Feu électrique au travail : pourquoi il démarre, comment l’éviter, quel extincteur utiliser et que faire dans les premières secondes ? Une multiprise qui chauffe sous un bureau, une armoire électrique qui dégage une odeur de plastique brûlé, un chargeur de trottinette oublié dans un local, une batterie d’onduleur qui gonfle dans une salle serveur : le feu d’origine électrique ne prévient pas toujours, et il surprend parce qu’il naît là où personne ne regarde. Dans une entreprise, il a deux particularités qui changent tout. D’abord, tant que le courant n’est pas coupé, la source de chaleur continue d’alimenter le feu. Ensuite, le réflexe naturel (attraper ce qui ressemble à un extincteur, ou pire, un seau d’eau) peut exposer la personne à un risque d’électrisation. Ce guide fait le point, de façon concrète, sur les causes les plus fréquentes, les obligations de l’employeur, le choix de l’extincteur adapté, la conduite à tenir pas à pas et la façon dont une formation incendie en réalité augmentée permet de s’entraîner sur ce scénario précis, directement dans vos locaux, sans flamme ni fumée.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’un feu d’origine électrique ?
- Pourquoi les feux électriques sont si fréquents en entreprise
- Les zones à risque : armoires, TGBT, salles serveurs, locaux de charge
- Les obligations de l’employeur face au risque électrique et incendie
- Classes de feux : pourquoi il n’y a plus de « classe E »
- Quel extincteur pour un feu électrique ?
- Que faire en cas de feu électrique : la conduite à tenir pas à pas
- Cas particuliers : batterie lithium, salle serveur, armoire, local technique, véhicule électrique
- Prévention au quotidien : la check-list en 15 points
- Former les équipes : EPI, extincteurs et réalité augmentée
- Déroulé type d’une session de formation feu électrique
- Financement : Qualiopi et prise en charge OPCO
- FAQ : vos questions sur le feu électrique au travail
- Demander un devis de formation
Qu’est-ce qu’un feu d’origine électrique ?
On parle de feu d’origine électrique lorsque l’incendie est déclenché par une installation ou un appareil électrique : un câble, une prise, un disjoncteur, un moteur, un transformateur, un chargeur, une batterie. L’électricité n’est pas en elle-même un « combustible ». Elle est la source d’inflammation. Ce qui brûle ensuite, ce sont des matériaux bien réels : l’isolant plastique des câbles, les gaines, le boîtier d’un appareil, la poussière accumulée, le papier ou le carton stocké à côté, parfois l’électrolyte d’une batterie.
Cette nuance est importante pour comprendre la suite. Un feu électrique, c’est souvent un feu de solides (plastiques, papiers, bois) qui a démarré à cause d’un défaut électrique, et qui reste alimenté par une source d’énergie tant que l’appareil ou le circuit est sous tension. C’est pour cela que la priorité absolue, quand c’est possible sans danger, est de couper le courant.
Il y a aussi un second danger, distinct de l’incendie : le risque électrique pour la personne qui intervient. Projeter un agent conducteur (de l’eau en jet, par exemple) sur un équipement sous tension, toucher une carcasse métallique, ouvrir une armoire endommagée : autant de gestes qui peuvent provoquer une électrisation. Le bon réflexe combine donc deux logiques, celle de la lutte contre le feu et celle de la sécurité électrique.
Les trois mécanismes à retenir
Dans la grande majorité des situations, un incendie d’origine électrique résulte de l’un de ces mécanismes :
- L’échauffement anormal : un conducteur traversé par un courant trop fort pour sa section chauffe. C’est le cas d’une surcharge, d’une rallonge enroulée qui ne dissipe pas la chaleur, ou d’une multiprise sur laquelle on a branché un radiateur d’appoint, une bouilloire et une imprimante.
- Le mauvais contact : une connexion desserrée, une borne oxydée, une fiche mal enfoncée créent une résistance localisée. Le point chauffe, l’isolant se dégrade, et le phénomène s’aggrave avec le temps. C’est une cause très classique dans les armoires et tableaux électriques.
- L’arc électrique : un isolant abîmé, un câble écrasé sous un pied de bureau, une gaine rongée, et un arc peut se former entre deux conducteurs ou vers la masse. Sa température est très élevée et il enflamme facilement les matériaux voisins.
À ces trois mécanismes s’ajoute aujourd’hui un quatrième, de plus en plus présent dans les entreprises : l’emballement thermique des batteries lithium-ion, que nous traitons plus loin dans une partie dédiée.
Pourquoi les feux électriques sont si fréquents en entreprise
L’électricité est partout dans un bâtiment professionnel, en permanence, y compris la nuit et le week-end. Les installations vieillissent, les usages évoluent plus vite que le câblage, et beaucoup d’équipements restent branchés sans surveillance. Les assureurs et les acteurs de la prévention citent régulièrement l’électricité comme l’une des premières causes d’incendie dans les locaux professionnels. Les chiffres exacts varient selon les sources et les années, mais le constat de terrain est constant : le risque électrique incendie en entreprise est un risque du quotidien, pas un risque exceptionnel.
Les surcharges et les multiprises en cascade
C’est la scène la plus banale et l’une des plus dangereuses. Un poste de travail qui comptait un ordinateur en compte désormais deux écrans, une station d’accueil, une lampe, un chargeur de téléphone, parfois un petit chauffage en hiver ou un ventilateur en été. On ajoute une multiprise, puis une deuxième branchée sur la première. Chaque prise semble « libre », mais le circuit, lui, n’a pas été dimensionné pour ça.
Les multiprises branchées en cascade, les rallonges enroulées sur leur touret pendant l’usage, les adaptateurs « triplettes » et les blocs de mauvaise qualité sont des signaux d’alerte. Une prise qui chauffe au toucher, une fiche qui noircit, une odeur de plastique chaud doivent être pris au sérieux, immédiatement.
Les connexions desserrées et les échauffements
Dans une armoire électrique, les vibrations, les cycles de chauffe et de refroidissement, et parfois un serrage initial insuffisant finissent par desserrer des connexions. Le point de contact devient résistant, il chauffe, l’isolant se dégrade, le cuivre s’oxyde, et la résistance augmente encore. Ce cercle vicieux peut durer des mois sans aucun symptôme visible porte fermée. C’est précisément ce que la thermographie infrarouge permet de repérer avant l’incident.
La poussière et l’encrassement
Poussière de papier dans un local d’archives, fibres textiles en atelier, poussières de bois ou de farine, peluches sous les bureaux, toiles d’araignées dans un faux plafond : la poussière isole thermiquement les appareils, gêne leur refroidissement et constitue un combustible très fin, donc très facile à enflammer. Une armoire électrique jamais dépoussiérée ou un bloc d’alimentation au ventilateur encrassé sont des candidats sérieux à l’échauffement.
Le matériel vétuste ou détourné de son usage
Câbles d’alimentation abîmés, fiches recollées au ruban adhésif, appareils électroménagers grand public utilisés de façon intensive (bouilloires, micro-ondes, cafetières en salle de pause), radiateurs d’appoint posés contre un carton ou un rideau : le matériel fatigué ou mal utilisé est une cause récurrente. Dans les bâtiments anciens, l’installation elle-même peut ne plus être adaptée aux puissances appelées aujourd’hui.
Les batteries lithium, trottinettes et chargeurs
Les batteries lithium-ion se sont multipliées en quelques années : ordinateurs portables, téléphones, outillage sans fil, transpalettes et chariots, vélos et trottinettes électriques que les salariés rechargent parfois au bureau. Une batterie endommagée (chute, choc, écrasement), surchargée, chargée avec un chargeur non adapté ou exposée à la chaleur peut entrer en emballement thermique. L’INRS souligne que les batteries de capacité intermédiaire, comme celles des vélos ou de l’outillage, embarquent plus d’énergie que celles des téléphones et peuvent avoir des effets violents, sur plusieurs mètres.
Les onduleurs, salles serveurs et baies informatiques
Un onduleur contient des batteries, des composants de puissance et fonctionne en continu. Une salle serveur concentre une forte densité électrique, de la chaleur et beaucoup de câbles. Une climatisation défaillante, des batteries d’onduleur en fin de vie ou une baie trop chargée peuvent conduire à un départ de feu dans un local où, souvent, personne n’est présent.
Les armoires électriques et le TGBT
Le feu d’armoire électrique est l’un des scénarios les plus redoutés par les responsables sécurité. Le tableau général basse tension (TGBT) et les armoires divisionnaires concentrent l’énergie du bâtiment. Un défaut à ce niveau peut provoquer un incendie, mais aussi des fumées très denses et toxiques (combustion des plastiques), une coupure générale de l’éclairage et parfois des installations techniques. C’est aussi un endroit où le stockage « temporaire » de cartons ou de matériel devant les portes est une mauvaise habitude fréquente.
Les zones à risque : armoires, TGBT, salles serveurs, locaux de charge
Pour organiser la prévention, il est utile de cartographier les points sensibles de vos locaux. Voici les zones à examiner en priorité lors de l’évaluation des risques.
| Zone | Risque principal | Points de vigilance |
|---|---|---|
| TGBT et armoires divisionnaires | Échauffement de connexions, arc électrique | Accès dégagé, local non encombré, portes fermées, vérifications périodiques, thermographie conseillée |
| Salle serveur, baies, onduleurs | Échauffement, batteries d’onduleur, densité de câbles | Climatisation, détection, éventuelle extinction automatique, consignes affichées |
| Local ou zone de charge (chariots, outillage, vélos) | Emballement thermique des batteries | Zone dédiée, ventilée, éloignée des stockages combustibles, chargeurs d’origine |
| Bureaux et open spaces | Multiprises en cascade, surcharges, chauffages d’appoint | Câblage des postes, interdiction des cascades, contrôle visuel régulier |
| Salle de pause, cuisine | Appareils électroménagers, friteuses éventuelles | Appareils en bon état, débranchés le soir si possible |
| Ateliers et locaux techniques | Moteurs, machines, poussières | Nettoyage, maintenance, habilitations électriques adaptées |
| Parkings | Bornes de recharge, véhicules électriques | Consignes, accès des secours, organisation définie avec le gestionnaire du site |
Les obligations de l’employeur face au risque électrique et incendie
Le Code du travail ne contient pas un chapitre unique consacré au « feu électrique ». Les obligations sont réparties entre plusieurs blocs de textes : la prévention des risques en général, la sécurité des installations électriques, l’habilitation des personnes qui interviennent dessus, et la prévention incendie. Voici l’essentiel à connaître, avec les références à vérifier sur Légifrance pour votre situation précise.
Évaluer le risque et l’inscrire dans le DUERP
L’employeur doit évaluer les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs et transcrire cette évaluation dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (articles L4121-3 et R4121-1 et suivants du Code du travail). Le risque électrique et le risque incendie doivent y figurer, unité de travail par unité de travail, avec les mesures de prévention associées : état des installations, multiprises, zones de charge de batteries, armoires, formation du personnel. Pour structurer cette démarche, vous pouvez consulter notre guide sur le DUERP : modèle, contenu et méthode.
Faire vérifier les installations électriques
Les articles R4226-14 et suivants du Code du travail organisent la vérification des installations électriques :
- Vérification initiale (R4226-14) : l’employeur fait procéder à la vérification des installations lors de leur mise en service et après une modification de structure. Elle est réalisée par un organisme accrédité (R4226-15).
- Vérifications périodiques (R4226-16 et R4226-17) : l’employeur procède ou fait procéder périodiquement à la vérification des installations afin de s’assurer qu’elles sont maintenues en conformité. Elles peuvent être confiées à un organisme accrédité ou à une personne qualifiée appartenant à l’entreprise, selon les conditions prévues par les textes.
- Modalités et périodicité (R4226-18) : elles sont fixées par l’arrêté du 26 décembre 2011. La périodicité de principe est d’un an. Elle peut être portée à deux ans dans certaines conditions, notamment lorsque le rapport précédent ne comporte aucune observation ou que les travaux de mise en conformité ont été réalisés avant l’échéance, avec information de l’inspection du travail.
Les rapports de vérification ne sont pas des papiers à classer. Chaque observation non levée est un défaut potentiel, et certains défauts (échauffements, protections inadaptées, conducteurs abîmés) sont directement liés au risque d’incendie. Un suivi des levées de réserves est indispensable.
Habiliter les personnes qui interviennent sur ou près des installations
Les articles R4544-9 et R4544-10 du Code du travail imposent que les opérations sur les installations électriques ou dans leur voisinage ne soient effectuées que par des travailleurs habilités. L’habilitation est délivrée par l’employeur, après une formation adaptée, et précise les limites des opérations autorisées. La norme NF C 18-510 sert de référence pour définir les niveaux d’habilitation et les règles de sécurité. Concrètement, cela signifie qu’en cas de feu, un salarié non habilité ne doit pas ouvrir une armoire électrique ni manipuler l’intérieur d’un tableau. Il peut en revanche actionner un dispositif de coupure prévu pour cela, accessible et signalé, si l’organisation interne le prévoit.
Mettre en place des moyens d’extinction adaptés
L’article R4227-28 du Code du travail impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour que tout commencement d’incendie puisse être rapidement et efficacement combattu, dans l’intérêt du sauvetage des travailleurs. L’article R4227-29 précise que le premier secours contre l’incendie est assuré par des extincteurs en nombre suffisant et maintenus en bon état de fonctionnement, avec au minimum un extincteur portatif à eau pulvérisée d’une capacité minimale de 6 litres pour 200 m² de plancher, et au moins un appareil par niveau. Surtout, le même article prévoit que lorsque les locaux présentent des risques d’incendie particuliers, notamment des risques électriques, ils doivent être équipés d’extincteurs dont le nombre et le type sont appropriés à ces risques. C’est la base légale de l’extincteur CO2 près des armoires électriques et des salles informatiques. Pour le détail des règles d’équipement et de maintenance, voir notre article sur les extincteurs au travail : obligations et vérification.
Rédiger une consigne incendie et organiser des exercices
Les articles R4227-37 et R4227-38 imposent, dans les établissements concernés (notamment ceux où peuvent se trouver occupées ou réunies plus de cinquante personnes, ou qui manipulent des matières inflammables), l’établissement d’une consigne de sécurité incendie affichée. Elle indique notamment le matériel d’extinction et de secours, les personnes chargées de le mettre en action, celles chargées de diriger l’évacuation et d’aviser les sapeurs-pompiers, ainsi que les numéros d’appel.
L’article R4227-39 prévoit que la consigne comporte des exercices et essais périodiques au cours desquels les travailleurs apprennent à reconnaître les signaux d’alarme, à localiser et utiliser les espaces d’attente sécurisés, à se servir des moyens de premier secours et à exécuter les manœuvres nécessaires. Ces exercices ont lieu au moins tous les six mois, et leur date ainsi que les observations sont consignées sur un registre tenu à la disposition de l’inspection du travail. Nous détaillons cette obligation dans notre guide sur l’exercice incendie tous les six mois.
Concrètement, un scénario de feu électrique (armoire, salle serveur, batterie) est un excellent thème d’exercice : il oblige à vérifier qui coupe le courant, où se trouvent les extincteurs CO2, comment on évacue un local qui se remplit de fumée et qui accueille les secours.
Former le personnel
Les exercices et la consigne supposent que le personnel sache utiliser les moyens de premier secours. Cela passe par la formation à la manipulation des extincteurs, la formation des équipiers de première intervention (formation EPI) et la formation des guides et serre-files (formation évacuation). Nous y revenons en détail dans la partie consacrée à la formation.
Thermographie infrarouge et rapports Q18 / Q19 : une demande fréquente des assureurs
En dehors du Code du travail, de nombreux assureurs demandent à leurs clients professionnels des contrôles complémentaires des installations électriques selon les référentiels de l’APSAD. Le rapport Q18 concerne la vérification des installations électriques au regard du risque incendie, et le certificat Q19 la vérification par thermographie infrarouge (référentiel APSAD D19). La caméra thermique permet de repérer, sous charge, des points chauds invisibles à l’œil nu : connexions desserrées, déséquilibres de phases, protections qui chauffent.
Il ne s’agit pas d’une obligation générale du Code du travail, mais souvent d’une exigence contractuelle de l’assureur, dont la périodicité (fréquemment annuelle) est fixée dans le contrat. Vérifiez votre police d’assurance : en cas de sinistre, l’absence d’un rapport demandé peut poser difficulté. Et dans tous les cas, c’est un outil de prévention très efficace contre le feu d’armoire électrique.
Classes de feux : pourquoi il n’y a plus de « classe E »
Beaucoup de salariés ont appris, ou lisent encore sur d’anciens extincteurs, qu’il existait une « classe E » pour les feux électriques. Ce n’est plus le cas dans la classification européenne actuelle (norme NF EN 2). Les classes de feux sont aujourd’hui les suivantes :
| Classe | Type de feu | Exemples |
|---|---|---|
| A | Feux de matériaux solides, formant généralement des braises | Bois, papier, carton, tissus, nombreux plastiques |
| B | Feux de liquides ou de solides liquéfiables | Essence, solvants, huiles, peintures, certaines cires |
| C | Feux de gaz | Butane, propane, gaz naturel |
| D | Feux de métaux | Magnésium, sodium, aluminium en poudre |
| F | Feux d’auxiliaires de cuisson | Huiles et graisses de friteuses |
Pourquoi la classe E a-t-elle disparu ? Parce que l’électricité n’est pas un combustible. Un feu « électrique », c’est un feu de classe A ou B (plastiques, isolants, poussières, papiers) en présence d’une tension électrique. La question n’est donc pas « quelle classe ? » mais « l’agent extincteur peut-il être utilisé sans danger sur un équipement sous tension, et à quelle distance ? ». Cette information figure sur l’étiquette de chaque extincteur. Le pictogramme ou la mention relative à l’usage sur les feux d’origine électrique, avec la tension maximale et la distance minimale, est ce que vos équipes doivent apprendre à lire.
Quel extincteur pour un feu électrique ?
C’est la question la plus posée en formation. La réponse courte : l’extincteur CO2 est l’appareil de référence pour un feu électrique, et certains extincteurs à eau pulvérisée avec additif peuvent être utilisés sur des équipements sous tension dans des limites précises indiquées sur l’appareil. La réponse complète demande un peu de nuance.
L’extincteur CO2 (dioxyde de carbone)
L’extincteur CO2 contient du dioxyde de carbone liquéfié sous pression. À la sortie du diffuseur, il se détend sous forme de gaz et de neige carbonique très froide. Il agit principalement par étouffement (il chasse l’oxygène autour du foyer) et accessoirement par refroidissement.
Ses atouts pour le feu électrique sont nets :
- il n’est pas conducteur, ce qui le rend adapté aux équipements sous tension ;
- il ne laisse aucun résidu, ce qui préserve les équipements informatiques et électroniques voisins ;
- il est efficace sur les feux naissants de liquides (classe B), fréquents dans les locaux techniques.
Ses limites doivent être connues :
- Le froid : l’INRS rappelle que le CO2 sort à des températures très basses (de l’ordre de moins 52 °C sous forme gazeuse et moins 78 °C sous forme de neige carbonique). On tient l’appareil par la poignée, jamais par le diffuseur ou le tube métallique, et on ne dirige jamais le jet vers une personne.
- L’asphyxie en local confiné : dans un petit local fermé, le CO2 remplace l’oxygène. Il faut aérer le local après usage et ne pas y rester.
- La faible efficacité sur les braises : sur un feu de papier ou de carton bien installé, le CO2 éteint les flammes mais peut laisser des braises qui reprennent. Une fois la tension coupée, un extincteur à eau pulvérisée prend le relais.
- La portée limitée : il s’utilise à courte distance, en général autour d’un mètre du foyer, en balayant la base des flammes.
L’extincteur à eau pulvérisée avec additif
Beaucoup d’entreprises s’étonnent : « Peut-on utiliser un extincteur à eau sur un feu électrique ? » La réponse dépend de l’appareil. Certains extincteurs à eau pulvérisée avec additif ont satisfait à un essai diélectrique (essai de conductivité électrique prévu par la norme européenne NF EN 3-7) et portent une mention qui autorise leur emploi sur des équipements sous tension, dans des limites précises. Les fiches techniques des fabricants indiquent par exemple une utilisation possible sur une tension inférieure à 1 000 volts, à condition de tenir la lance à plus d’un mètre. D’autres modèles portent au contraire la mention « ne pas utiliser sur courant électrique ».
La règle est donc simple : c’est l’étiquette de l’extincteur qui fait foi. L’INRS rappelle de bien vérifier les indications portées sur l’appareil. Et dans tous les cas, un extincteur à eau n’est envisageable sur un équipement électrique que si l’étiquette l’autorise explicitement, sur une installation basse tension, en respectant la distance indiquée.
L’extincteur à poudre
La poudre polyvalente est efficace sur de nombreux feux et non conductrice. Mais elle se disperse partout, réduit fortement la visibilité dans un local, et laisse un dépôt fin et corrosif qui pénètre dans les équipements électroniques et les armoires. Elle peut rendre irrécupérables des serveurs ou des automates qui n’avaient pas brûlé. Dans les bureaux et les locaux informatiques, elle est généralement évitée au profit du CO2. Elle reste utilisée dans certains environnements (extérieur, industrie, parkings), selon l’analyse de risques.
Pourquoi jamais d’eau en jet sur un appareil sous tension
L’eau du robinet, l’eau d’un seau, ou un jet plein d’un robinet d’incendie armé (RIA) sont conducteurs. Projeter un jet continu sur un appareil sous tension crée un chemin possible pour le courant, de l’appareil vers la personne qui tient le jet. C’est le risque d’électrisation, voire d’électrocution. Cela peut aussi provoquer des courts-circuits supplémentaires et aggraver le sinistre.
C’est toute la différence entre une eau pulvérisée en fines gouttelettes séparées, issue d’un appareil testé et marqué pour cet usage, et une eau en jet bâton. En pratique, pour vos équipes, la consigne à retenir est claire : pas d’eau en jet, pas de seau, pas de RIA sur un équipement électrique tant que le courant n’est pas coupé.
Respecter la distance
Quel que soit l’appareil, on attaque le feu à la distance indiquée sur l’étiquette, en se plaçant dos à une sortie, avec le vent ou la ventilation dans le dos si possible, et sans jamais se retrouver coincé entre le feu et le fond du local. Pour un CO2, on s’approche progressivement, on vise la base, on balaie. Si le feu ne faiblit pas après la vidange d’un extincteur, on ne s’acharne pas : on referme et on évacue.
Couper l’alimentation : la vraie priorité
L’extincteur traite les flammes. La coupure traite la cause. Tant que l’équipement reste alimenté, le défaut peut continuer de chauffer, de former des arcs et de rallumer le feu. Dès que c’est possible sans s’exposer, on coupe :
- en débranchant la fiche d’un petit appareil si elle est accessible et non atteinte par le feu ;
- en actionnant le disjoncteur du circuit concerné, s’il est identifié et accessible hors de la zone en feu ;
- en utilisant le dispositif de coupure d’urgence prévu (bouton coup de poing, coupure générale) selon l’organisation interne.
Une fois le courant coupé, le feu redevient « un feu ordinaire » de classe A ou B, et les moyens d’extinction classiques peuvent être utilisés plus largement.
Que faire en cas de feu électrique : la conduite à tenir pas à pas
Face à un départ de feu, les premières secondes décident souvent de la suite. Voici la séquence que nous enseignons, adaptée au feu d’origine électrique. Elle doit évidemment s’articuler avec la consigne incendie de votre établissement, qui reste la référence.
- Donner l’alerte immédiatement. Prévenez les personnes autour de vous et déclenchez l’alarme (déclencheur manuel) si votre établissement en est équipé. Faites prévenir les secours (18 ou 112) selon l’organisation prévue par la consigne : souvent, une personne attaque pendant qu’une autre appelle. Ne restez jamais seul face au feu sans que quelqu’un sache ce qui se passe.
- Couper le courant si c’est possible sans risque. Débranchez l’appareil si la prise est accessible et loin des flammes, ou actionnez le disjoncteur ou la coupure d’urgence identifiés. Ne touchez pas un appareil ou une carcasse métallique en feu, ne passez pas la main à travers la fumée pour atteindre une prise.
- Choisir le bon extincteur. Prenez de préférence un extincteur CO2, ou un extincteur dont l’étiquette autorise l’usage sur feux d’origine électrique. Lisez l’étiquette en une seconde : c’est un geste qui s’apprend en formation.
- Attaquer le feu, uniquement s’il est naissant. Un feu de la taille d’une corbeille à papier peut être traité par une personne formée. Placez-vous entre le feu et une sortie, à la distance indiquée, visez la base des flammes et balayez. Tenez le CO2 par la poignée.
- Ne jamais ouvrir une armoire électrique en feu. Ouvrir la porte apporte de l’oxygène, peut provoquer un embrasement brutal et expose au risque électrique. Si l’armoire dispose d’orifices prévus, l’injection de CO2 peut parfois être faite par une personne habilitée selon la procédure du site. Sinon, on coupe en amont, on referme le local et on attend les secours.
- Surveiller la fumée. Les fumées de câbles et de plastiques sont épaisses, chaudes et toxiques. Si la fumée descend vers le sol, baissez-vous : l’air respirable et la visibilité se trouvent près du sol. Si elle vous gêne, quittez le local sans hésiter.
- Refermer les portes derrière soi. Une porte fermée ralentit la propagation du feu et des fumées, et préserve les cheminements d’évacuation. Ne la verrouillez pas : les secours doivent pouvoir entrer.
- Évacuer si le feu n’est pas maîtrisé. Dès que le feu dépasse vos moyens, ou après la vidange d’un extincteur sans résultat, on arrête et on évacue en suivant le balisage, sans prendre l’ascenseur, en direction du point de rassemblement. Les guides et serre-files organisent la sortie et le comptage.
- Accueillir et renseigner les secours. Une personne désignée attend les sapeurs-pompiers à l’entrée et leur transmet l’essentiel : localisation exacte, nature du feu (armoire électrique, salle serveur, batterie), courant coupé ou non, personnes éventuellement manquantes, présence de batteries ou de produits dangereux.
- Ne pas réarmer, ne pas remettre sous tension. Même si le feu semble éteint, on ne réenclenche pas le disjoncteur et on ne rebranche rien. Le défaut est toujours là. La remise sous tension se fait seulement après diagnostic par une personne compétente et habilitée.
Après l’événement, on aère le local (surtout si un CO2 a été vidé), on fait remplacer ou recharger les extincteurs utilisés, on informe la hiérarchie, et on analyse l’incident pour mettre à jour le DUERP et, si besoin, la consigne.
Les erreurs les plus fréquentes
- Jeter de l’eau ou utiliser un RIA sur un appareil encore branché.
- Ouvrir l’armoire électrique pour « voir d’où ça vient ».
- Réarmer le disjoncteur qui a sauté, puis constater que ça recommence.
- Saisir l’extincteur CO2 par le diffuseur et se brûler par le froid.
- Rester dans un local qui se remplit de fumée pour « finir » l’extinction.
- Vider l’extincteur trop loin du feu, ou en visant le haut des flammes.
- Oublier de prévenir quelqu’un et se retrouver seul en difficulté.
Ces erreurs ne viennent pas d’un manque de bonne volonté. Elles viennent du stress, et d’un geste jamais répété dans un contexte réaliste. C’est exactement ce qu’une formation pratique doit corriger.
Cas particuliers : batterie lithium, salle serveur, armoire, local technique, véhicule électrique
Feu de batterie lithium (trottinette, vélo, outillage, ordinateur portable)
Une batterie lithium-ion en emballement thermique se comporte différemment d’un feu ordinaire. Elle peut émettre des gaz inflammables et toxiques, produire des jets de flammes, projeter des éléments, et se rallumer après avoir semblé éteinte, parce que la réaction chimique se poursuit d’une cellule à l’autre. L’INRS indique dans ses recommandations que la lutte directe avec un extincteur n’est pas la stratégie à privilégier pour les batteries de capacité intermédiaire : la priorité est d’isoler le danger et d’évacuer pour faciliter l’intervention des secours.
Concrètement :
- si la batterie est en charge et que c’est possible sans danger, coupez l’alimentation du chargeur ;
- éloignez les personnes, ne restez pas dans le local, fermez la porte ;
- ne tentez pas de déplacer une batterie qui fume ou qui gonfle ;
- donnez l’alerte et signalez clairement aux secours qu’il s’agit d’une batterie lithium.
Côté prévention, l’INRS recommande des zones de charge dédiées, ventilées, dotées de moyens de détection, avec une installation électrique conforme et une coupure d’urgence, ainsi que la sensibilisation du personnel. Interdire ou encadrer la recharge des trottinettes et vélos personnels dans les bureaux est une mesure simple et utile.
Salle serveur avec extinction automatique
De nombreuses salles informatiques sont protégées par un système d’extinction automatique à gaz. Ces systèmes fonctionnent en saturant le volume du local avec un agent extincteur. Selon le gaz utilisé, l’atmosphère peut devenir dangereuse pour les personnes présentes. Les règles générales sont les suivantes :
- à l’alarme de pré-déclenchement, on sort immédiatement du local et on ferme la porte ;
- on ne bloque pas les portes en position ouverte : l’étanchéité du local conditionne l’efficacité de l’extinction ;
- on ne réenclenche rien et on ne rentre pas dans le local avant l’autorisation des personnes compétentes et l’aération ;
- les personnes amenées à entrer dans ces locaux doivent connaître la signalétique, les commandes d’inhibition éventuelles et la procédure spécifique du site.
En l’absence d’extinction automatique, l’extincteur CO2 placé à l’entrée de la salle reste l’appareil de première intervention.
Feu d’armoire électrique
Le feu d’armoire électrique mérite une vigilance particulière. Les signaux d’alerte sont souvent une odeur de plastique chaud, un grésillement, de la fumée qui s’échappe par les ouïes, des disjonctions répétées. Les règles :
- ne pas ouvrir l’armoire ;
- couper l’alimentation en amont si c’est possible et prévu dans l’organisation (et non sur l’armoire en feu elle-même) ;
- si le feu est extérieur à l’armoire ou naissant, attaquer au CO2 à distance ;
- si la fumée envahit le local, sortir, fermer la porte, alerter.
Il est très utile que chaque responsable de site sache, avant tout incident, où se trouve la coupure générale, quelles armoires alimentent quelles zones, et qui est habilité à intervenir.
Local technique
Locaux de chaufferie, de ventilation, de machinerie d’ascenseur, de pompes : ils sont rarement occupés, souvent encombrés, et parfois utilisés comme espaces de stockage. Leurs portes doivent rester fermées et leur accès dégagé. Un extincteur adapté (souvent CO2) doit se trouver à proximité, à l’extérieur ou juste à l’entrée, pour que la personne qui intervient garde une sortie derrière elle.
Véhicule électrique au parking
Un incendie de véhicule électrique ou hybride rechargeable dans un parking implique une batterie de forte capacité. Pour un salarié ou un agent de sécurité, ce n’est pas un feu à traiter avec un extincteur portatif. La conduite à tenir est d’alerter immédiatement les secours en précisant qu’il s’agit d’un véhicule électrique, de faire évacuer le parking et les zones voisines, de ne pas s’approcher du véhicule, et de guider les sapeurs-pompiers à leur arrivée. Si le véhicule est en charge et que la coupure de la borne est accessible à distance sans s’exposer, elle peut être actionnée selon les consignes du site. La prévention passe par des bornes installées et entretenues selon les règles de l’art, et par une organisation définie avec le gestionnaire du parking.
Prévention au quotidien : la check-list en 15 points
La plupart des feux électriques s’annoncent. La prévention consiste à repérer les signaux avant l’incident. Voici une check-list que vous pouvez utiliser lors d’une visite de vos locaux, ou confier aux personnes désignées dans votre organisation.
- Aucune multiprise en cascade : une multiprise se branche sur une prise murale, jamais sur une autre multiprise.
- Multiprises de qualité, avec interrupteur et, idéalement, protection intégrée, adaptées à la puissance des appareils branchés.
- Rallonges entièrement déroulées pendant l’utilisation, et réservées à un usage temporaire.
- Câbles en bon état : pas de gaine fendue, pas de câble écrasé sous un pied de meuble ou une porte, pas de réparation au ruban adhésif.
- Prises et fiches sans trace de noircissement, sans jeu, sans échauffement au toucher.
- Chauffages d’appoint interdits ou strictement encadrés, jamais à proximité de papiers, rideaux ou cartons.
- Armoires électriques fermées, accès dégagés, aucun stockage dans les locaux électriques ni devant les portes.
- Dépoussiérage régulier des équipements, des grilles de ventilation et, par une personne habilitée, des armoires.
- Rapports de vérification électrique à jour, observations suivies et levées dans des délais raisonnables.
- Thermographie infrarouge réalisée si votre assureur la demande, et recommandée pour les installations sensibles.
- Zone de charge des batteries dédiée, ventilée, éloignée des matières combustibles, avec chargeurs d’origine.
- Appareils débranchés en fin de journée lorsqu’ils n’ont pas besoin de rester alimentés (salle de pause, petits appareils).
- Extincteurs CO2 présents près des armoires, salles serveurs et locaux techniques, visibles, signalés et vérifiés.
- Coupures identifiées : la coupure générale et les principaux disjoncteurs sont repérés, étiquetés et connus des personnes concernées.
- Personnel formé à la manipulation des extincteurs et à l’évacuation, avec des exercices au moins tous les six mois.
Cette liste n’a rien de théorique. Dans beaucoup de locaux professionnels, on trouve des multiprises en cascade sous les bureaux, des locaux électriques transformés en réserve, ou des extincteurs CO2 masqués par du mobilier. Ces situations se corrigent en quelques minutes, à condition de les voir.
Les signaux d’alerte à signaler sans attendre
Formez vos équipes à remonter immédiatement ces signaux :
- odeur de plastique chaud ou de brûlé ;
- prise, fiche ou appareil anormalement chaud ;
- grésillement ou crépitement dans un tableau, une prise, un appareil ;
- disjoncteur qui saute de façon répétée ;
- éclairage qui vacille sans raison ;
- batterie déformée, gonflée, qui chauffe ou qui fume.
Un disjoncteur qui saute n’est pas une contrariété : c’est un dispositif de protection qui signale un problème. Le réarmer plusieurs fois de suite sans comprendre la cause est un comportement à proscrire.
Former les équipes : EPI, extincteurs et réalité augmentée
Connaître la théorie ne suffit pas. Le jour où une armoire électrique se met à fumer, ce qui compte, c’est le geste juste fait sans réfléchir : alerter, couper, choisir le CO2, garder sa sortie, se baisser quand la fumée descend, refermer, évacuer. Ces réflexes se construisent par la pratique.
Les formations concernées
- Manipulation des extincteurs : connaître les classes de feux, lire une étiquette, choisir l’appareil adapté (CO2 pour le feu électrique), le mettre en œuvre en sécurité.
- Équipier de première intervention (EPI) : intervenir sur un début d’incendie dans le cadre de l’organisation de l’établissement, donner l’alerte, coordonner les premiers gestes.
- Guide-file et serre-file (évacuation) : organiser une évacuation rapide et ordonnée, vérifier les locaux, gérer le point de rassemblement.
- Sauveteur secouriste du travail (SST) : un feu électrique peut s’accompagner d’une électrisation ou de brûlures. Le SST apprend à protéger (supprimer le danger électrique avant de toucher une victime), à alerter et à porter secours.
Pourquoi le bac à feu a ses limites pour le feu électrique
Le bac à feu traditionnel, alimenté au gaz ou à un combustible liquide, a longtemps été l’outil de référence. Il apprend à percuter un extincteur et à viser un foyer. Mais pour un scénario de feu électrique, il présente des limites évidentes : on ne reproduit pas une armoire électrique en feu sur un parking, on n’y retrouve ni les vrais locaux, ni les vrais cheminements, ni la fumée qui envahit un couloir. Il impose aussi des contraintes logistiques (espace extérieur, autorisation, conditions météo, nettoyage, vidange d’extincteurs réels).
L’apport de la réalité augmentée
TRINACRE Formations propose des formations incendie en réalité virtuelle et en réalité augmentée, sans flamme ni fumée réelle. La réalité augmentée change radicalement l’exercice : le stagiaire porte un casque et continue de voir ses vrais locaux, dans lesquels le simulateur fait apparaître le sinistre.
Pour le scénario du feu électrique, cela donne concrètement :
- un feu d’armoire électrique qui apparaît dans l’environnement réel du stagiaire, là où il travaille au quotidien ;
- une fumée qui se développe et descend progressivement, avec des messages d’alerte comme « Baissez-vous ! » lorsque la couche de fumée atteint un niveau dangereux ;
- le choix de l’extincteur : le stagiaire doit identifier l’appareil adapté au feu électrique, et comprendre pourquoi un autre choix serait dangereux ou inefficace ;
- l’intégration de la coupure de l’alimentation dans la séquence d’intervention, comme réflexe prioritaire ;
- la mise en œuvre du geste d’extinction (distance, visée à la base, balayage) dans un cadre réaliste.
Les avantages pour l’entreprise sont concrets : l’exercice se déroule dans vos locaux, sans espace extérieur ni bac à feu, sans dégagement de fumée réelle, sans vidange d’extincteurs. Chaque stagiaire peut refaire le scénario, se tromper sans danger, comprendre son erreur et recommencer. Le formateur observe et corrige en direct. C’est particulièrement utile pour les sites en centre-ville, les immeubles de bureaux, les établissements recevant du public ou les entreprises qui ne disposent pas d’une cour.
La réalité augmentée ne remplace pas tout : la manipulation d’un extincteur réel (poids, percussion, sensation) reste un apprentissage important, et nous l’intégrons selon le contexte et les besoins du client. L’objectif est de combiner le geste physique et la mise en situation immersive. Pour découvrir l’ensemble de notre approche, consultez notre page formation incendie et secourisme en réalité virtuelle et augmentée.
Un formateur issu du terrain
Les formations TRINACRE sont conçues et animées par David Morandi, gérant de l’organisme, qui compte 26 ans d’expérience dans la sécurité incendie, la sûreté et la prévention. Titulaire du SSIAP 3, il est formateur SSIAP 1, 2 et 3 et TFP APS, et formateur SST habilité INRS/FORPREV depuis 2012. Cette expérience de terrain permet d’adapter chaque scénario à la réalité de vos locaux : vos armoires, vos salles techniques, vos cheminements, vos consignes.
Déroulé type d’une session de formation feu électrique
Chaque session est adaptée au site, au nombre de participants et à leur rôle (salariés, EPI, guides et serre-files, responsables de site). Voici un exemple de déroulé, à titre indicatif.
- Accueil et recueil des attentes : présentation des participants, de leur poste, de leur expérience éventuelle d’un départ de feu.
- Les bases de l’incendie : triangle du feu, modes de propagation, dangers des fumées, classes de feux et disparition de la classe E.
- Le risque électrique incendie : surcharges, multiprises, connexions, poussières, batteries lithium, onduleurs, armoires. Exemples concrets tirés des locaux du client lorsque c’est possible.
- Les moyens d’extinction : lecture des étiquettes, CO2, eau pulvérisée avec additif, poudre, limites de chacun, emplacement des appareils sur le site.
- La conduite à tenir : alerte, coupure, attaque, distance, fumée, fermeture des portes, évacuation, accueil des secours, ne pas réarmer.
- Mise en situation en réalité augmentée : chaque stagiaire est confronté à un feu d’armoire électrique dans les locaux réels, avec choix de l’extincteur, coupure et gestion de la fumée.
- Manipulation et retours : selon le format retenu, prise en main d’extincteurs, débriefing individuel et collectif des mises en situation.
- Volet évacuation (si prévu) : rôle des guides et serre-files, cheminements, point de rassemblement, comptage.
- Synthèse et évaluation : rappel des réflexes clés, évaluation des acquis, remise des documents de fin de formation.
À l’issue de la session, il est souvent utile de prévoir un exercice d’évacuation sur un scénario de feu électrique, pour tester l’organisation complète dans des conditions réelles.
Financement : Qualiopi et prise en charge OPCO
TRINACRE Formations est un organisme de formation certifié Qualiopi. Cette certification qualité permet, selon les cas, de solliciter un financement des actions de formation auprès de votre OPCO (opérateur de compétences). Les règles de prise en charge (montants, plafonds, publics éligibles, taille de l’entreprise) dépendent de chaque OPCO et de votre branche. Le plus simple est de vérifier les conditions auprès de votre OPCO avant la session, avec le devis et le programme que nous vous transmettons.
Nous intervenons dans vos locaux, à Paris, en Île-de-France et partout en France. Les formations sont organisées en intra-entreprise, ce qui permet de travailler sur vos propres installations et vos propres consignes.
FAQ : vos questions sur le feu électrique au travail
Quel extincteur utiliser sur un feu électrique ?
L’extincteur CO2 est l’appareil de référence : il n’est pas conducteur et ne laisse pas de résidu. Certains extincteurs à eau pulvérisée avec additif peuvent aussi être utilisés sur des équipements basse tension, uniquement si leur étiquette l’autorise et en respectant la distance indiquée (souvent un mètre). En cas de doute, prenez le CO2 et coupez le courant dès que possible.
Peut-on éteindre un feu électrique avec de l’eau ?
Jamais avec de l’eau en jet, un seau ou un RIA tant que l’appareil est sous tension : l’eau conduit le courant et expose à l’électrisation. Seuls les extincteurs à eau pulvérisée dont l’étiquette autorise l’usage sur feux d’origine électrique peuvent être employés, dans les limites indiquées. Une fois le courant coupé, l’eau redevient utilisable sur les matériaux qui brûlent.
Que faire en cas de feu électrique au bureau ?
Alertez les personnes présentes et faites appeler les secours, coupez le courant si c’est possible sans danger, attaquez le feu au CO2 s’il est naissant, en gardant une sortie derrière vous. Si la fumée descend, baissez-vous. Si le feu n’est pas maîtrisé, sortez, refermez la porte et évacuez selon la consigne. Ne réarmez pas le disjoncteur ensuite.
Faut-il ouvrir une armoire électrique qui fume ?
Non. Ouvrir la porte d’une armoire en feu apporte de l’oxygène et peut provoquer un embrasement brutal, tout en exposant au risque électrique. On coupe l’alimentation en amont si c’est prévu et accessible, on attaque au CO2 si le feu est extérieur ou naissant, sinon on referme le local et on attend les secours. Toute intervention à l’intérieur relève de personnes habilitées.
La classe E existe-t-elle encore ?
Non. La classification européenne actuelle (NF EN 2) retient les classes A, B, C, D et F. Le feu électrique est un feu de classe A ou B en présence de tension. L’aptitude d’un extincteur à être utilisé sur un équipement sous tension est indiquée sur son étiquette, avec la tension maximale et la distance minimale à respecter.
Un extincteur CO2 est-il obligatoire près d’une armoire électrique ?
L’article R4227-29 du Code du travail impose, lorsque les locaux présentent des risques d’incendie particuliers, notamment électriques, des extincteurs dont le nombre et le type sont appropriés aux risques. En pratique, l’extincteur CO2 est la solution habituellement retenue près des armoires, TGBT, salles serveurs et locaux techniques. Le nombre et l’emplacement se déterminent selon l’analyse des risques et les règles de l’art.
À quelle fréquence faire vérifier les installations électriques ?
L’arrêté du 26 décembre 2011, pris en application des articles R4226-14 et suivants du Code du travail, fixe la périodicité de principe à un an. Elle peut être portée à deux ans dans certaines conditions (rapport précédent sans observation ou travaux de mise en conformité réalisés), avec information de l’inspection du travail. Votre assureur peut par ailleurs demander des contrôles complémentaires (Q18, Q19).
Le certificat Q19 est-il obligatoire ?
Le Q19 (thermographie infrarouge selon le référentiel APSAD D19) n’est pas une obligation générale du Code du travail. C’est souvent une exigence contractuelle de l’assureur. Vérifiez votre contrat. Indépendamment de l’assurance, c’est un excellent outil pour détecter les points chauds avant qu’ils ne provoquent un feu d’armoire électrique.
Comment éteindre une batterie lithium qui prend feu ?
Pour une batterie de taille intermédiaire (trottinette, vélo, outillage), l’INRS déconseille de privilégier la lutte directe à l’extincteur. La priorité est d’isoler le danger, d’éloigner les personnes, de fermer le local, d’alerter les secours en précisant qu’il s’agit d’une batterie lithium, et d’évacuer. Une batterie peut se rallumer après avoir semblé éteinte.
Un salarié non habilité peut-il couper le courant en cas d’incendie ?
Il peut actionner un dispositif de coupure prévu à cet effet (bouton d’arrêt d’urgence, coupure identifiée et accessible) si l’organisation de l’entreprise le prévoit et qu’il peut le faire sans s’exposer. Il ne doit pas ouvrir d’armoire ni intervenir sur les parties internes d’une installation : ces opérations sont réservées aux personnes habilitées selon les articles R4544-9 et R4544-10 du Code du travail et la norme NF C 18-510.
Peut-on s’entraîner à éteindre un feu électrique sans risque ?
Oui. La formation incendie en réalité augmentée permet de faire apparaître un feu d’armoire électrique dans vos vrais locaux, sans flamme ni fumée réelle. Le stagiaire choisit l’extincteur, intègre la coupure du courant, gère la fumée qui descend et répète le scénario autant que nécessaire, sous le regard du formateur.
La formation feu électrique peut-elle être financée ?
TRINACRE Formations étant certifié Qualiopi, vous pouvez solliciter une prise en charge auprès de votre OPCO selon ses critères. Les conditions varient selon l’OPCO, la branche et la taille de l’entreprise. Nous vous transmettons un devis et un programme détaillé pour constituer votre demande.
Demander un devis de formation
Un feu électrique se prévient par des gestes simples et se maîtrise par des réflexes entraînés. Si vous souhaitez former vos salariés, vos équipiers de première intervention ou vos guides et serre-files à ce scénario, dans vos propres locaux, avec la réalité augmentée pour une mise en situation réaliste sans flamme ni fumée, nous construisons avec vous une session adaptée à votre site et à vos risques.
TRINACRE Formations, organisme de formation certifié Qualiopi, intervient à Paris, en Île-de-France et partout en France, dans les locaux de ses clients.
- Demande de devis en ligne : formulaire de contact TRINACRE
- Téléphone : 06 62 83 13 37
- E-mail : infos@trinacre.fr
Indiquez-nous simplement le nombre de participants, le type de locaux (bureaux, ateliers, salles techniques, établissement recevant du public) et vos disponibilités : nous revenons vers vous avec une proposition et un programme adaptés.