Les quatre premières forment le « premier groupe », la 5e catégorie constitue le « second groupe » et obéit à des règles allégées, fixées par l’arrêté du 22 juin 1990.
| Catégorie | Effectif | Personnes comptées | Exemples courants |
|---|---|---|---|
| 1re catégorie | Au-dessus de 1 500 personnes | Public et personnel | Grand centre commercial, stade couvert, grand hôpital, salle de spectacle importante |
| 2e catégorie | De 701 à 1 500 personnes | Public et personnel | Hypermarché, lycée important, grand hôtel, salle polyvalente |
| 3e catégorie | De 301 à 700 personnes | Public et personnel | Supermarché, collège, cinéma de taille moyenne, clinique |
| 4e catégorie | 300 personnes et au-dessous (hors 5e catégorie) | Public et personnel | Restaurant de grande capacité, école, EHPAD, salle de sport |
| 5e catégorie | En dessous du seuil fixé pour chaque type | Public uniquement | Commerce de proximité, petit restaurant, cabinet, agence, petite crèche |
Deux points sont souvent mal compris. D’abord, pour les catégories 1 à 4, l’effectif additionne le public et le personnel, alors que pour la 5e catégorie seul le public est pris en compte. Ensuite, le seuil de la 5e catégorie n’est pas unique : il est fixé type par type par le règlement de sécurité (par exemple 200 personnes pour un magasin de vente de type M), et il peut être plus bas pour les étages, les sous-sols ou les établissements avec locaux à sommeil.
La grande majorité des ERP en France sont des établissements de 5e catégorie. C’est aussi là que l’on rencontre le plus d’idées reçues : « petit établissement, donc pas d’obligation de formation ». C’est faux, comme nous le verrons avec l’article PE 27.
Les principaux types d’ERP et leurs enjeux incendie
Le type détermine les « dispositions particulières » du règlement de sécurité qui s’ajoutent aux dispositions générales. Pour la formation du personnel, chaque type a ses propres enjeux : un public qui dort, un public qui ne peut pas se déplacer seul, un public très dense, des enfants, des installations techniques spécifiques.
| Type | Activité | Enjeux incendie pour la formation |
|---|---|---|
| J | Structures d’accueil pour personnes âgées et personnes handicapées (EHPAD, foyers, MAS) | Résidents peu ou pas autonomes, évacuation horizontale par compartiments, effectifs réduits la nuit |
| L | Salles d’audition, de conférences, de réunions, de spectacles ou à usages multiples | Forte densité, obscurité possible, décors, régie, gestion des flux de sortie |
| M | Magasins de vente, centres commerciaux | Public nombreux et dispersé, stocks combustibles, réserves, mail commercial |
| N | Restaurants et débits de boissons | Feux de cuisson et d’huile, hottes, gaz, salles en sous-sol ou en étage |
| O | Hôtels et autres établissements d’hébergement | Public endormi, méconnaissance des lieux, personnel réduit la nuit, clientèle étrangère |
| P | Salles de danse et salles de jeux | Forte densité, lumière tamisée, effets spéciaux, consommation d’alcool |
| R | Établissements d’éveil, d’enseignement, de formation, centres de vacances et de loisirs | Enfants, encadrement des groupes, comptage, internats |
| S | Bibliothèques, centres de documentation | Potentiel calorifique élevé (papier), rayonnages, archives |
| T | Salles d’exposition | Stands, aménagements temporaires, montage et démontage |
| U | Établissements de soins | Patients alités ou sous assistance, blocs, oxygène, transferts horizontaux |
| V | Établissements de culte | Bougies, grande hauteur sous plafond, public âgé |
| W | Administrations, banques, bureaux | Accueil du public, locaux techniques, informatique, coexistence avec des salariés nombreux |
| X | Établissements sportifs couverts | Grands volumes, tribunes, vestiaires, pratiquants en tenue |
| Y | Musées | Collections à protéger, visiteurs en groupes, salles d’exposition en enfilade |
| PA | Établissements de plein air | Gestion de foule, accès des secours |
| CTS | Chapiteaux, tentes et structures | Structures temporaires, chauffage d’appoint, installations électriques provisoires |
D’autres types « spéciaux » existent (structures gonflables SG, parcs de stationnement couverts PS, gares GA, établissements flottants EF, refuges de montagne REF, hôtels-restaurants d’altitude OA). Par ailleurs, un même bâtiment peut cumuler plusieurs activités : un hôtel avec restaurant, une école avec une salle de spectacle, un centre commercial avec des restaurants. Dans ce cas, le classement tient compte de l’activité principale et des activités annexes, et la formation doit couvrir tous les risques présents.
Deux réglementations qui se cumulent : ERP et Code du travail
C’est le point le plus important de ce guide, et celui qui est le plus souvent oublié. Dans un ERP qui emploie des salariés, deux corps de règles s’appliquent en même temps et ne se remplacent pas.
La réglementation ERP : protéger le public
Le règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les ERP, approuvé par l’arrêté du 25 juin 1980, s’adresse à l’exploitant. Son objectif est la sécurité du public. Pour le personnel, plusieurs articles de la section « Service de sécurité incendie » (articles MS 45 à MS 52) sont essentiels :
- MS 45 : la surveillance de l’établissement doit être assurée pendant la présence du public par un service de sécurité incendie ;
- MS 46 : ce service peut être composé, selon le type et la catégorie, de personnes désignées par l’exploitant et entraînées à la manœuvre des moyens de secours et à l’évacuation du public, d’agents de sécurité incendie qualifiés, de sapeurs-pompiers, ou d’une combinaison de ces solutions. Ses missions incluent la connaissance et l’application des consignes, les premières mesures de sécurité, la vacuité des dégagements et l’accueil des secours ;
- MS 47 : les consignes doivent préciser les modalités d’alerte des sapeurs-pompiers, les dispositions pour la sécurité du public et du personnel, les mesures favorisant l’évacuation des personnes en situation de handicap, la mise en œuvre des moyens de secours et l’accueil des secours ;
- MS 48 : les personnes désignées reçoivent une formation organisée à l’initiative et sous la responsabilité de l’exploitant ; les agents de sécurité incendie doivent avoir une qualification vérifiée selon les arrêtés du ministre de l’Intérieur (c’est le cadre du SSIAP) ;
- MS 51 : des exercices d’instruction du personnel doivent être organisés sous la responsabilité de l’exploitant, et leur date est portée sur le registre de sécurité.
Pour la 5e catégorie, l’arrêté du 22 juin 1990 fixe des règles simplifiées. Son article PE 27 impose notamment d’instruire le personnel sur la conduite à tenir en cas d’incendie et de l’entraîner à la manœuvre des moyens de secours, et d’afficher des consignes indiquant le numéro d’appel des sapeurs-pompiers, l’adresse du centre de secours le plus proche et les dispositions immédiates à prendre en cas de sinistre. Autrement dit, même le plus petit commerce de quartier doit former son personnel.
Enfin, le Code de la construction et de l’habitation impose à tout ERP de tenir un registre de sécurité (article R143-44). Ce registre doit notamment contenir l’état du personnel chargé du service incendie, les consignes établies en cas d’incendie, y compris les consignes d’évacuation tenant compte des différents types de handicap, les dates des contrôles et vérifications, et les dates des exercices de sécurité incendie.
Le Code du travail : protéger les salariés
Dès lors que vous employez du personnel, le Code du travail s’applique en parallèle. L’employeur a une obligation générale de sécurité (article L4121-1) et doit organiser une formation pratique et appropriée à la sécurité au bénéfice de chaque salarié, notamment lors de l’embauche (articles L4141-2 et R4141-2 et suivants). En matière d’incendie, les articles clés sont les suivants :
- R4227-28 : l’employeur prend les mesures nécessaires pour que tout commencement d’incendie puisse être rapidement et efficacement combattu dans l’intérêt du sauvetage des travailleurs ;
- R4227-37 : dans les établissements où peuvent se trouver occupées ou réunies habituellement plus de cinquante personnes, ou dans ceux qui manipulent des matières inflammables, une consigne de sécurité incendie est établie et affichée de manière très apparente ;
- R4227-38 : cette consigne précise notamment le matériel d’extinction et de secours, les personnes chargées de le mettre en action et de diriger l’évacuation, ainsi que les moyens d’alerte et les modalités d’appel des sapeurs-pompiers ;
- R4227-39 : la consigne prévoit des essais et visites périodiques du matériel et des exercices au cours desquels les travailleurs apprennent à reconnaître le signal sonore d’alarme générale, à se servir des moyens de premier secours et à exécuter les diverses manœuvres nécessaires. Ces exercices ont lieu au moins tous les six mois, et leur date ainsi que les observations sont consignées sur un registre tenu à la disposition de l’inspection du travail.
Pour approfondir ce point, consultez notre article dédié à l’exercice incendie tous les six mois ainsi que notre guide sur la question « formation incendie obligatoire : tous les combien ? ».
Le DUERP fait le lien entre les deux
Le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) doit identifier le risque incendie dans chaque unité de travail et les mesures de prévention associées. Dans un ERP, cette évaluation doit intégrer la présence du public : un salarié de caisse ou d’accueil n’a pas seulement à se protéger, il doit aussi guider des personnes qui ne connaissent pas les lieux. Le plan d’action du DUERP est donc l’endroit logique pour planifier vos formations incendie, vos exercices et le renouvellement des équipiers.
En résumé
| Question | Réglementation ERP | Code du travail |
|---|---|---|
| Qui est protégé ? | Le public | Les salariés |
| Qui est responsable ? | L’exploitant | L’employeur |
| Formation du personnel | MS 46, MS 48, PE 27 | L4141-2, R4141-2 et suivants, R4227-39 |
| Exercices | MS 51, règles par type (R, U, J, etc.) | Au moins tous les six mois (R4227-39) |
| Traçabilité | Registre de sécurité (R143-44) | Registre à disposition de l’inspection du travail |
| Contrôle | Commission de sécurité, maire | Inspection du travail |
En pratique, un seul registre de sécurité bien tenu peut servir aux deux contrôles, à condition qu’il trace clairement les formations, les exercices, les participants et les observations.
Qui former dans un ERP ?
La réponse courte : tout le personnel, à des niveaux différents. Voici comment structurer votre plan de formation.
Tout le personnel : la conduite à tenir
Chaque salarié, y compris les saisonniers, les intérimaires, les apprentis et le personnel de ménage ou de sécurité extérieur présent régulièrement, doit savoir reconnaître le signal d’alarme, connaître la consigne, savoir donner l’alerte, savoir où se trouvent les sorties et le point de rassemblement, et savoir comment guider le public. Dans un ERP, c’est souvent le salarié le plus proche du départ de feu qui doit agir dans les premières secondes : une vendeuse en réserve, un serveur en cuisine, une aide-soignante dans un couloir de nuit.
Les équipiers de première intervention (EPI)
Une partie du personnel doit être formée de manière approfondie à l’utilisation des extincteurs et, si l’établissement en est équipé, des robinets d’incendie armés. Le nombre d’équipiers dépend de la configuration, des horaires et des risques, mais l’objectif est simple : qu’à tout moment d’ouverture au public, au moins une personne formée soit présente dans chaque zone. Notre formation EPI est conçue pour cela.
Les guide-files et serre-files
L’évacuation du public ne s’improvise pas. Le guide-file ouvre la marche vers la sortie la plus sûre, le serre-file vérifie que personne n’est resté en arrière (toilettes, cabines d’essayage, salles de réunion, chambres) et ferme les portes. Dans un ERP, ces rôles sont encore plus importants qu’en bureau classique, parce que le public ne connaît pas les lieux. Nous détaillons ces missions dans notre article sur le rôle et la formation du guide-file et du serre-file, et dans notre formation évacuation.
Le chargé de sécurité ou responsable unique de sécurité
L’exploitant (ou son représentant, au sens de l’article MS 52) doit pouvoir prendre les décisions de sécurité et tenir le registre à jour. Dans les établissements de taille moyenne, il est utile de désigner un référent sécurité incendie qui pilote les exercices, vérifie les consignes, coordonne les vérifications périodiques et accueille la commission de sécurité. Ce référent doit avoir une formation plus complète, incluant la lecture du registre, la connaissance du système de sécurité incendie et l’organisation des exercices.
Les agents SSIAP, selon le type et la catégorie
Dans certains ERP de grande taille ou à risque particulier, le règlement de sécurité impose un service de sécurité incendie composé d’agents qualifiés SSIAP (service de sécurité incendie et d’assistance à personnes), dont les missions et la qualification sont définies par l’arrêté du 2 mai 2005. C’est le cas, selon les dispositions particulières de chaque type, de certains grands magasins et centres commerciaux, de certaines grandes salles de spectacles, de certains établissements de soins et d’exposition, ainsi que des immeubles de grande hauteur. La commission de sécurité peut aussi l’imposer au vu des risques. Les agents SSIAP 1, les chefs d’équipe SSIAP 2 et les chefs de service SSIAP 3 suivent des formations spécifiques dispensées par des centres agréés.
Attention à ne pas confondre : la présence d’agents SSIAP ne dispense pas de former le reste du personnel. Les agents SSIAP ne sont que quelques-uns, souvent au poste de sécurité ; ce sont les vendeurs, les serveurs, les soignants et les agents d’accueil qui sont au contact du public au moment où l’alarme sonne.
Les sauveteurs secouristes du travail (SST)
Un incendie peut faire des victimes : brûlures, intoxication par les fumées, malaise, chute pendant l’évacuation. Le Code du travail impose la présence de personnel formé aux premiers secours dans certains ateliers à risque (article R4224-15), et il est fortement recommandé d’en disposer dans tout ERP. Coupler formation incendie et formation SST permet de couvrir toute la chaîne : prévenir, alerter, intervenir, secourir. Pour la restauration, voir aussi notre article sur la formation SST obligatoire en restauration.
Tableau récapitulatif
| Population | Formation | Objectif |
|---|---|---|
| Tout le personnel | Sensibilisation incendie et évacuation | Connaître l’alarme, la consigne, les sorties, l’alerte |
| Équipiers désignés | EPI (extincteurs, RIA si présents) | Attaquer un début de feu sans se mettre en danger |
| Guide-files, serre-files | Formation évacuation | Évacuer le public, vérifier les locaux, rendre compte |
| Référent sécurité, exploitant | Formation renforcée | Piloter consignes, exercices, registre, accueil de la commission |
| Agents de sécurité (si imposé) | SSIAP 1, 2 ou 3 (centres agréés) | Assurer le service de sécurité incendie réglementaire |
| Secouristes | SST | Porter secours aux victimes en attendant les secours |
Le contenu d’une formation incendie ERP
Une formation incendie efficace en ERP ne se résume pas à éteindre un feu dans un bac. Elle doit préparer le personnel à ce qui se passera réellement dans ses propres locaux, avec du public. Voici les modules indispensables.
Le triangle du feu et la propagation
Combustible, comburant, énergie d’activation : supprimer un de ces trois éléments, c’est arrêter le feu. Ce rappel théorique est court, mais il donne du sens aux gestes. On y ajoute les modes de propagation (conduction, convection, rayonnement, projection) et surtout le danger principal : les fumées. Dans la plupart des incendies, ce sont les fumées toxiques et opaques qui tuent, bien avant les flammes. Comprendre que les fumées montent, s’accumulent sous le plafond puis descendent explique pourquoi il faut fermer les portes, se baisser et ne jamais revenir en arrière.
Les classes de feux
La norme distingue les feux de classe A (solides : papier, bois, textiles, cartons), B (liquides ou solides liquéfiables : solvants, carburants, certains plastiques), C (gaz), D (métaux) et F (huiles et graisses de cuisson). Les feux d’origine électrique, très fréquents en ERP (armoires, tableaux, multiprises, équipements informatiques), demandent une attention particulière : on coupe l’alimentation quand c’est possible et on utilise un agent extincteur adapté.
Les extincteurs
Le personnel doit savoir identifier l’extincteur à eau pulvérisée avec additif, l’extincteur à poudre et l’extincteur au dioxyde de carbone (CO2), connaître leurs usages, leurs limites et les dangers associés. Les gestes s’apprennent par la pratique : dégoupiller, percuter si nécessaire, tester, s’approcher à bonne distance, viser la base des flammes, balayer, ne jamais tourner le dos au feu, garder une issue derrière soi. On insiste aussi sur une règle essentielle : si le feu n’est pas maîtrisé avec un ou deux extincteurs, on évacue et on ferme la porte.
Le robinet d’incendie armé (RIA), s’il est présent
Certains ERP (grands magasins, entrepôts attenants, établissements de grande taille) sont équipés de RIA. Leur mise en œuvre demande un apprentissage spécifique : ouverture du robinet d’arrêt, déroulement du tuyau, réglage du jet, travail en binôme, sécurité électrique. Former au RIA sans en disposer dans les locaux n’a pas beaucoup de sens ; à l’inverse, un RIA présent mais jamais manipulé par le personnel est un moyen de secours inutile.
L’alarme et le système de sécurité incendie (SSI)
Le personnel doit reconnaître le signal d’alarme générale, savoir où sont les déclencheurs manuels et comment les actionner. Dans les établissements équipés d’un SSI, il faut comprendre la logique de l’équipement d’alarme : détection automatique, alarme restreinte au poste de sécurité, temporisation, alarme générale. Selon les cas, le référent doit savoir lire le tableau, identifier la zone en alarme, effectuer une levée de doute et savoir ce qu’il ne faut pas faire (réarmer trop tôt, couper l’alarme sans vérification).
L’évacuation avec le public
C’est la spécificité majeure de l’ERP. Le personnel doit apprendre à :
- donner des consignes claires, d’une voix ferme, avec des gestes, sans créer de panique ;
- orienter le public vers la sortie la plus proche et la plus sûre, pas forcément l’entrée principale par laquelle les clients sont arrivés ;
- empêcher le retour en arrière (récupérer un sac, un vêtement, un achat, un véhicule) ;
- gérer les personnes qui refusent de sortir ou qui filment ;
- ne pas utiliser les ascenseurs ;
- regrouper le public au point de rassemblement sans bloquer l’accès des secours ;
- rendre compte au responsable de l’évacuation des zones vérifiées.
Les personnes en situation de handicap et les espaces d’attente sécurisés
Le règlement de sécurité impose que les consignes et le registre prennent en compte l’évacuation des personnes en situation de handicap (article GN 8 et articles MS 47, R143-44). Selon la configuration des bâtiments, l’évacuation peut se faire par des espaces d’attente sécurisés (EAS), c’est-à-dire des zones protégées où une personne qui ne peut pas descendre un escalier attend l’arrivée des secours en sécurité, ou par transfert horizontal vers une zone protégée. Le personnel doit savoir où se trouvent ces espaces, qui accompagne la personne, comment signaler sa présence aux sapeurs-pompiers, et comment adapter le guidage pour une personne malvoyante, malentendante, en fauteuil, ou pour une personne avec un handicap cognitif qui peut être désorientée par l’alarme.
Le désenfumage
Beaucoup d’ERP disposent d’un désenfumage naturel (exutoires, ouvrants en façade) ou mécanique. Le personnel concerné doit savoir où se trouvent les commandes, à quoi elles servent (évacuer les fumées pour maintenir praticables les cheminements d’évacuation) et quand les actionner, selon les consignes de l’établissement. Les portes coupe-feu et les clapets font partie du même dispositif : une porte coupe-feu calée ouverte avec une cale en bois annule la protection.
Les consignes et l’organisation interne
La formation doit se faire sur la base des consignes réelles de l’établissement : qui appelle les secours et comment (18 ou 112), qui accueille les pompiers et les guide, qui coupe les énergies (gaz, électricité, ventilation), où se trouvent les plans d’intervention, quel est le point de rassemblement. Une formation générique, déconnectée des locaux, laisse le personnel sans réponse le jour où il faut agir. C’est pour cette raison que nous intervenons dans vos locaux : les stagiaires repèrent leurs propres extincteurs, leurs propres sorties, leurs propres déclencheurs manuels.
Exercices d’évacuation en ERP : fréquence, organisation, registre
Quelle fréquence ?
Il n’existe pas une fréquence unique pour tous les ERP, parce que plusieurs textes se superposent :
- Code du travail : dans les établissements soumis à la consigne de sécurité incendie, les exercices et essais périodiques ont lieu au moins tous les six mois (R4227-39) ;
- Règlement de sécurité ERP : l’article MS 51 impose des exercices d’instruction du personnel sous la responsabilité de l’exploitant, et les dispositions particulières de certains types précisent les choses ;
- Établissements scolaires (type R) : pour l’Éducation nationale, au moins deux exercices d’évacuation incendie par an, le premier au cours du mois qui suit la rentrée, avec des exercices de nuit supplémentaires dans les établissements avec internat (référence : article R 33 du règlement pour les catégories 1 à 4 et PE 27 pour la 5e catégorie) ;
- Établissements avec public endormi ou non autonome (types J, U, O) : les dispositions particulières et les commissions de sécurité insistent sur l’entraînement du personnel de nuit, souvent peu nombreux, aux transferts horizontaux et à l’évacuation des résidents ou patients.
En pratique, retenez la règle la plus exigeante qui s’applique à votre établissement. Pour un ERP qui emploie des salariés, un exercice au moins tous les six mois est le minimum de référence, et il doit concerner toutes les équipes, y compris celles de soirée, de week-end ou de nuit.
Exercice d’évacuation avec ou sans public ?
C’est une question fréquente. Un exercice en présence du public est le plus réaliste, mais il peut être difficile à organiser (clients en caisse, patients alités, spectacle en cours). Plusieurs options existent :
- exercice hors présence du public, avant l’ouverture ou après la fermeture, en simulant le public (des collègues jouent les clients, une personne en fauteuil, un enfant perdu) ;
- exercice partiel, sur une zone ou un niveau, en présence d’un public prévenu ;
- exercice inopiné en présence du public, dans les établissements où il est maîtrisable et où le public est habitué (écoles, certains bureaux recevant du public).
Dans les établissements de soins et les EHPAD, on n’évacue évidemment pas réellement les patients ou résidents fragiles ; on simule le transfert avec des mannequins ou des collègues, on chronomètre, on vérifie la fermeture des portes et la mise en sécurité des compartiments.
Comment organiser un exercice utile ?
- Définir un objectif : tester le temps d’évacuation, la réaction d’une équipe de nuit, la prise en charge d’une personne à mobilité réduite, la communication avec le poste de sécurité.
- Choisir un scénario réaliste : départ de feu en réserve, en cuisine, dans un local électrique, une chambre, une salle de classe.
- Prévenir qui doit l’être : télésurveilleur, centre de secours si le SSI est relié, voisins dans un immeuble partagé.
- Placer des observateurs aux points clés : sorties, escaliers, EAS, point de rassemblement.
- Chronométrer et compter les personnes au point de rassemblement.
- Faire un débriefing à chaud avec les guide-files, serre-files et équipiers.
- Consigner la date, le scénario, la durée, l’effectif, les dysfonctionnements et les actions correctives dans le registre de sécurité.
Ce que doit contenir le registre
L’article R143-44 du Code de la construction et de l’habitation prévoit que le registre de sécurité mentionne les dates des exercices de sécurité incendie. L’article MS 51 le rappelle pour les exercices d’instruction. Le Code du travail (R4227-39) exige aussi que la date des exercices et les observations soient consignées. Pour être utile en cas de contrôle, chaque entrée devrait comporter : la date et l’heure, le type d’exercice, le nombre de participants, le temps d’évacuation, les anomalies constatées (porte bloquée, alarme inaudible dans une zone, sortie encombrée) et les suites données.
Formation incendie ERP secteur par secteur
Commerces et centres commerciaux (type M)
Dans un commerce, le risque vient souvent des réserves (cartons, emballages, produits inflammables), des installations électriques (enseignes, vitrines, éclairage) et de l’accumulation de marchandises qui gênent les dégagements. Le personnel est fréquemment renouvelé, avec des étudiants, des saisonniers et des intérimaires : il faut donc prévoir des sessions régulières et un accueil sécurité pour chaque nouvel arrivant. Les points d’attention de la formation incendie commerce sont la libération des dégagements, la gestion des cabines d’essayage et des toilettes lors de l’évacuation, la coordination avec la sécurité du centre commercial pour les boutiques situées dans une galerie, et l’interdiction pour les clients de retourner chercher leurs achats ou leur véhicule. Dans les grands centres commerciaux, le service de sécurité incendie et le poste central sont le point de convergence : chaque enseigne doit savoir comment l’alerte remonte et ce qu’on attend d’elle.
Restaurants, bars et débits de boissons (type N)
La cuisine est le premier foyer de risque : huiles de friture (feux de classe F), hottes et conduits encrassés, gaz, appareils électriques. La formation incendie restaurant doit apprendre à ne jamais jeter d’eau sur de l’huile enflammée, à utiliser la couverture anti-feu et l’extincteur adapté, à couper le gaz, et à évacuer une salle pleine, parfois en sous-sol ou en étage, avec des clients qui ont consommé de l’alcool. Le personnel de salle est en première ligne pour guider les clients vers les sorties. Les horaires décalés obligent aussi à former chaque équipe : celle du midi, celle du soir, celle du week-end. Le secteur étant exposé aux brûlures et coupures, coupler incendie et SST est particulièrement pertinent (voir notre article sur la formation SST en restauration).
Hôtels et hébergement (type O)
L’hôtel cumule les difficultés : public endormi, qui ne connaît pas les lieux, souvent étranger, et personnel réduit la nuit (parfois une seule personne à la réception). La formation incendie hôtel doit préparer le veilleur ou réceptionniste de nuit à agir seul : lire le tableau de l’alarme, faire la levée de doute, appeler les secours, déclencher l’évacuation, connaître la liste des chambres occupées et les clients à mobilité réduite, accueillir les pompiers avec les plans et les badges. Le personnel d’étage doit savoir vérifier les chambres et fermer les portes. Les consignes affichées dans les chambres doivent être compréhensibles par une clientèle internationale. Quand l’hôtel dispose d’un restaurant, les risques de cuisine s’ajoutent.
Établissements scolaires et crèches (type R)
Dans une école, un collège, un lycée ou une crèche, le public est composé d’enfants, et ce sont les adultes qui portent toute la responsabilité de l’évacuation. Le personnel enseignant, éducatif, administratif et technique doit connaître les itinéraires, savoir faire l’appel au point de rassemblement avec les listes de présence, gérer les élèves absents de leur classe au moment de l’alarme (toilettes, infirmerie, CDI, gymnase) et adapter l’évacuation aux plus petits. En crèche, la question du portage des bébés et des enfants qui ne marchent pas encore est centrale : nombre d’adultes, lits d’évacuation, ordre de sortie. Les exercices réglementaires (au moins deux par an, dont un dans le mois qui suit la rentrée, et des exercices de nuit en internat) sont un temps fort à préparer avec la formation du personnel. Pensez aussi aux agents techniques et d’entretien, souvent présents en dehors des heures de cours.
EHPAD et établissements de soins (types J et U)
Ce sont les établissements où l’enjeu humain est le plus fort. Les résidents et patients ne peuvent souvent pas se déplacer seuls, certains sont alités, sous oxygène ou désorientés. La stratégie n’est généralement pas l’évacuation totale et immédiate du bâtiment, mais le transfert horizontal vers une zone ou un compartiment protégé, derrière des portes coupe-feu, en attendant les secours. La formation incendie EHPAD doit donc travailler concrètement : la levée de doute sur le tableau de signalisation, la fermeture des portes des chambres, le transfert d’un résident d’une chambre vers la zone protégée, l’utilisation d’un drap ou d’un matelas d’évacuation, la communication avec les autres soignants et le cadre d’astreinte. L’équipe de nuit, peu nombreuse, doit être formée en priorité et entraînée régulièrement. Les blocs opératoires, les réserves d’oxygène, les cuisines et les blanchisseries sont des points de risque spécifiques à intégrer.
Salles de spectacle, de réunion et établissements sportifs (types L, P, X)
Le risque principal tient à la densité du public et à l’effet de foule. Un spectacle dans l’obscurité, une salle de concert pleine, une tribune de gymnase : un début d’incendie mal géré peut provoquer un mouvement de panique bien plus dangereux que le feu lui-même. La formation doit porter sur l’arrêt du spectacle et l’annonce au public (rallumer la salle, annoncer calmement l’évacuation), l’ouverture des issues, la répartition du public entre les sorties, la gestion des tribunes, la surveillance des loges, régies et coulisses où se trouvent décors et matériel électrique. Dans les établissements de grande capacité, un service de sécurité incendie avec des agents SSIAP peut être imposé ; le personnel d’accueil, les ouvreurs et les éducateurs sportifs doivent néanmoins être formés, car ils sont au plus près du public.
Bureaux et administrations recevant du public (type W)
Mairies, agences bancaires, agences d’intérim, organismes publics, cabinets : dans ces ERP de type W, l’espace d’accueil du public coexiste avec des bureaux occupés par des salariés. Les visiteurs sont généralement accompagnés ou présents dans une zone limitée, ce qui facilite l’évacuation, à condition que le personnel d’accueil sache les prendre en charge. Les risques typiques sont électriques (salles serveurs, armoires électriques, équipements informatiques), liés aux archives papier et aux cuisines d’étage. Le Code du travail s’applique pleinement aux salariés, avec la consigne incendie et les exercices tous les six mois, et la réglementation ERP s’applique à l’espace public. Pour les entreprises situées à Paris, consultez aussi notre page sur la formation incendie à Paris en réalité virtuelle.
Bac à feu ou réalité virtuelle : quelle méthode en ERP ?
Les limites du bac à feu en ERP
Le bac à feu (un feu réel de liquide inflammable allumé dans un bac métallique à l’extérieur) a longtemps été la méthode de référence pour les exercices d’extinction. Il garde un intérêt pédagogique, mais il pose de vraies difficultés en ERP :
- il faut un espace extérieur dégagé, sans public, loin des façades, des véhicules et des végétaux, ce qui est rarement disponible en centre-ville, dans une galerie commerciale, dans un hôtel parisien ou au pied d’une tour ;
- il produit flammes et fumées, ce qui peut alerter le voisinage, déclencher des appels aux secours, gêner des clients ou des patients, et suppose des autorisations ;
- il est éloigné de la réalité des locaux : on éteint un feu de liquide dans une cour, alors que le vrai risque est une corbeille dans une réserve, une friteuse en cuisine, une armoire électrique dans un local technique ;
- il ne travaille pas l’évacuation du public : on apprend un geste d’extinction, mais pas à guider des clients ou à évacuer une chambre ;
- il consomme des extincteurs et pose des questions environnementales (combustion, résidus d’agent extincteur).
Pour toutes ces raisons, de nombreux ERP renoncent à la partie pratique, ou la réduisent à une démonstration. Et une formation sans pratique laisse le personnel démuni le jour où il faut agir.
L’apport de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée
Les formations incendie en réalité virtuelle et en réalité augmentée, sans flamme ni fumée, répondent directement à ces limites. Avec un casque, le stagiaire voit apparaître un feu simulé et réaliste, et il manipule un extincteur d’entraînement dont les gestes sont reconnus : dégoupillage, distance, visée de la base des flammes, balayage. Le feu réagit en temps réel à la qualité de son action ; s’il vise mal ou utilise le mauvais extincteur, le feu se propage.
La réalité augmentée va plus loin pour un ERP : le feu simulé apparaît dans les vrais locaux, superposé à l’environnement réel. Le stagiaire voit un départ de feu dans sa propre réserve, dans sa cuisine, dans son couloir, et doit réagir là où il travaille réellement. On peut ainsi travailler des scénarios difficiles ou impossibles à reproduire avec un feu réel, comme un feu d’armoire électrique, un feu de corbeille dans un bureau, un feu de friteuse ou un feu dans une chambre d’hôtel, sans aucun risque, sans fumée et sans déclencher l’alarme du bâtiment.
Les avantages pour un ERP sont concrets : pas d’espace extérieur nécessaire, pas de nuisance pour le public ou le voisinage, possibilité de former pendant les heures d’ouverture dans une salle ou une zone réservée, exercices répétables autant de fois que nécessaire, et lien direct avec les extincteurs, les sorties et les consignes de l’établissement. C’est ce qui fait de la réalité virtuelle et augmentée le principal atout de TRINACRE, en Île-de-France comme partout en France. Découvrez le détail sur notre page formation incendie et secourisme en AR/VR.
Déroulé type d’une session de formation incendie ERP
Voici, à titre indicatif, comment se déroule une session dans vos locaux. Le programme est adapté au type d’établissement, au public et aux consignes existantes.
- Accueil et tour de table : fonctions des participants, horaires, zones de travail, expériences d’alarme ou de départ de feu.
- Apports théoriques ciblés : triangle du feu, propagation, danger des fumées, classes de feux, agents extincteurs, avec des exemples tirés du secteur (commerce, restauration, hébergement, soins, enseignement).
- Réglementation utile : ce que dit la consigne de l’établissement, rôle de chacun, alerte des secours, registre.
- Visite des locaux : repérage des extincteurs, des déclencheurs manuels, du tableau d’alarme, des commandes de désenfumage, des sorties, des espaces d’attente sécurisés et du point de rassemblement.
- Pratique en réalité virtuelle et augmentée : chaque stagiaire éteint plusieurs feux simulés adaptés à ses locaux (corbeille, armoire électrique, cuisine, chambre), avec l’extincteur approprié.
- Mise en situation d’évacuation : rôles de guide-file et de serre-file, prise en charge d’une personne en situation de handicap, vérification des locaux, compte rendu au point de rassemblement.
- Débriefing et évaluation : retour sur les points forts et les points à améliorer, remise des documents de fin de formation, recommandations pour la consigne ou l’organisation.
Commission de sécurité : ce que l’on vous demandera de prouver
Le rôle de la commission
Les ERP sont soumis au contrôle de la commission de sécurité. Elle intervient lors de la visite de réception avant l’ouverture, ou avant la réouverture d’un établissement fermé pendant plus de dix mois (article R143-38 du Code de la construction et de l’habitation), puis lors de visites périodiques et de visites inopinées (article R143-41 et suivants). La périodicité des visites périodiques est fixée par l’article GE 4 du règlement de sécurité selon le type et la catégorie de l’établissement ; elle est plus rapprochée pour les établissements importants et ceux qui comportent des locaux à sommeil. Les établissements de 5e catégorie sans locaux à sommeil ne sont en principe pas soumis à des visites périodiques systématiques, mais ils restent soumis au pouvoir de police du maire, qui peut faire procéder à des visites de contrôle.
La commission émet un avis favorable ou défavorable. Un avis défavorable peut conduire le maire à prendre un arrêté de fermeture. L’absence de formation du personnel ou l’absence de traçabilité des exercices figure parmi les observations les plus courantes.
Les documents à présenter
Lors d’une visite, préparez au minimum :
- le registre de sécurité à jour, avec l’état du personnel chargé du service incendie, les consignes, les dates des exercices et des vérifications (R143-44) ;
- les attestations de formation du personnel (sensibilisation, EPI, évacuation, SST), avec les noms, les dates et le contenu ;
- les comptes rendus d’exercices d’évacuation et d’instruction (MS 51), avec les observations et les actions correctives ;
- les rapports de vérifications techniques : extincteurs, RIA, alarme et SSI, désenfumage, installations électriques, gaz, appareils de cuisson, éclairage de sécurité, selon ce qui existe dans l’établissement ;
- les diplômes et recyclages SSIAP des agents, lorsqu’un service de sécurité incendie qualifié est imposé ;
- les consignes affichées et les plans d’évacuation et d’intervention ;
- les consignes d’évacuation des personnes en situation de handicap, exigées par le règlement.
Les questions posées au personnel
La commission ne se contente pas de lire des documents. Il arrive qu’elle interroge directement un membre du personnel : « que faites-vous si l’alarme sonne ? », « où est le point de rassemblement ? », « comment appelez-vous les secours ? », « où est l’extincteur le plus proche ? », « comment évacuez-vous une personne en fauteuil à l’étage ? ». Un personnel formé dans ses propres locaux répond naturellement. C’est le meilleur indicateur que la formation a été efficace, et c’est aussi ce qui rassure le plus les membres de la commission.
Financement : OPCO et certification Qualiopi
La formation incendie fait partie des formations obligatoires pour la sécurité des salariés. Elle peut, selon votre situation, être prise en charge totalement ou partiellement par votre opérateur de compétences (OPCO), notamment pour les entreprises de moins de cinquante salariés dans le cadre du plan de développement des compétences. Les règles et les plafonds varient selon l’OPCO de votre branche (commerce, hôtellerie-restauration, santé, services, etc.) et évoluent chaque année : renseignez-vous avant de lancer la session.
Pour qu’une formation puisse être financée sur fonds publics ou mutualisés, l’organisme doit être certifié Qualiopi, la certification qualité nationale des prestataires de formation. TRINACRE Formations est certifié Qualiopi : nous vous transmettons les documents nécessaires à votre demande de prise en charge (programme, convention, devis) et, après la formation, les attestations et feuilles d’émargement.
Quelques conseils pratiques :
- faites votre demande de prise en charge avant la date de la formation ;
- regroupez les besoins (incendie, évacuation, SST) pour optimiser l’organisation et les démarches ;
- pour les grands ERP, planifiez sur l’année pour couvrir toutes les équipes et le turnover ;
- conservez les attestations : elles servent à la fois au financeur, à l’inspection du travail et à la commission de sécurité.
Check-list : 15 points pour un ERP en règle
- Je connais le type et la catégorie de mon établissement (avis de la commission, notice GE 5 à l’entrée).
- Je sais si mon établissement est soumis à un service de sécurité incendie avec agents SSIAP.
- Mon registre de sécurité existe, est à jour et accessible.
- Les consignes incendie sont rédigées, adaptées à mes locaux et affichées.
- Les consignes prennent en compte l’évacuation des personnes en situation de handicap.
- Tout le personnel, y compris les nouveaux arrivants, intérimaires et saisonniers, a reçu une information incendie.
- J’ai des équipiers de première intervention formés présents sur toutes les plages d’ouverture.
- J’ai désigné et formé des guide-files et serre-files pour chaque zone ou niveau.
- Un référent sécurité pilote les exercices et les vérifications.
- Des exercices d’évacuation sont réalisés au moins tous les six mois, et plus souvent si mon type l’impose (écoles, internats).
- Les équipes de nuit, de soirée et de week-end participent aussi aux exercices.
- Chaque exercice est consigné dans le registre, avec la durée, les observations et les actions correctives.
- Les extincteurs, l’alarme, le désenfumage et les installations techniques sont vérifiés et les rapports sont classés.
- Le DUERP intègre le risque incendie et le plan de formation correspondant.
- J’ai des sauveteurs secouristes du travail formés et à jour de leur recyclage.
FAQ : formation incendie en ERP
La formation incendie est-elle obligatoire dans un ERP de 5e catégorie ?
Oui. L’article PE 27 de l’arrêté du 22 juin 1990 impose d’instruire le personnel sur la conduite à tenir en cas d’incendie et de l’entraîner à la manœuvre des moyens de secours. Si vous avez des salariés, le Code du travail s’applique en plus, avec son obligation générale de formation à la sécurité.
Combien de personnes faut-il former dans mon établissement ?
Tout le personnel doit être informé et instruit. Pour les équipiers de première intervention, il n’existe pas de chiffre unique dans le règlement ERP : l’objectif est qu’à chaque moment d’ouverture, chaque zone dispose d’au moins une personne formée. Le nombre dépend donc de la surface, du nombre de niveaux, des horaires et des risques.
À quelle fréquence faut-il renouveler la formation incendie ?
Les exercices doivent avoir lieu au moins tous les six mois dans les établissements soumis à la consigne incendie (R4227-39). Pour la formation des équipiers, un recyclage régulier est recommandé, généralement annuel, et en tout état de cause dès que l’organisation, les locaux ou les équipes changent. Voir notre guide formation incendie obligatoire : tous les combien.
Faut-il obligatoirement des agents SSIAP dans mon ERP ?
Non, pas dans tous les ERP. La présence d’agents qualifiés SSIAP est imposée par les dispositions particulières pour certains établissements de grande taille ou à risque (selon le type et la catégorie), ou par la commission de sécurité. Dans la majorité des ERP, le service de sécurité est assuré par des membres du personnel désignés et formés.
Un exercice d’évacuation doit-il se faire avec le public ?
Ce n’est pas toujours possible ni souhaitable. Vous pouvez organiser l’exercice avant l’ouverture, en simulant le public, ou faire des exercices partiels. L’essentiel est que le personnel s’entraîne à guider des personnes qui ne connaissent pas les lieux et que l’exercice soit tracé dans le registre.
Quelle est la différence entre formation EPI et formation évacuation ?
La formation EPI apprend à attaquer un début d’incendie avec les extincteurs (et les RIA si présents). La formation évacuation apprend à organiser la sortie des personnes : guide-files, serre-files, vérification des locaux, point de rassemblement, personnes en situation de handicap. Dans un ERP, les deux sont complémentaires et sont souvent regroupées dans une même session.
Une formation en réalité virtuelle est-elle reconnue ?
La réglementation impose d’instruire le personnel et de l’entraîner à la manœuvre des moyens de secours ; elle n’impose pas de méthode particulière. La réalité virtuelle et augmentée permet justement un entraînement pratique, répété et réaliste, avec manipulation d’un extincteur d’entraînement, dans vos propres locaux. Elle s’accompagne d’apports théoriques, d’une visite des lieux et d’exercices d’évacuation.
Peut-on former pendant les heures d’ouverture au public ?
Oui, c’est l’un des avantages de la formation sans flamme ni fumée. La partie pratique en réalité virtuelle se déroule dans une salle ou une zone réservée, sans nuisance pour les clients ni déclenchement de l’alarme. On peut aussi organiser plusieurs groupes sur une journée pour ne pas désorganiser le service.
Que risque l’exploitant en cas de défaut de formation ?
Au titre de la réglementation ERP, la commission de sécurité peut émettre un avis défavorable, et le maire peut ordonner la fermeture de l’établissement. Au titre du Code du travail, l’inspection du travail peut dresser un procès-verbal, et en cas d’accident, la responsabilité civile et pénale de l’employeur peut être recherchée.
Les intérimaires et saisonniers doivent-ils être formés ?
Oui. Ils sont exposés aux mêmes risques et peuvent être les premiers témoins d’un départ de feu. Ils doivent au minimum recevoir une information sur la consigne, l’alarme, les sorties et le point de rassemblement dès leur arrivée, et participer aux exercices organisés pendant leur présence.
Mon établissement mélange bureaux et accueil du public : quelle règle appliquer ?
Les deux. La partie ouverte au public relève de la réglementation ERP, et l’ensemble des salariés relève du Code du travail. En pratique, une même formation peut couvrir les deux volets, avec une consigne commune et un registre unique bien tenu.
La formation peut-elle avoir lieu dans nos locaux, hors Île-de-France ?
Oui. TRINACRE intervient dans les locaux de ses clients à Paris, en Île-de-France et partout en France. Se former sur place est d’ailleurs la meilleure façon de relier la théorie aux vrais extincteurs, aux vraies sorties et aux vraies consignes de l’établissement.
Organiser votre formation incendie ERP avec TRINACRE
TRINACRE Formations est un organisme de formation certifié Qualiopi qui intervient directement dans les locaux de ses clients, à Paris, en Île-de-France et partout en France. Son gérant, David Morandi, cumule 26 ans d’expérience dans la sécurité incendie, la sûreté et la prévention. Titulaire du SSIAP 3, il est formateur SSIAP 1, 2 et 3 et TFP APS, et formateur SST habilité INRS/FORPREV depuis 2012.
Notre différence : des formations incendie en réalité virtuelle et en réalité augmentée, sans flamme ni fumée, qui permettent de s’entraîner sur des feux simulés dans vos vrais locaux, y compris un feu d’armoire électrique, sans gêner votre public ni déclencher votre alarme. Nous adaptons chaque session à votre type d’ERP, à vos consignes et à vos équipes : commerce, restaurant, hôtel, école, crèche, EHPAD, établissement de soins, salle de spectacle ou de sport, bureaux recevant du public.
Formations proposées : équipier de première intervention (EPI), évacuation, guide-file et serre-file, incendie et secourisme en AR/VR, sauveteur secouriste du travail (SST).
Pour recevoir un devis adapté à votre établissement, utilisez notre formulaire de demande de devis, appelez le 06 62 83 13 37 ou écrivez à infos@trinacre.fr. Indiquez-nous le type et la catégorie de votre ERP, le nombre de personnes à former et vos contraintes d’horaires : nous vous proposerons une organisation qui ne perturbe pas votre accueil du public.
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À lire aussi, selon votre établissement : notre guide de la formation incendie en hôtel (équipiers de première intervention, évacuation, SSI de catégorie A) et celui de la formation incendie en magasin et en supérette.
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