Dans un immeuble de grande hauteur, on n’évacue pas comme ailleurs et on n’attend pas les secours les bras croisés. Les pompiers mettent du temps à monter, les étages sont cloisonnés en compartiments, et le règlement de sécurité confie aux occupants eux-mêmes une partie de la réponse : donner l’alerte, fermer les portes, attaquer un début de feu, vider l’étage dans le bon sens. Ces personnes ont un nom dans les tours de bureaux : les équipiers locaux de sécurité, ou ELS. À côté d’eux, les équipiers de première intervention, ou EPI, savent se servir d’un extincteur dans les premières secondes.
Encore faut-il les former, et les former dans la tour, sans allumer un feu au vingtième étage. C’est exactement ce que permet la réalité virtuelle augmentée. Cette page fait le tour complet du sujet : ce que disent les textes, qui est responsable de quoi, combien de personnes désigner, comment se déroule une formation incendie en IGH avec un casque et un extincteur connecté, et comment organiser une campagne sur plusieurs étages sans désorganiser les entreprises occupantes.
TRINACRE Formations est un organisme de formation certifié Qualiopi qui intervient dans les locaux de ses clients, en Île-de-France et partout en France. Les formations sont animées par David Morandi, 26 ans d’expérience en sécurité incendie, diplômé SSIAP 3 et certifié CS INSSI du CNPP. Vous pouvez demander un devis ici ou appeler le 06 62 83 13 37.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’un IGH, et pourquoi tout y est différent
- Qui fait quoi dans une tour : propriétaire, mandataire de sécurité, service central, occupants
- Ce que les textes demandent aux occupants
- EPI et ELS : deux rôles, une même équipe d’étage
- L’évacuation en IGH : par compartiment et en deux phases
- Pourquoi la formation classique atteint ses limites dans une tour
- La formation incendie en réalité virtuelle augmentée, dans la tour
- Le programme de la formation EPI en IGH
- Le programme de la formation ELS et évacuation en IGH
- Combien de personnes former, et à quel rythme
- Organiser une campagne de formation dans une tour
- Traçabilité, registre de sécurité et preuves
- Financement et devis
- Les erreurs que l’on voit le plus souvent
- Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un IGH, et pourquoi tout y est différent
Le Code de la construction et de l’habitation définit l’immeuble de grande hauteur par une mesure simple : la hauteur du plancher bas du dernier niveau, par rapport au niveau du sol le plus haut utilisable par les engins des services de secours. Un immeuble est un IGH lorsque ce plancher se situe à plus de 50 mètres pour un immeuble d’habitation, et à plus de 28 mètres pour tous les autres immeubles. Vingt-huit mètres, c’est à peu près la portée d’une grande échelle de pompiers. Au-delà, les secours ne peuvent plus atteindre les étages par l’extérieur. Tout se joue donc à l’intérieur.
Le même code range les IGH par classes, selon leur usage :
- GH A : immeubles à usage d’habitation ;
- GH O : immeubles à usage d’hôtel ;
- GH R : immeubles à usage d’enseignement ;
- GH S : immeubles à usage de dépôt d’archives ;
- GH TC : tours de contrôle ;
- GH U : immeubles à usage sanitaire ;
- GH W 1 : immeubles de bureaux dont le dernier plancher est situé entre 28 et 50 mètres ;
- GH W 2 : immeubles de bureaux dont le dernier plancher dépasse 50 mètres ;
- GH Z : immeubles à usage mixte ;
- ITGH : immeubles de très grande hauteur, au-delà de 200 mètres.
La grande majorité des tours de La Défense, de Paris, de Lyon Part-Dieu, de Lille ou de Marseille sont des GH W : des immeubles de bureaux. C’est pour eux que la question des équipiers locaux de sécurité se pose le plus souvent, et c’est sur eux que cette page se concentre.
Trois principes qui changent tout
La sécurité incendie d’un IGH repose sur trois idées, fixées par le règlement de sécurité du 30 décembre 2011.
Le compartimentage. La tour est découpée en compartiments de 2 500 m² au plus, séparés par des parois et des planchers qui résistent au feu pendant deux heures. Le but : que l’incendie reste dans le compartiment où il est né, le temps que les secours interviennent. Un feu au 18e étage ne doit pas devenir un feu de tour.
L’évacuation limitée au compartiment sinistré. On ne vide pas trente étages par les escaliers au premier signal. Seul le compartiment concerné est évacué, vers un compartiment voisin ou vers les escaliers protégés. Les autres étages restent en place tant que le service de sécurité ne dit pas autre chose.
La présence humaine permanente. Un IGH dispose d’un service de sécurité incendie et d’assistance à personnes, présent en continu, avec un poste central de sécurité. Dans les tours de bureaux, ce service central est complété, étage par étage, par un service local tenu par les occupants.
Ces trois principes ont une conséquence directe pour les entreprises installées dans la tour : leurs salariés ne sont pas de simples spectateurs. Une porte coupe-feu calée par une poubelle, un salarié qui prend l’ascenseur, un étage qui descend en bloc alors qu’on ne le lui a pas demandé, et tout l’édifice de sécurité se fragilise.
Qui fait quoi dans une tour : propriétaire, mandataire de sécurité, service central, occupants
La première difficulté d’un IGH, c’est le nombre d’acteurs. Quand on demande dans une tour qui est responsable de la formation incendie des occupants, on obtient souvent quatre réponses différentes. Voici la répartition.
Le propriétaire
C’est lui qui porte les obligations générales du règlement : entretien des installations, service de sécurité, exercices, affichage des consignes et des plans dans les circulations communes. L’article GH 60 lui demande aussi d’établir une note définissant l’organisation de l’évacuation de l’immeuble, en tenant compte des personnes en situation de handicap, et de joindre aux contrats de location une notice sur les obligations des occupants.
Le mandataire de sécurité
Dans une tour en copropriété ou à propriétaires multiples, un mandataire de sécurité agit au nom de tous. C’est l’interlocuteur unique de l’administration et de la commission de sécurité. Dans la pratique, c’est souvent lui, ou le gestionnaire d’immeuble, qui organise les campagnes de formation des occupants et les exercices annuels.
Le service central de sécurité incendie et d’assistance à personnes
Dirigé par un chef de service de sécurité incendie, il assure la permanence au poste central, les rondes, la surveillance des travaux, et dirige les secours en attendant l’arrivée des sapeurs-pompiers. Ses agents sont des professionnels qualifiés SSIAP. Leur formation relève d’organismes agréés par la préfecture, et ce n’est pas le métier de TRINACRE Formations : nous ne formons pas les agents du service central.
Le règlement confie en revanche à ce service une mission qui nous concerne directement. L’article GH 62 lui demande d’instruire, d’entraîner et de diriger le personnel chargé, dans certaines classes d’immeubles, de l’application des consignes d’évacuation et de l’utilisation des moyens de premiers secours. Ce personnel, ce sont les occupants désignés. Nos formations se préparent donc toujours avec le chef du service de sécurité de la tour, et dans le respect de ses consignes.
Les occupants, c’est-à-dire les entreprises locataires
Chaque entreprise installée dans la tour reste un employeur. À ce titre, elle porte les obligations du Code du travail : prendre les mesures nécessaires pour que tout commencement d’incendie puisse être rapidement et efficacement combattu, établir une consigne de sécurité incendie, désigner les personnes chargées de mettre en œuvre le matériel d’extinction et de diriger l’évacuation, organiser des exercices au moins tous les six mois.
Et dans une tour de bureaux, elle doit en plus fournir des hommes et des femmes au service local de sécurité de son compartiment. Ce point mérite qu’on s’y arrête.
Ce que les textes demandent aux occupants
Le règlement IGH : un service local de sécurité par compartiment
Pour les immeubles de bureaux, l’article GH W 5 du règlement de sécurité est très clair. Le service de sécurité de l’immeuble comprend un service central, et un service local de sécurité incendie par compartiment. Le texte précise :
- les occupants de chaque compartiment sont tenus de participer au service local ;
- ce service comprend un chef de compartiment et des agents désignés parmi le personnel permanent, au prorata de l’effectif de chaque entreprise ;
- le nombre de participants est au minimum égal au vingt-cinquième des occupants du compartiment, avec un minimum de six personnes.
Le même article fixe les missions du service local en cas de sinistre :
- alerter le service central de sécurité ;
- vérifier l’isolement du compartiment, donc la fermeture des portes ;
- organiser l’évacuation du compartiment, en tenant compte des personnes en situation de handicap ;
- mettre en œuvre les moyens de premiers secours ;
- rendre compte au poste central de sécurité.
Le règlement ne parle pas d’« équipier local de sécurité ». C’est l’usage qui a donné ce nom, et son abréviation ELS, aux membres du service local. Le terme est aujourd’hui employé dans toutes les tours.
Le règlement IGH : exercices et information
L’article GH 60 prévoit un exercice d’évacuation de chaque compartiment au moins une fois par an, organisé par le propriétaire, avec mise en œuvre des fonctions de sécurité. Dans les tours de bureaux, l’article GH W 5 ajoute que le service central organise ces exercices et que les occupants sont tenus d’y participer.
L’article GH 63 décrit la mise en sécurité des occupants. Au déclenchement de l’alarme dans un compartiment, les occupants réalisent une évacuation de première phase en rejoignant un compartiment non concerné. Ils peuvent ensuite réaliser une évacuation de seconde phase vers un point de regroupement défini à l’avance. Pour les personnes en situation de handicap, la première phase se fait par un déplacement horizontal, au niveau où elles se trouvent, vers un autre compartiment ou un espace d’attente sécurisé, sans traverser le volume sinistré.
Le Code du travail : les obligations de chaque employeur
Le règlement IGH ne remplace pas le Code du travail, il s’y ajoute. Chaque entreprise occupante reste tenue par les articles suivants :
- R. 4227-28 : l’employeur prend les mesures nécessaires pour que tout commencement d’incendie puisse être rapidement et efficacement combattu, dans l’intérêt du sauvetage des travailleurs ;
- R. 4227-37 : une consigne de sécurité incendie est établie et affichée dans les établissements où peuvent se trouver plus de cinquante personnes, et dans ceux où sont manipulées des matières inflammables ;
- R. 4227-38 : cette consigne indique notamment le matériel d’extinction, les personnes chargées de le mettre en action, les personnes chargées de diriger l’évacuation, les mesures propres aux personnes handicapées et les moyens d’alerte ;
- R. 4227-39 : la consigne prévoit des essais et des exercices au cours desquels les travailleurs apprennent à reconnaître le signal d’alarme, à localiser les espaces d’attente sécurisés, à se servir des moyens de premier secours et à exécuter les manœuvres nécessaires. Ces exercices ont lieu au moins tous les six mois et sont consignés sur un registre.
Une entreprise de 300 personnes répartie sur trois étages d’une tour doit donc répondre à deux exigences qui se recouvrent : former des équipiers capables d’éteindre un début de feu et de diriger l’évacuation, au titre du Code du travail, et fournir sa part du service local de sécurité de chaque compartiment, au titre du règlement IGH. Une seule campagne de formation bien pensée répond aux deux.
EPI et ELS : deux rôles, une même équipe d’étage
Les deux sigles se croisent en permanence dans les tours, et beaucoup de responsables les confondent. Ils ne viennent pas du même texte et ne couvrent pas exactement la même mission.
L’équipier de première intervention
L’EPI est une notion issue du Code du travail et des règles techniques des assureurs. C’est un salarié désigné, formé pour intervenir sur un début d’incendie avec les moyens disponibles sur place, en général un extincteur. Sa mission tient en trois gestes : donner l’alarme, attaquer le feu s’il peut le faire sans se mettre en danger, appliquer les consignes. L’EPI existe dans toutes les entreprises, IGH ou non.
L’équipier local de sécurité
L’ELS est propre aux immeubles de grande hauteur. Il appartient au service local de sécurité de son compartiment. Sa mission est plus large que celle de l’EPI, parce qu’elle comprend l’organisation de l’évacuation et le lien avec le poste central de sécurité :
- il confirme l’alerte au poste central et décrit ce qu’il voit ;
- il vérifie que les portes du compartiment sont fermées ;
- il dirige les occupants vers le compartiment voisin ou vers l’escalier désigné, sans ascenseur ;
- il accompagne les personnes en situation de handicap jusqu’à l’espace d’attente sécurisé ;
- il attaque le début de feu si la situation le permet ;
- il rend compte : étage vide ou non, personnes restées en espace d’attente, porte du local sinistré fermée ou non.
Dans la pratique : une équipe, deux compétences
Dans une tour de bureaux, on a tout intérêt à ne pas séparer les deux populations. Un ELS qui ne sait pas se servir d’un extincteur est incomplet. Un EPI qui ne connaît ni le compartimentage ni les deux phases de l’évacuation peut faire une erreur grave, par exemple ouvrir en grand la porte du local en feu ou envoyer tout l’étage dans le mauvais escalier.
C’est pour cela que nous proposons aux entreprises installées en IGH un parcours en deux modules, qui peuvent se suivre le même jour ou sur deux dates :
- un module première intervention, en réalité virtuelle augmentée, pour apprendre à éteindre un début de feu ;
- un module service local de sécurité et évacuation, pour tenir son rôle d’ELS, de chef de compartiment, de guide-file ou de serre-file dans la tour.
Le chef de compartiment
Le règlement cite une fonction que beaucoup d’entreprises oublient de pourvoir : le chef de compartiment. C’est lui qui coordonne les équipiers de l’étage, qui recueille leurs comptes rendus et qui parle au poste central. Dans un compartiment partagé entre plusieurs sociétés, il faut se mettre d’accord sur son nom, et sur celui de son suppléant. Nous abordons ce point dès la préparation, avec le service de sécurité de la tour.
L’évacuation en IGH : par compartiment et en deux phases
C’est le point où les réflexes acquis dans un immeuble ordinaire deviennent dangereux. Dans un bâtiment de bureaux classique, l’alarme générale sonne partout et tout le monde descend au point de rassemblement. Dans un IGH, ce n’est pas le scénario prévu.
Première phase : quitter le compartiment
Quand l’alarme se déclenche dans un compartiment, ses occupants le quittent pour rejoindre un compartiment qui n’est pas concerné. Selon la configuration de la tour, cela signifie passer dans l’autre moitié de l’étage, ou gagner un escalier protégé pour rejoindre un autre niveau. Les portes coupe-feu se referment derrière eux. Le feu, la fumée et la chaleur restent enfermés.
Seconde phase : rejoindre le point de regroupement
Dans un second temps, et selon l’organisation fixée par le propriétaire, les occupants peuvent être dirigés vers un point de regroupement défini à l’avance. Cette seconde phase n’est pas automatique : elle suit les instructions du service de sécurité.
Les personnes en situation de handicap
Elles ne descendent pas trente étages par l’escalier. Le règlement prévoit pour elles un déplacement horizontal, au niveau où elles se trouvent, vers un autre compartiment ou vers un espace d’attente sécurisé, sans jamais traverser la zone sinistrée. Encore faut-il que les équipiers sachent où sont ces espaces, comment on y accède, et qu’ils préviennent le poste central qu’une personne s’y trouve. C’est l’un des exercices les plus utiles d’une formation ELS, et l’un des moins pratiqués.
Ce que l’équipier doit savoir par cœur
- les limites de son compartiment, et où sont les portes qui le ferment ;
- les escaliers à utiliser, et ceux à ne pas utiliser ;
- l’interdiction des ascenseurs, sauf ceux réservés aux secours et manœuvrés par eux ;
- l’emplacement des déclencheurs manuels, des extincteurs, des robinets d’incendie armés s’il y en a ;
- l’emplacement des espaces d’attente sécurisés ;
- le moyen de joindre le poste central de sécurité ;
- le point de regroupement de seconde phase.
Rien de tout cela ne s’apprend dans une salle, devant un diaporama. Cela s’apprend en marchant dans l’étage, avec le plan en main.
Pourquoi la formation classique atteint ses limites dans une tour
Former à l’extincteur suppose, dans la méthode traditionnelle, un bac à feu alimenté au gaz, installé à l’extérieur, et des extincteurs réels que les stagiaires vident chacun leur tour. Dans une zone d’activité, avec un parking, cela fonctionne. Dans une tour, presque tout s’y oppose.
- Il n’y a pas d’extérieur disponible. Le parvis est public, la dalle est surveillée, le parking est souterrain. Allumer un feu, même maîtrisé, au pied d’une tour demande des autorisations que personne n’a envie de demander.
- Le système de sécurité incendie est sensible. La moindre fumée dans un étage peut déclencher la détection, le désenfumage et la mise en sécurité du compartiment. Aucun chef de service de sécurité n’acceptera une démonstration à flamme réelle dans les étages.
- Faire descendre les stagiaires coûte du temps. Dix personnes qui quittent le 25e étage, passent les contrôles d’accès, rejoignent un terrain à l’écart et remontent, c’est une heure perdue avant d’avoir commencé.
- Chaque stagiaire ne passe qu’une fois. Un extincteur réel se vide en quelques secondes. Le stagiaire a rarement le temps de comprendre ce qu’il a mal fait.
- Le feu du bac ne ressemble à rien de ce qui se trouve dans une tour. Les départs de feu en immeuble de bureaux, ce sont une armoire électrique, une baie informatique, un local de reprographie, une kitchenette, une corbeille. Pas une flaque de gaz dans un bac.
Le résultat, on le connaît : la formation est reportée, puis réduite à un rappel théorique, et le jour de l’exercice annuel plus personne ne sait quel extincteur prendre.
La formation incendie en réalité virtuelle augmentée, dans la tour
La réalité virtuelle augmentée règle ces difficultés une par une. C’est la raison pour laquelle nous en avons fait le cœur de nos formations incendie, et elle prend tout son sens dans un immeuble de grande hauteur.
Comment cela se passe
Le stagiaire porte un casque Meta Quest 3 et tient un extincteur connecté, du même poids et du même maniement qu’un extincteur réel. Le casque lui laisse voir la pièce où il se trouve, et y superpose un départ de feu : une armoire électrique, un local technique, une cuisine, une chaufferie, un poste de travail. Le feu grandit, fume, réagit.
Le stagiaire doit analyser la situation, choisir le bon agent extincteur, dégoupiller, se placer à la bonne distance et attaquer la base des flammes. Le simulateur mesure chaque geste : temps de réaction, choix de l’extincteur, distance, efficacité. Le formateur corrige, et le stagiaire recommence jusqu’à ce que le réflexe soit acquis.
Ce que cela change dans un IGH
- La formation a lieu à l’étage. Une salle de réunion suffit. Les stagiaires ne quittent pas la tour, ni même leur plateau.
- Aucune flamme, aucune fumée, aucune poudre. La détection incendie n’est pas sollicitée. Il n’y a ni permis de feu à établir, ni mise hors service de zone à demander au poste central.
- Chaque stagiaire passe plusieurs fois. Il rejoue le scénario jusqu’au bon geste, au lieu d’un essai unique de quelques secondes.
- Les scénarios sont ceux d’une tour. Feu d’armoire électrique, feu de local technique, feu de cuisine : ce que les occupants risquent réellement de rencontrer.
- Tout le monde peut participer. Les personnes qui redoutaient la chaleur et la fumée du bac à feu viennent sans appréhension.
- Chaque passage est tracé. Les résultats individuels sont conservés. C’est une preuve utile pour le registre de sécurité, pour l’assureur et pour la commission de sécurité.
- Aucun déchet, aucun rejet. Pas de gaz brûlé, pas de poudre à nettoyer, pas d’extincteurs à recharger.
Le réel reste présent
La simulation ne remplace pas la prise en main du matériel. Pendant la session, les stagiaires manipulent aussi de vrais extincteurs : dégoupillage, percussion, tenue du diffuseur, précautions avec le CO2. Et la partie évacuation se fait à pied, dans les circulations réelles de l’étage.
La page consacrée à notre formation incendie en réalité virtuelle et augmentée détaille le matériel et le déroulement des exercices.
Le programme de la formation EPI en IGH
Ce module forme les équipiers de première intervention de la tour. Il dure une demi-journée, soit 3 h 30, pour un groupe de 4 à 12 personnes, dans une salle de l’étage.
Objectifs
À l’issue de la formation, le stagiaire est capable de :
- expliquer comment un feu naît et se propage, et reconnaître les classes de feu ;
- choisir l’extincteur adapté et l’utiliser en sécurité sur un départ de feu ;
- donner l’alerte selon les consignes de la tour, en joignant le poste central de sécurité ;
- fermer les portes et participer à la mise en sécurité du compartiment.
Déroulement
- Accueil et positionnement. Tour de table, attentes, court questionnaire de départ.
- Comprendre le feu. Triangle du feu, classes de feu, propagation, fumées. Les causes d’incendie dans un immeuble de bureaux. Les moyens de secours de la tour : détection, alarme, désenfumage, compartimentage, extincteurs, robinets d’incendie armés.
- Les agents extincteurs et la conduite à tenir. Eau pulvérisée avec additif, CO2, poudre : lequel pour quel feu, avec quelles limites. Distance d’attaque, position, repli. Ce qu’on ne fait jamais : ouvrir une porte chaude, attaquer seul un feu qui a dépassé le stade du début.
- Mises en situation en réalité virtuelle augmentée. Extinction de départs de feu simulés avec le casque et l’extincteur connecté. Répétition jusqu’au bon réflexe. Manipulation réelle d’un extincteur à eau et d’un extincteur CO2.
- Évaluation et bilan. Évaluation pratique individuelle, questionnaire final, questionnaire de satisfaction, remise des attestations.
Le programme complet figure sur la page formation équipier de première intervention. Pour un IGH, nous y ajoutons les consignes propres à la tour, relues au préalable avec le service de sécurité.
Le programme de la formation ELS et évacuation en IGH
Ce module prépare les membres du service local de sécurité : équipiers locaux, chefs de compartiment, guides-files et serre-files. Il dure une demi-journée, pour un groupe de 4 à 10 personnes, et se déroule pour moitié dans les circulations de l’étage.
Objectifs
À l’issue de la formation, le stagiaire est capable de :
- décrire les principes de sécurité d’un IGH : compartimentage, évacuation par compartiment, rôle du service central ;
- tenir sa place dans le service local : alerte, fermeture des portes, évacuation, premiers secours, compte rendu ;
- conduire l’évacuation de première phase de son compartiment, et accompagner la seconde phase si elle est demandée ;
- prendre en charge une personne en situation de handicap et la conduire à l’espace d’attente sécurisé ;
- rendre compte au poste central de sécurité avec des informations utiles.
Déroulement
- L’IGH et ses règles. Pourquoi une tour ne s’évacue pas comme un immeuble ordinaire. Les compartiments, les portes, les escaliers, les ascenseurs. Le service central, le poste de sécurité, le mandataire de sécurité.
- Le service local de sécurité. Ce que dit le règlement. Qui est chef de compartiment, qui est équipier, qui remplace qui. La consigne de la tour et la consigne de l’entreprise : comment elles s’articulent.
- Visite commentée du compartiment. Limites du compartiment, portes coupe-feu, déclencheurs manuels, extincteurs, espaces d’attente sécurisés, escaliers, itinéraire vers le compartiment voisin.
- Exercice d’évacuation de première phase. Déclenchement simulé en accord avec le poste central, rôle de chacun, contrôle des locaux, fermeture des portes, comptage, compte rendu.
- Retour d’expérience. Ce qui a fonctionné, ce qui a manqué, ce qu’il faut corriger dans la consigne ou dans la liste des équipiers. Renseignement du registre.
- Évaluation et bilan. Questionnaire final, satisfaction, attestations.
Pour les établissements qui ne sont pas des IGH, le programme de base est celui de notre formation évacuation, guide-file et serre-file. Le rôle de chacun est détaillé dans l’article guide-file et serre-file : rôle et formation.
Combien de personnes former, et à quel rythme
Le minimum réglementaire
Dans une tour de bureaux, le service local d’un compartiment compte au moins un vingt-cinquième de ses occupants, avec un minimum de six personnes. Quelques exemples :
- compartiment de 100 occupants : 6 personnes, le minimum s’applique ;
- compartiment de 200 occupants : 8 personnes ;
- compartiment de 300 occupants : 12 personnes.
Ces personnes sont désignées parmi le personnel permanent, au prorata de l’effectif de chaque entreprise présente dans le compartiment.
Le nombre utile
Le minimum ne tient pas compte de la vie réelle d’un plateau de bureaux. Entre le télétravail, les congés, les déplacements et les départs, la moitié de l’équipe peut être absente un jour donné. Notre conseil : former nettement plus que le minimum, de façon que le compartiment dispose toujours de son effectif, y compris un vendredi d’août. Dans les entreprises qui pratiquent beaucoup le télétravail, former le double du minimum n’a rien d’excessif.
Le rythme
- Exercices : le Code du travail impose des exercices et essais au moins tous les six mois. Le règlement IGH prévoit un exercice d’évacuation de chaque compartiment au moins une fois par an.
- Formation initiale : dès la désignation, et à chaque arrivée d’une nouvelle entreprise dans la tour.
- Recyclage : les textes ne fixent pas de périodicité chiffrée pour la formation elle-même. Dans la pratique, un rappel annuel est l’usage le plus répandu. Nous recommandons de le coupler à l’exercice annuel du compartiment.
- Mise à jour : après un déménagement interne, un réaménagement de plateau, un changement de consigne ou un incident.
Organiser une campagne de formation dans une tour
Former dix personnes dans une PME est simple. Former les équipiers de vingt étages, répartis entre quinze sociétés, demande un peu de méthode. Voici comment nous procédons.
1. Un point de départ avec le service de sécurité
Avant toute chose, nous prenons contact avec le chef du service de sécurité incendie de la tour, et avec le mandataire de sécurité ou le gestionnaire. Nous récupérons les consignes, les plans des compartiments, l’organisation de l’évacuation et les contraintes d’accès. Rien n’est enseigné qui contredise la consigne de l’immeuble.
2. Un planning par compartiment
Les sessions sont regroupées par étage ou par compartiment, pour que les équipiers d’un même plateau se forment ensemble, même s’ils appartiennent à des sociétés différentes. Ce sont eux qui agiront côte à côte le jour venu.
3. Des demi-journées, sans immobiliser un plateau
Chaque module dure une demi-journée. Deux sessions peuvent se tenir dans la journée, matin et après-midi. Chaque équipier n’est mobilisé que quelques heures, et son plateau continue de fonctionner.
4. Une salle, une prise de courant
Le matériel de réalité virtuelle se transporte facilement. Il lui faut une salle de réunion dégagée et une alimentation électrique. Pas d’eau, pas d’évacuation de fumée, pas de zone à neutraliser.
5. Un exercice coordonné avec le poste central
La partie évacuation se fait toujours en accord avec le poste central de sécurité : qui déclenche quoi, à quelle heure, avec quelles zones informées. Un exercice surprise mal préparé dans une tour peut provoquer une évacuation réelle de plusieurs étages. Nous ne prenons pas ce risque.
6. Un compte rendu par compartiment
Après chaque session, vous recevez un compte rendu : personnes formées, résultats, points à corriger dans l’organisation de l’étage. Ce document rejoint le registre de sécurité.
Cette organisation est celle que nous proposons aux tours de La Défense : voir la page formation incendie à La Défense. La même organisation s’applique à Paris, à Lyon Part-Dieu, à Lille, à Marseille, à Nantes ou à Bordeaux.
Traçabilité, registre de sécurité et preuves
En matière d’incendie, ce qui n’est pas écrit n’existe pas. Le jour d’une visite de la commission de sécurité, d’un contrôle de l’inspection du travail ou d’un sinistre, on vous demandera des preuves. Une campagne de formation en IGH doit laisser derrière elle :
- la liste nominative des équipiers et du chef de compartiment, par compartiment, avec les suppléants ;
- les feuilles d’émargement de chaque session ;
- les attestations individuelles de formation ;
- les résultats des mises en situation en réalité virtuelle, stagiaire par stagiaire ;
- le compte rendu de l’exercice d’évacuation, avec les temps relevés et les observations ;
- la mention de la formation et de l’exercice dans le registre de sécurité.
Ces documents servent à deux niveaux. L’entreprise occupante prouve qu’elle a rempli ses obligations d’employeur. Le propriétaire ou le mandataire de sécurité prouve que le service local de chaque compartiment existe et qu’il a été instruit.
Financement et devis
TRINACRE Formations est certifié Qualiopi au titre des actions de formation. Nos formations peuvent donc être présentées à votre opérateur de compétences, selon votre branche et vos droits. Nous vous remettons la convention, le programme et les justificatifs nécessaires au dossier.
Le devis est établi par session ou pour une campagne complète, selon le nombre de compartiments et d’équipiers à former. En Île-de-France, les frais de déplacement sont inclus. Hors Île-de-France, ils sont facturés au réel, sur justificatifs.
Pour recevoir une proposition, il nous faut quatre informations : l’adresse de la tour, le nombre d’étages ou de compartiments concernés, l’effectif approximatif par étage, et le nom de votre interlocuteur au service de sécurité. Faites votre demande de devis ici, ou écrivez à infos@trinacre.fr.
Les erreurs que l’on voit le plus souvent
- Croire que le service de sécurité de la tour suffit. Les agents du poste central ne sont que quelques-uns. Ils ne peuvent pas être à tous les étages dans la première minute. C’est précisément pour cela que le règlement prévoit un service local.
- Désigner des équipiers sur le papier. Une liste affichée près de l’ascenseur, avec des noms de personnes parties depuis deux ans, ne protège personne.
- Former à l’extincteur sans parler de la tour. Une formation EPI standard, sans un mot sur le compartimentage ni sur les deux phases de l’évacuation, laisse les équipiers avec de mauvais réflexes.
- Oublier le chef de compartiment. Sans coordinateur, chacun rend compte de son côté, ou personne ne le fait.
- Oublier les suppléants. Le télétravail a vidé les étages certains jours. Le service local doit tenir ces jours-là aussi.
- Caler les portes coupe-feu. C’est l’erreur la plus banale et la plus grave. Une porte calée annule le compartimentage.
- Laisser chaque locataire s’organiser seul. Dans un compartiment partagé, trois entreprises qui se forment chacune de leur côté, avec trois discours différents, ne font pas une équipe.
- Faire l’exercice annuel sans retour d’expérience. Un exercice qui ne débouche sur aucune correction est un exercice perdu.
- Ne rien écrire. Sans émargement, sans attestation, sans mention au registre, la formation n’a pas d’existence aux yeux d’un contrôleur.
Questions fréquentes
Qui doit payer la formation des équipiers locaux de sécurité : le propriétaire ou les locataires ?
Le règlement impose aux occupants de participer au service local, et le Code du travail impose à chaque employeur de former ses salariés. La formation revient donc en principe à chaque entreprise occupante. Dans beaucoup de tours, le propriétaire ou le mandataire de sécurité organise une campagne commune et en répartit le coût dans les charges. Le bail et le règlement intérieur de l’immeuble précisent en général ce point.
Une formation EPI suffit-elle pour être équipier local de sécurité ?
Non. L’EPI sait éteindre un début de feu. L’ELS doit en plus connaître le compartimentage, diriger l’évacuation de première phase, prendre en charge les personnes en situation de handicap et rendre compte au poste central. Les deux modules se complètent.
Combien d’équipiers faut-il par étage ?
Dans un immeuble de bureaux classé GH W, au moins un vingt-cinquième des occupants du compartiment, avec un minimum de six personnes. Nous recommandons d’en former davantage pour couvrir les absences.
La réalité virtuelle est-elle reconnue comme une vraie formation à l’extincteur ?
Les textes demandent que les travailleurs apprennent à se servir des moyens de premier secours. Ils n’imposent pas de flamme réelle. Nos sessions associent la simulation, qui permet de répéter le geste, et la manipulation d’extincteurs réels. Chaque stagiaire repart avec une attestation, et ses résultats sont tracés.
Faut-il prévenir le poste central de sécurité avant la formation ?
Oui, toujours. La partie en réalité virtuelle ne produit ni fumée ni chaleur et ne sollicite pas la détection. La partie évacuation, elle, se prépare avec le chef du service de sécurité : horaires, zones concernées, déclenchement.
Combien de temps dure la formation ?
Une demi-journée par module, soit 3 h 30. Les deux modules peuvent se suivre le même jour ou sur deux dates.
Intervenez-vous en dehors de l’Île-de-France ?
Oui, dans toute la France. Le matériel de réalité virtuelle se transporte facilement, ce qui permet d’intervenir dans n’importe quelle tour, à Lyon, Lille, Marseille, Nantes, Bordeaux ou Strasbourg.
Formez-vous aussi les agents du service de sécurité de la tour ?
Non. Les agents du service central relèvent de la qualification SSIAP, délivrée par des organismes agréés. Nos formations s’adressent aux occupants : équipiers de première intervention, équipiers locaux de sécurité, chefs de compartiment, guides-files et serre-files.
Et pour une tour d’habitation, un hôtel ou un hôpital classé IGH ?
Les règles particulières changent selon la classe de l’immeuble. Le principe reste le même : le personnel présent doit savoir donner l’alerte, utiliser les moyens de premiers secours et appliquer les consignes d’évacuation. Nous adaptons le contenu à la classe de l’immeuble et à ses consignes.
Que se passe-t-il si un équipier quitte l’entreprise ?
La liste du service local doit être tenue à jour. Dès qu’un équipier part ou change d’étage, il faut désigner et former son remplaçant. C’est une des raisons pour lesquelles nous conseillons de former plus que le minimum.
En résumé
Dans un immeuble de grande hauteur, la sécurité incendie repose sur les murs, sur le service de sécurité et sur les occupants. Les murs sont là, le service de sécurité aussi. Les occupants, eux, doivent être désignés, formés et entraînés, étage par étage. La réalité virtuelle augmentée permet de le faire dans la tour, sans flamme, sans fumée, sans faire descendre personne, et avec une trace de chaque geste.
Si vous gérez une tour, si vous êtes mandataire de sécurité, ou si votre entreprise occupe plusieurs étages d’un IGH, parlons de votre situation. Demandez votre devis, appelez le 06 62 83 13 37 ou écrivez à infos@trinacre.fr. Vous recevez une proposition adaptée à votre immeuble et à vos effectifs.
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