Comment organiser la formation incendie en EHPAD quand la plupart des résidents ne peuvent pas évacuer seuls ? C’est la question que se posent les directrices, les cadres de santé et les responsables techniques, souvent à quelques semaines d’une visite de la commission de sécurité. La réponse tient en une idée simple : dans un EHPAD, on ne vide pas le bâtiment, on déplace les résidents menacés de quelques mètres, à l’horizontale, derrière une porte coupe-feu. Encore faut-il que chaque salarié, de jour comme de nuit, sache le faire sans réfléchir. Que vous parliez de formation incendie EHPAD ou de formation incendie en maison de retraite, le sujet est le même. Ce guide reprend, textes à l’appui, ce que la réglementation impose à un ERP de type J, comment se déroule un transfert horizontal, qui former, quoi mettre dans une formation incendie EHPAD, comment mener les exercices sans angoisser les résidents, et ce que la réalité virtuelle et la réalité augmentée changent concrètement dans un établissement où il est presque impossible d’allumer un vrai feu.
Sommaire
- Pourquoi l’incendie en EHPAD est un cas à part
- Ce que dit la réglementation : type J et Code du travail
- Le transfert horizontal : principe, déroulé, erreurs fréquentes
- Qui former en EHPAD
- Le contenu d’une formation incendie EHPAD
- Les exercices : fréquence, scénarios, traçabilité
- Bac à feu, réalité virtuelle et réalité augmentée en EHPAD
- Cas particuliers : unité protégée, résidence autonomie, accueil de jour, cuisine et lingerie
- Préparer la visite de la commission de sécurité
- Financement : OPCO Santé, ANFH, Qualiopi
- Check-list en 15 points
- FAQ : 12 questions sur la formation incendie en EHPAD
- Demander un devis
Pourquoi l’incendie en EHPAD est un cas à part
Dans un bureau, la consigne tient en une phrase : l’alarme sonne, tout le monde sort et se retrouve au point de rassemblement. Dans un EHPAD, cette consigne ne fonctionne pas. Une grande partie des résidents ne marche pas, ou marche lentement, ou ne comprend pas ce qu’on lui demande. Certains sont alités, d’autres sous oxygène, d’autres encore désorientés au point de retourner dans leur chambre une fois sortis. Faire descendre tout ce monde par les escaliers, de nuit, avec deux ou trois salariés, prendrait un temps que la fumée ne laisse pas.
La réglementation l’a écrit noir sur blanc. Elle part de « l’incapacité ou de la difficulté d’une partie du public reçu à pouvoir évacuer ou à être évacué rapidement » et en tire une organisation différente de celle des autres établissements recevant du public. On y reviendra en détail, mais retenez déjà ceci : la sécurité incendie en EHPAD repose sur le bâtiment (les murs, les portes, la détection) et sur les premières minutes d’action du personnel présent.
Des résidents dépendants, souvent incapables de réagir seuls
Un résident qui dort avec un somnifère n’entend pas forcément le détecteur. Un résident atteint de troubles cognitifs peut avoir peur du soignant qui vient le chercher, s’agripper au lit, refuser de sortir. Un résident en fauteuil a besoin que quelqu’un débloque les freins et pousse. Un résident alité doit être déplacé avec son matelas ou dans son drap. Chacune de ces situations demande un geste précis, que l’on ne découvre pas le jour du sinistre.
La nuit, des effectifs réduits
C’est la nuit que le risque humain est le plus élevé. Les résidents dorment, portes fermées. L’équipe est réduite à quelques personnes pour plusieurs niveaux. Il n’y a ni direction, ni agent technique, ni cuisine, ni animation. Les soignants de nuit doivent donc tout faire eux-mêmes : lire le tableau de signalisation, aller voir, sortir le résident, fermer la porte, appeler les secours, mettre à l’abri les chambres voisines et accueillir les sapeurs-pompiers. C’est pour cela qu’une formation incendie de nuit en EHPAD ne peut pas être une simple copie de la formation de jour.
La chambre, lieu de vie et lieu de départ de feu
La chambre d’un résident, c’est un petit logement : un lit, de la literie, des vêtements, un fauteuil, parfois des appareils électriques personnels, une multiprise, un chargeur, une lampe de chevet. Autant de combustibles et de sources d’allumage dans une pièce où dort une personne qui ne pourra pas fuir. Le feu de chambre et le feu de literie sont donc les deux scénarios à travailler en priorité, avant le feu de cuisine ou de local technique.
L’oxygène médical
Un résident sous oxygénothérapie, c’est une atmosphère localement enrichie en oxygène autour du lit. Les textiles s’enflamment plus facilement et brûlent plus vite. Le personnel doit savoir repérer ces chambres, connaître les gestes interdits et prévenir les secours de la présence de bouteilles ou de concentrateurs. Là encore, le règlement de sécurité contient des dispositions précises, détaillées plus bas.
Ce que dit la réglementation : type J et Code du travail
Deux familles de textes s’appliquent en même temps à un EHPAD. Le règlement de sécurité des établissements recevant du public (ERP) protège les résidents et les visiteurs. Le Code du travail protège les salariés. Les deux exigent de former le personnel et de faire des exercices. Il ne s’agit pas de choisir : il faut satisfaire les deux, et c’est assez simple à faire avec une seule organisation bien pensée.
L’EHPAD est un ERP de type J
Le type J a été créé par l’arrêté du 19 novembre 2001, qui a complété le règlement de sécurité du 25 juin 1980 par un chapitre consacré aux « structures d’accueil pour personnes âgées et personnes handicapées » (articles J 1 à J 40). L’article J 1 vise les établissements dont la vocation principale est d’héberger des personnes âgées présentant des difficultés d’autonomie, dès que la capacité d’hébergement est supérieure ou égale à 25. Pour les établissements hébergeant des personnes handicapées, le seuil est de 20.
Le même article donne le critère de dépendance : un groupe iso-ressources moyen pondéré (GMP) supérieur à 300, ou plus de 10 % de personnes hébergées relevant des GIR 1 et 2, conduit à appliquer le type J. C’est ce critère qui sépare, en pratique, l’EHPAD de la résidence pour personnes autonomes.
Deux précisions utiles :
- Les petits établissements. En dessous de 25 résidents (ou de 20 pour les personnes handicapées), l’établissement relève de la 5e catégorie. L’article PE 2 fixe à 7 le seuil à partir duquel ces petites structures sont soumises au règlement, avec les règles des petits établissements comportant des locaux à sommeil (articles PE) et celles des petits établissements de soins (articles PU, à deux exceptions près). Le personnel doit y être instruit de la conduite à tenir et entraîné à la manœuvre des moyens de secours (article PE 27), et l’alarme doit pouvoir être reçue en permanence par du personnel formé à la mise en œuvre des moyens de défense contre l’incendie et à l’alerte des sapeurs-pompiers (article PU 6).
- Les établissements anciens. Le type J date de 2001. Un bâtiment ouvert avant peut avoir été classé autrement à l’époque, notamment en type U (établissements de soins). Le classement qui vous concerne est celui qui figure sur le procès-verbal de la commission de sécurité et sur l’avis affiché à l’entrée. Dans les deux cas, type J ou type U avec locaux à sommeil, la logique est la même : le transfert horizontal et la formation de tout le personnel.
Le principe fondateur : l’article J 3
L’article J 3 pose le principe qui change tout. Le niveau de sécurité de l’établissement repose, « notamment au début de l’incendie, sur le transfert horizontal de ces personnes vers une zone contiguë suffisamment protégée ». Le texte ajoute que l’évacuation verticale de ces personnes « ne doit en effet être envisagée qu’en cas d’extrême nécessité ». Et il précise qu’elle reste la règle pour les personnes capables de se déplacer par leurs propres moyens.
Pour atteindre cet objectif, l’article retient quatre principes : le renforcement de l’isolement, un large emploi de la détection automatique pour une alarme précoce, le désenfumage des circulations, et la sensibilisation et la formation du personnel aux tâches de sécurité. La formation n’est donc pas un supplément : elle fait partie des quatre piliers sur lesquels le bâtiment a été autorisé à ouvrir.
Le bâtiment : zones, portes, détection, alarme
Chaque niveau recevant du public (sauf ceux de plain-pied sur l’extérieur) doit être recoupé au moins une fois par une cloison coupe-feu, de façade à façade, pour former des zones de capacité équivalente (article J 10). Les portes entre zones sont à fermeture automatique, asservie à la détection incendie. Les zones qui comportent des chambres sont limitées à 14 résidents et à 600 mètres carrés (article J 12). C’est ce découpage qui rend le transfert horizontal possible : il y a toujours, au même étage, une zone voisine protégée où emmener les résidents.
Côté équipements, l’article J 36 impose un système de sécurité incendie (SSI) de catégorie A dans tous les établissements, avec des détecteurs automatiques dans l’ensemble des locaux, à l’exception des escaliers et des sanitaires. Les détecteurs de chambre ont un indicateur d’action visible depuis le couloir : c’est la petite lampe au-dessus de la porte qui vous dit dans quelle chambre aller. La détection déclenche sans aucune temporisation l’alarme, la fermeture des portes de la zone sinistrée, le déverrouillage des issues, le non-arrêt des ascenseurs dans la zone et, selon les locaux, le désenfumage.
L’alarme est de type 1 (article J 37). Elle diffuse une alarme générale sélective, c’est-à-dire, selon la définition du règlement, une alarme « limitée à l’information de certaines catégories de personnel ». Autrement dit, ce ne sont pas les résidents que l’on prévient par une sirène, c’est le personnel. Un tableau répétiteur à chaque niveau indique la zone de détection concernée. Lire ce tableau en dix secondes fait partie des compétences à acquérir.
Ce que le type J impose pour le personnel
- Article J 35. La surveillance de l’établissement est assurée par des employés spécialement désignés et entraînés à la mise en œuvre des moyens de secours. Son organisation relève de la responsabilité du chef d’établissement. Le personnel affecté à la surveillance doit être formé à l’évacuation des résidents par transfert horizontal avant l’arrivée des secours, et à l’exploitation du SSI.
- Article J 39. Tout le personnel de l’établissement doit être mis en garde contre les dangers d’un incendie et informé de consignes très précises pour limiter l’action du feu et assurer l’évacuation du public. Des exercices pratiques, destinés à instruire le personnel sur la conduite à tenir, doivent avoir lieu au moins une fois par semestre.
- Article J 40. Les consignes sont remises à chacun des résidents, portées à la connaissance du personnel et affichées dans les parties collectives.
Le texte dit « tout le personnel ». Il ne distingue ni le jour de la nuit, ni le soignant de l’agent de service. Comme la surveillance doit être assurée en permanence, les équipes de nuit sont concernées au premier chef.
Les articles MS du règlement ERP
Les dispositions générales complètent le type J. L’article MS 46 définit les missions du service de sécurité : connaître et faire appliquer les consignes, prendre les premières mesures, garder les cheminements libres, diriger les secours en attendant les sapeurs-pompiers puis se mettre à leur disposition, veiller au bon fonctionnement du matériel. L’article MS 47 exige des consignes précises, tenues à jour et affichées. L’article MS 48 prévoit que les personnes désignées par l’exploitant reçoivent une formation, conduite à son initiative et sous sa responsabilité, et que les commissions de sécurité contrôlent cette instruction lors de leurs visites. L’article MS 51 impose des exercices d’instruction du personnel, dont la date est portée sur le registre de sécurité. L’article MS 52 traite de la présence de l’exploitant ou de son représentant. L’article MS 69 ajoute que le personnel doit être initié au fonctionnement du système d’alarme.
Pour une vue plus large sur les autres types d’établissements, voyez notre page formation incendie en ERP.
Le Code du travail, pour les salariés
L’EHPAD est aussi un lieu de travail. Le Code du travail s’applique aux employeurs privés, et sa partie santé et sécurité s’applique également aux établissements de santé, sociaux et médico-sociaux de la fonction publique hospitalière (article L4111-1). Les articles à connaître :
- R4227-28 et R4227-29 : l’employeur prend les mesures nécessaires pour que tout commencement d’incendie puisse être rapidement et efficacement combattu. Le premier secours est assuré par des extincteurs en nombre suffisant et en bon état.
- R4227-37 et R4227-38 : dans les établissements où plus de cinquante personnes peuvent être réunies, une consigne de sécurité incendie est établie et affichée. Elle désigne notamment le matériel, les personnes chargées de le mettre en action, celles qui dirigent l’évacuation, les mesures pour les personnes handicapées et les moyens d’alerte.
- R4227-39 : la consigne prévoit des essais et des visites périodiques du matériel, et des exercices au cours desquels les travailleurs apprennent à reconnaître le signal d’alarme, à se servir des moyens de premier secours et à exécuter les manœuvres nécessaires. Ces exercices et essais ont lieu au moins tous les six mois. Leur date et les observations sont consignées sur un registre tenu à la disposition de l’inspection du travail.
- L4141-2 et R4141-2 : la formation à la sécurité est due à l’embauche, lors d’un changement de poste, et aux salariés temporaires. Elle est dispensée « lors de l’embauche et chaque fois que nécessaire ».
- R4121-1 : l’employeur transcrit l’évaluation des risques dans le document unique (DUERP). Le risque incendie y a sa place, unité de travail par unité de travail : étages d’hébergement, cuisine, lingerie, locaux techniques, travail de nuit.
Sur le rythme des recyclages, deux articles détaillés : la formation incendie est obligatoire tous les combien ? et l’exercice incendie tous les six mois.
Et le secourisme ?
L’article R4224-15 impose la présence d’un secouriste dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux et sur certains chantiers. Il ne vise pas l’EHPAD en tant que tel. En revanche, l’article R4224-16 demande à l’employeur, lorsqu’une présence infirmière permanente n’est pas assurée, de prendre les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours, après avis du médecin du travail. La nuit, quand il n’y a pas d’infirmière sur place, la question se pose très concrètement. Former des sauveteurs secouristes du travail parmi les aides-soignants, les agents de service et les équipes de nuit est la réponse la plus courante. Voir notre formation SST.
Tableau récapitulatif
| Texte | Ce qu’il impose | Ce que cela veut dire pour vous |
|---|---|---|
| Arrêté du 19 novembre 2001, article J 1 | Classement en type J à partir de 25 résidents âgés dépendants (20 pour les personnes handicapées) | Vérifier le type et la catégorie sur l’avis affiché à l’entrée |
| Article J 3 | Transfert horizontal vers une zone contiguë protégée, évacuation verticale en cas d’extrême nécessité | La consigne n’est pas « tout le monde dehors » |
| Articles J 10 et J 12 | Niveaux recoupés en zones, portes à fermeture automatique, 14 résidents par zone de chambres | Chaque salarié doit savoir où passe la limite de sa zone |
| Article J 35 | Personnel de surveillance désigné, entraîné, formé au transfert horizontal et à l’exploitation du SSI | Concerne en premier lieu les équipes de nuit |
| Articles J 36 et J 37 | SSI de catégorie A, détection généralisée, alarme de type 1, alarme générale sélective, tableau répétiteur par niveau | Savoir lire le tableau et interpréter le signal |
| Article J 39 | Information de tout le personnel, exercices pratiques au moins une fois par semestre | Deux exercices par an au minimum, tracés |
| Article J 40 | Consignes remises aux résidents, connues du personnel, affichées | Consignes à jour et réellement lues |
| Articles MS 46 à MS 52 | Missions du service de sécurité, consignes, formation, exercices d’instruction, présence de l’exploitant | Dates des exercices sur le registre de sécurité |
| Articles PE 2, PE 27, PE 37 et PU 6 | Règles des petits établissements de 5e catégorie avec locaux à sommeil | Les petites structures forment aussi leur personnel |
| Code de la construction et de l’habitation, article R143-44 | Registre de sécurité | Document présenté à la commission |
| Code du travail, R4227-28 et R4227-29 | Moyens de combattre tout commencement d’incendie, extincteurs | Savoir se servir d’un extincteur |
| Code du travail, R4227-37 à R4227-39 | Consigne de sécurité incendie, exercices et essais au moins tous les six mois, registre | Même rythme que le type J : un seul calendrier pour les deux |
| Code du travail, L4141-2 et R4141-2 | Formation à la sécurité à l’embauche et pour les salariés temporaires | Accueil sécurité des nouveaux et des intérimaires |
| Code du travail, R4121-1 | Document unique d’évaluation des risques | Risque incendie évalué par unité de travail |
| Code du travail, L4141-4 et R4141-5 | Formation à la sécurité financée par l’employeur, sur le temps de travail | Sessions planifiées sur les horaires, y compris de nuit |
| Code du travail, R4224-16 | Organisation des premiers secours en l’absence d’infirmier | Secouristes formés, surtout la nuit |
Le transfert horizontal : principe, déroulé, erreurs fréquentes
Le principe en trois phrases
Un feu de chambre produit beaucoup de fumée, très vite. On ne cherche pas à sortir tous les résidents du bâtiment. On sort la personne de la chambre en feu, on ferme la porte, puis on déplace les résidents de la zone touchée vers la zone voisine du même étage, derrière la porte coupe-feu, où ils sont à l’abri le temps que les sapeurs-pompiers arrivent.
Le transfert horizontal en EHPAD s’appuie sur trois barrières successives. La porte de la chambre, fermée, retient la fumée et les flammes un certain temps. La porte de recoupement entre zones, qui se ferme automatiquement, protège la zone refuge. Le désenfumage du couloir, déclenché par la détection, garde la circulation praticable pour le personnel et les secours. Tout l’enjeu de la formation est d’apprendre à utiliser ces trois barrières au lieu de les annuler par un mauvais réflexe.
Le déroulé pas à pas
- Le signal. L’alarme générale sélective retentit, ou le report d’alarme sonne. Vous arrêtez le soin en cours en mettant le résident en sécurité.
- La lecture du tableau. Le tableau répétiteur de l’étage, ou le tableau principal, indique la zone en détection. Vous notez la zone, vous ne perdez pas de temps à chercher la cause sur l’écran.
- La levée de doute. Vous vous rendez dans la zone, à deux si possible, avec un moyen de communication et le passe. Dans le couloir, l’indicateur d’action allumé au-dessus d’une porte désigne la chambre.
- L’ouverture de la porte. Vous touchez la porte et la poignée avec le dos de la main. Si elle est chaude ou si de la fumée passe en dessous, vous n’ouvrez pas en grand. Sinon, vous ouvrez en restant baissé, protégé par le battant.
- La mise en sécurité du résident de la chambre. Si c’est possible sans vous mettre en danger, vous sortez la personne. C’est la priorité absolue, avant l’extincteur.
- La porte fermée. Vous refermez la porte de la chambre. Ce geste simple est celui qui sauve le plus de vies : il prive le feu d’air et garde la fumée dans la pièce.
- L’alerte. Vous appelez ou faites appeler les sapeurs-pompiers (18 ou 112) avec un message clair : nom et adresse de l’établissement, étage, zone, nature du feu, nombre de résidents concernés. Vous confirmez même si une transmission automatique existe.
- L’attaque du feu, si elle est possible. Si le foyer est petit, que vous êtes formé et que votre sortie reste libre, vous utilisez l’extincteur le plus proche. Sinon, vous laissez la porte fermée et vous passez à la suite.
- Le transfert des chambres voisines. Vous commencez par les chambres contiguës et celle d’en face, puis vous remontez le couloir en vous éloignant du feu, en direction de la porte de recoupement.
- Le passage en zone protégée. Les résidents sont installés au-delà de la porte coupe-feu, dans la zone voisine. La porte est refermée derrière chaque passage. On ne la cale jamais.
- Le pointage. Vous comptez les résidents transférés et vous vérifiez chaque chambre de la zone, salles de bain comprises. Une porte de chambre vérifiée est refermée.
- L’accueil des secours. Une personne attend les sapeurs-pompiers à l’entrée, avec les clés, le plan, la zone concernée, le nombre de résidents transférés, ceux qui manquent, et la présence éventuelle d’oxygène.
Les résidents valides sont guidés vers la zone protégée ou vers la sortie par un cheminement qui ne traverse pas la zone sinistrée. Quant à l’évacuation verticale des personnes dépendantes, elle se décide avec les secours, si la situation l’exige.
Les erreurs fréquentes
- Laisser la porte de la chambre ouverte. En quelques instants, le couloir devient impraticable et toute la zone est menacée.
- Caler une porte coupe-feu avec un chariot, une chaise ou un coin en bois « pour aller plus vite ». Une porte calée ne protège plus personne.
- Vouloir éteindre avant de sortir le résident. Le temps perdu avec l’extincteur est celui qui manque ensuite pour le sauvetage.
- Acquitter ou réarmer le tableau sans être allé voir. Une alarme se vérifie toujours sur place.
- Partir seul sans prévenir. Le collègue ne sait pas où vous êtes et personne n’appelle les secours.
- Prendre l’ascenseur pour gagner l’étage concerné ou pour descendre des résidents.
- Faire descendre tout l’étage par l’escalier. C’est long, dangereux pour les résidents comme pour le personnel, et contraire au principe du type J.
- Transférer vers la mauvaise zone, en traversant la fumée, parce que personne n’a repéré à l’avance où se trouve la porte de recoupement.
- Encombrer le couloir de lits, de fauteuils et de chariots, ce qui bloque les collègues et les secours.
- Oublier le pointage. Un résident déambulant retourne facilement dans sa chambre.
- Ne pas confirmer l’alerte en pensant que « ça part tout seul chez les pompiers ».
Qui former en EHPAD
La réponse du texte est courte : tout le personnel (article J 39). La réponse du terrain est la même, parce que le feu ne choisit ni son heure ni son témoin. La personne qui découvre un départ de feu en lingerie à 6 h 30 n’est pas une infirmière.
Les soignants
Infirmières, aides-soignants, accompagnants éducatifs et sociaux, agents de soins : ils sont dans les étages, connaissent les résidents et savent qui marche, qui est alité, qui est sous oxygène. Ce sont eux qui réalisent le transfert horizontal. Leur formation doit insister sur la lecture du tableau, la levée de doute, la chambre et les techniques de dégagement.
Les agents de service hôtelier
Les ASH passent leur journée dans les chambres et les couloirs. Ils sont souvent les premiers témoins. Ils manipulent aussi les chariots qui, mal rangés, bloquent les portes coupe-feu. Leur rôle est le même que celui des soignants dans les premières minutes.
La cuisine et la lingerie
Ce sont les deux secteurs où le risque de départ de feu est le plus classique : friteuse, hotte, plaques, sèche-linge, peluches, linge chaud empilé. Le règlement classe d’ailleurs les lingeries, les buanderies et les cuisines collectives dépassant une certaine puissance parmi les locaux à risques particuliers (article J 16). Ces équipes ont besoin d’une formation ciblée : coupure des énergies, feu de friteuse, couverture, extincteur adapté, porte fermée.
L’administratif, l’animation, la maintenance
L’accueil reçoit souvent le report d’alarme et le téléphone : c’est lui qui passe ou confirme l’alerte et qui guide les secours. L’animation encadre des groupes de résidents dans une salle commune, avec parfois des familles. L’agent de maintenance connaît les coupures d’énergie et le SSI. Personne n’est « hors sujet ».
Les équipes de nuit
Elles sont peu nombreuses, isolées, et ce sont elles qui portent la surveillance au sens de l’article J 35 pendant une bonne partie des vingt-quatre heures. Elles doivent donc maîtriser le transfert horizontal et l’exploitation du SSI. Or ce sont souvent les oubliées des sessions organisées à 14 heures. Une formation incendie de nuit en EHPAD se planifie sur leurs horaires, ou juste avant leur prise de poste, avec leurs effectifs réels et leurs propres scénarios.
Les intérimaires, les vacataires et les remplaçants
Le Code du travail prévoit une formation pratique et appropriée à la sécurité pour les salariés temporaires (article L4141-2). Dans un EHPAD qui tourne avec beaucoup de remplacements, attendre la prochaine session annuelle n’a pas de sens. La bonne méthode tient en trois éléments :
- un accueil sécurité de quelques minutes à la prise de poste, fait par un référent : où est le tableau, où est la porte coupe-feu de la zone, où sont les extincteurs, quel est le numéro interne, qui appelle les secours ;
- une fiche réflexe d’une page glissée dans le dossier d’accueil et affichée en salle de soins ;
- une trace écrite : nom, date, signature, pour le registre.
Les remplaçants réguliers, eux, sont inscrits aux sessions comme les titulaires. Pensez aussi aux étudiants en stage, aux bénévoles et aux intervenants libéraux réguliers : une information courte et tracée vaut mieux que rien.
Les référents
Un ou deux référents incendie par équipe, y compris la nuit, font vivre la formation entre deux sessions : accueil des nouveaux, rondes, vérification des portes, rappel des consignes en transmission, préparation des exercices. Dans les étages, ce rôle rejoint celui des guides et serre-files, adapté au contexte du transfert horizontal. Voir notre article sur le rôle du guide-file et du serre-file.
Un mot sur les agents de sécurité incendie : certains grands établissements en emploient. Leur qualification SSIAP est délivrée par des centres agréés. Elle ne dispense pas de former le reste du personnel, puisque l’article J 39 vise tout le monde.
Le contenu d’une formation incendie EHPAD
Une bonne formation du personnel d’EHPAD à l’incendie ne ressemble pas à une formation de bureau. Elle part de vos locaux, de votre SSI, de vos résidents et de vos effectifs réels. Voici les blocs à couvrir.
L’alarme et la lecture du tableau de signalisation
Reconnaître le son de l’alarme générale sélective. Savoir où sont le tableau principal et les tableaux répétiteurs. Lire une zone de détection et la traduire en lieu réel : quel étage, quelle aile, quelles chambres. Distinguer une alarme feu d’un dérangement. Savoir ce qu’on a le droit de toucher et ce qu’on ne touche pas. L’exploitation du SSI en EHPAD fait partie de la formation exigée pour le personnel de surveillance (article J 35), et le règlement demande que le personnel soit initié au fonctionnement du système d’alarme (article MS 69).
La levée de doute
Y aller, toujours. À deux si possible. Avec un téléphone et le passe. Repérer l’indicateur d’action. Toucher la porte. Ouvrir prudemment. Rendre compte. Cet enchaînement doit devenir automatique.
Les extincteurs
Dans un type J, la défense de base est assurée par des extincteurs à eau pulvérisée de 6 litres minimum, à raison d’un appareil au moins pour 200 mètres carrés et par niveau, à moins de 15 mètres de tout point, complétés par des extincteurs adaptés aux risques particuliers (article J 34). La formation apprend à choisir l’appareil, à le dégoupiller, à le tester, à viser la base des flammes, à garder une issue dans le dos, et à renoncer quand le feu est trop développé. C’est le contenu de la formation équipier de première intervention, adaptée ici au contexte de la chambre.
Le feu de chambre
Scénario numéro un. Poubelle, fauteuil, rideau, appareil électrique personnel. On travaille l’ordre des gestes : le résident d’abord, la porte ensuite, l’alerte, puis seulement l’extincteur si c’est raisonnable.
Le feu de literie
Le résident est dans le lit ou tout près. Il faut l’en extraire avant toute autre chose. Une couverture ou un drap peut servir à étouffer des flammes sur des vêtements. Les matelas produisent une fumée abondante et toxique : on ne reste pas dans la pièce pour finir d’éteindre si l’air devient irrespirable.
Le feu d’origine électrique
Multiprise surchargée, chargeur, lit médicalisé, appareil de la salle de soins, armoire électrique, sèche-linge. Le réflexe : couper l’alimentation quand c’est possible, choisir l’extincteur adapté, respecter les indications portées sur l’appareil. Pour aller plus loin : le feu électrique au travail.
L’oxygène médical
Le type J interdit les installations fixes de distribution de gaz médicaux : seuls les équipements mobiles individuels d’oxygénothérapie sont autorisés (article J 32). Dans la même section consacrée aux fluides médicaux, le règlement demande que des consignes très strictes soient données et rappelées périodiquement à tout le personnel : ne jamais graisser les organes de distribution, ne pas mettre l’oxygène en contact avec des corps gras, ne pas fumer ni utiliser de flamme ou d’appareil produisant des étincelles à proximité, manipuler les récipients avec précaution et loin des sources de chaleur. En formation, on apprend à repérer les chambres concernées, à arrêter le débit si c’est possible sans risque, à éloigner la bouteille du foyer et à signaler sa présence aux sapeurs-pompiers.
La fermeture des portes
Porte de la chambre, porte de recoupement, porte de l’escalier, porte de la lingerie. On explique pourquoi elles existent, comment elles se ferment toutes seules, pourquoi on ne les cale pas, et comment vérifier qu’elles ferment vraiment. C’est le chapitre le plus simple et le plus rentable.
Le transfert horizontal sur vos plans
Chaque stagiaire doit savoir répondre à trois questions pour son étage : où s’arrête ma zone, où est la porte coupe-feu, où est-ce que j’installe les résidents de l’autre côté. On le fait sur le plan, puis en marchant dans le couloir.
Les techniques de dégagement d’un résident non valide
Selon l’état du résident et le matériel disponible : accompagnement à la marche, fauteuil roulant, lit roulé si les largeurs le permettent, traction au sol sur le drap ou sur le matelas, drap de transfert, portage à deux. On les pratique avec un mannequin ou entre collègues, jamais en force. Le lien avec les bonnes pratiques de gestes et postures est direct : un soignant qui se blesse le dos au premier résident ne sortira pas le second.
L’accueil des secours
Qui va à l’entrée, avec quoi, pour dire quoi. Le message d’alerte, les clés, le plan, la zone, le nombre de résidents transférés, les manquants, l’oxygène, les coupures d’énergie. Les consignes du règlement prévoient explicitement l’accueil et le guidage des sapeurs-pompiers (article MS 47).
À ces blocs s’ajoutent, selon vos besoins, l’évacuation des personnes valides, des visiteurs et des bureaux, traitée dans notre formation évacuation.
Les exercices : fréquence, scénarios, traçabilité
La fréquence
Le type J demande des exercices pratiques au moins une fois par semestre (article J 39). Le Code du travail demande des exercices et des essais périodiques au moins tous les six mois (article R4227-39). Les deux textes convergent : deux exercices par an au minimum. Rien n’interdit d’en faire davantage, et c’est même le seul moyen de toucher toutes les équipes quand les plannings tournent.
Un exercice par semestre réalisé toujours avec la même équipe du matin ne remplit pas l’esprit du texte, qui vise tout le personnel. Répartissez les exercices pour que chaque équipe, y compris celle de nuit, en vive au moins un dans l’année.
Des scénarios de jour
- Feu de poubelle dans une chambre du premier étage, résident alité, à l’heure des toilettes.
- Feu de sèche-linge en lingerie, en début de matinée.
- Feu de friteuse en cuisine pendant le service du déjeuner.
- Détection dans un local de stockage pendant une animation en salle commune avec des familles.
- Feu d’un fauteuil dans un salon d’étage.
Des scénarios de nuit
- Feu de literie à 3 heures, deux soignants pour tout le bâtiment, un résident sous oxygène dans la chambre voisine.
- Détection dans une chambre de l’unité protégée, résidents déambulants.
- Alarme en dérangement puis alarme feu réelle : qui va voir, qui reste au tableau, qui appelle.
- Feu au niveau du local technique du rez-de-chaussée alors que l’équipe est à l’étage.
Le scénario de nuit se joue avec l’effectif réel de nuit. Si l’exercice est fait à quinze heures avec dix personnes, il ne prouve rien pour trois heures du matin.
Mener un exercice sans angoisser les résidents ni interrompre les soins
Un exercice d’évacuation en EHPAD n’est pas une sirène suivie d’un rassemblement sur le parking. Quelques règles simples le rendent supportable et utile :
- Prévenir les résidents, les familles présentes et le médecin coordonnateur. Un exercice surprise pour le personnel n’a pas à être une surprise pour les résidents.
- Choisir le créneau : en dehors des toilettes, des repas, de la distribution des médicaments et des transmissions.
- Limiter la zone : un étage, une aile, une zone de compartimentage. Le reste de l’établissement vit normalement.
- Ne pas déplacer les résidents fragiles. Un mannequin, un collègue volontaire ou un lit vide joue le rôle du résident alité. Les résidents volontaires et valides peuvent participer, accompagnés.
- Maintenir la continuité des soins : une personne reste disponible pour les sonnettes et les urgences pendant toute la durée de l’exercice.
- Matérialiser le feu sans fumée ni flamme : une balise, un panneau, ou un feu simulé en réalité augmentée dans la chambre choisie.
- Chronométrer les étapes clés : temps pour arriver à la chambre, pour fermer la porte, pour passer l’alerte, pour vider la zone.
- Débriefer à chaud, dix minutes, sans chercher de coupable : ce qui a marché, ce qui a coincé, ce qu’on change.
Il faut aussi s’entendre avec l’entreprise chargée de la maintenance du SSI et, si l’alarme est reliée à un centre de télésurveillance ou aux secours, les prévenir avant et après l’exercice.
La traçabilité
Un exercice qui n’est pas écrit n’existe pas pour la commission de sécurité ni pour l’inspection du travail. Le règlement ERP demande que la date des exercices d’instruction figure au registre de sécurité (article MS 51). Le Code du travail demande que la date et les observations soient consignées sur un registre (article R4227-39). Gardez pour chaque exercice :
- la date, l’heure, l’équipe concernée (jour ou nuit) et la zone ;
- le scénario joué ;
- la liste des participants, émargée ;
- les temps relevés ;
- les observations et les écarts constatés ;
- les actions correctives, avec un responsable et une échéance.
Bac à feu, réalité virtuelle et réalité augmentée en EHPAD
Pourquoi le bac à feu est quasiment impossible en EHPAD
Le bac à feu est l’outil classique de la formation à l’extincteur : un foyer réel, dehors, que chaque stagiaire vient éteindre. Dans un EHPAD, il se heurte à presque tout :
- il faut un espace extérieur dégagé, ce que beaucoup d’établissements de ville n’ont pas ;
- la fumée et l’odeur peuvent entrer par les fenêtres des chambres, chez des résidents fragiles sur le plan respiratoire ;
- des flammes visibles depuis les chambres inquiètent les résidents désorientés et leurs familles ;
- il dépend de la météo ;
- il oblige les stagiaires à quitter les étages pour se regrouper dehors, donc à dégarnir les services ;
- il n’entraîne qu’à une chose, éteindre un foyer en plein air, alors que la difficulté en EHPAD est ailleurs : la chambre, la porte, le résident, le couloir, la zone.
Résultat : la partie pratique est souvent réduite à une vidéo et à quelques explications, et le personnel n’a jamais vraiment « vu » un feu dans son propre service.
Ce qu’apporte la réalité virtuelle
Avec un casque de réalité virtuelle, le stagiaire est plongé dans une scène d’incendie réaliste. Il voit le feu grandir, la fumée descendre du plafond, la visibilité se réduire. Il doit décider, attraper le bon extincteur, se placer, éteindre ou renoncer. Il peut se tromper, recommencer, et comprendre pourquoi une porte laissée ouverte change tout. Aucun risque, aucune flamme, aucune fumée dans l’établissement.
Ce qu’apporte la réalité augmentée
En réalité augmentée, le feu apparaît dans vos vrais locaux. Le stagiaire voit sa chambre, son couloir, son office, sa lingerie, avec un départ de feu superposé à l’endroit choisi. Il s’entraîne donc là où il travaille, avec ses vrais repères : le vrai extincteur accroché au mur, la vraie porte coupe-feu, la vraie distance jusqu’à la zone protégée. Les résidents, eux, ne voient ni flamme ni fumée, puisqu’il n’y en a pas.
Pourquoi ce format colle au fonctionnement d’un EHPAD
- Par binômes. Deux salariés à la fois, comme dans la réalité d’une levée de doute.
- Sans mobiliser toute l’équipe en même temps. Les autres restent auprès des résidents, les sonnettes sont prises en charge.
- Des sessions courtes, répétées sur la journée. Les passages se calent entre les soins, les repas et les transmissions.
- Sur place. Personne ne quitte l’établissement.
- Sans flamme ni fumée pour les résidents. Rien ne déclenche le SSI, rien n’inquiète les familles.
- Des sessions possibles pour l’équipe de nuit, sur leurs horaires ou à la prise de poste.
- Des scénarios adaptés : chambre, literie, appareil électrique, cuisine, lingerie.
La simulation ne remplace pas le reste. Elle se combine avec la visite des locaux, la lecture du tableau de signalisation, les techniques de dégagement et l’exercice de transfert horizontal. Si vous tenez à une manipulation d’extincteur réel en complément, parlons-en au moment de préparer l’intervention. Le détail du dispositif est présenté sur la page formation incendie en réalité virtuelle et augmentée.
Déroulé type d’une journée d’intervention
Chaque établissement a ses contraintes. Le déroulé ci-dessous est un exemple d’organisation, à ajuster avec la direction et les cadres avant la venue du formateur.
- Avant la journée : échange sur vos plans, votre découpage en zones, votre SSI, vos consignes, vos effectifs de jour et de nuit, et sur la liste des participants par créneau.
- À l’arrivée : repérage des lieux avec la direction ou le référent, choix des chambres et des locaux utilisés, installation du matériel dans une pièce qui ne gêne pas les soins.
- Dans la matinée : passages successifs de petits groupes. Rappel des consignes propres à l’établissement, lecture du tableau, puis mise en situation par binômes avec le casque.
- Autour des repas : pause calée sur le service, pour ne pas priver la salle à manger de personnel.
- Dans l’après-midi : nouveaux groupes, avec les équipes d’après-midi. Parcours dans le couloir : porte de chambre, porte de recoupement, zone protégée, dégagement d’un résident non valide avec un mannequin ou un collègue.
- En fin de journée ou en soirée, si vous le souhaitez : session dédiée à l’équipe de nuit, avec son effectif réel et un scénario de nuit.
- En clôture : débriefing avec la direction, remarques sur les locaux et les consignes, émargements et attestations pour votre registre.
Qui intervient
TRINACRE Formations est un organisme de formation certifié Qualiopi, spécialisé en sécurité incendie, évacuation et SST. Il se déplace dans vos locaux, à Paris, en Île-de-France et partout en France. Son gérant, David Morandi, a 26 ans d’expérience dans la sécurité incendie, la sûreté et la prévention des risques, dont une longue expérience comme chef d’équipe de sécurité incendie sur des sites hospitaliers. Il est titulaire du SSIAP 3 et formateur SST habilité INRS/FORPREV depuis 2012. Le transfert horizontal, les services de nuit et les patients qui ne peuvent pas se lever, c’est un terrain connu.
Pour un EHPAD d’Île-de-France comme pour un établissement en région, le plus simple est de décrire votre situation (nombre d’étages, nombre de salariés, équipes de nuit) dans une demande de devis.
Cas particuliers : unité protégée, résidence autonomie, accueil de jour, cuisine et lingerie
L’unité protégée Alzheimer
Dans une unité de vie protégée, les portes sont verrouillées pour éviter les sorties à risque. Le règlement l’admet pour des contraintes impératives d’exploitation, à condition que ces portes se déverrouillent en cas de détection (articles J 21 et J 36). Il admet aussi la fermeture à clé des chambres, à condition que chaque personne affectée à la surveillance ait une clé ouvrant toutes les portes. Autre particularité : dans les zones accueillant des personnes désorientées, les déclencheurs manuels peuvent, à titre exceptionnel et après avis de la commission de sécurité, être installés uniquement dans les locaux accessibles au personnel (article J 37).
Pour la formation, cela change plusieurs choses :
- le personnel doit savoir où sont les déclencheurs manuels, puisqu’ils ne sont pas forcément dans le couloir ;
- quand les portes se déverrouillent, des résidents peuvent sortir de l’unité : il faut quelqu’un pour les regrouper et les surveiller en zone protégée ;
- les résidents ne suivent pas une consigne : on les accompagne par la main, on parle calmement, on évite de crier ;
- un résident déjà transféré peut repartir vers sa chambre : le pointage se refait plusieurs fois ;
- le passe doit être sur soi, pas dans un tiroir de la salle de soins.
Les résidences autonomie : ce n’est pas un EHPAD
Une résidence autonomie (l’ancien logement-foyer) accueille en principe des personnes âgées autonomes, dans de vrais logements. Son classement au regard de l’incendie n’est pas automatiquement celui d’un EHPAD. Une circulaire interministérielle de 2007 (n° 2007-36) a précisé la règle : les établissements dont le GMP ne dépasse pas 300 et qui comptent au plus 10 % de résidents en GIR 1 et 2 relèvent de la réglementation des bâtiments d’habitation (arrêté du 31 janvier 1986). Au-delà de l’un de ces seuils, c’est le type J qui s’applique, comme le prévoit l’article J 1. Par ailleurs, les locaux collectifs de plus de 50 mètres carrés d’un logement-foyer non classé en type J sont traités comme un ERP de 5e catégorie (article PE 2).
Soyez prudent : le classement réel d’une résidence dépend de son dossier, de son niveau de dépendance et de l’avis de la commission de sécurité. Dans une résidence classée en habitation, la consigne habituelle pour un résident dont le logement n’est pas touché n’est pas la même que dans un EHPAD, et le personnel est beaucoup moins nombreux, voire absent la nuit. Les salariés restent couverts par le Code du travail : consignes, exercices, extincteurs. La formation s’adapte donc au classement, qu’il faut vérifier avant de bâtir le programme.
L’accueil de jour
Les personnes accueillies à la journée ne dorment pas sur place, connaissent mal les lieux et arrivent souvent avec des troubles cognitifs. Quand l’accueil de jour est intégré à l’EHPAD, il suit les consignes de l’établissement. Quand il est installé dans un bâtiment distinct, son classement peut être différent : il faut le vérifier dans le dossier de sécurité. Dans tous les cas, l’équipe doit tenir une liste de présence à jour, connaître la sortie ou la zone protégée la plus proche et savoir qui accompagne qui.
La cuisine
Le feu de friteuse ou de bac de cuisson ne s’éteint pas à l’eau. On coupe l’énergie, on couvre, on utilise le moyen d’extinction prévu pour ce risque, on ferme la porte de la cuisine. L’équipe de cuisine doit connaître l’emplacement des coupures d’urgence et le fonctionnement de la hotte. Si la cuisine est gérée par un prestataire, ses salariés doivent être intégrés à vos consignes et à vos exercices : c’est un point à écrire dans le plan de prévention.
La lingerie
Sèche-linge mal dépoussiéré, filtre plein de peluches, linge chaud empilé en tas en fin de cycle : les départs de feu en lingerie sont souvent des feux couvants, découverts tard, parfois la nuit quand le local est vide. Les bons réflexes : nettoyage des filtres, linge refroidi avant stockage, pas de machine lancée sans surveillance en fin de poste, porte du local toujours fermée.
Préparer la visite de la commission de sécurité
Les établissements de type J de la 1re à la 4e catégorie sont visités périodiquement par la commission de sécurité, tous les trois ans d’après le tableau de l’article GE 4 du règlement. Les établissements de 5e catégorie comportant des locaux à sommeil sont visités tous les cinq ans (article PE 37). Le maire ou le préfet peut modifier cette fréquence après avis de la commission. La date de votre prochaine visite se déduit du dernier procès-verbal.
La commission ne regarde pas seulement les murs et les rapports de vérification. Le règlement prévoit qu’elle contrôle l’instruction du personnel lors de ses visites (article MS 48). Voici ce qu’on vous demande de prouver.
Les documents
- Le registre de sécurité, prévu par l’article R143-44 du Code de la construction et de l’habitation : état du personnel chargé du service d’incendie, consignes générales et particulières (y compris celles qui prennent en compte les différents types de handicap), dates des contrôles et vérifications avec leurs observations, dates et nature des travaux.
- Les dates des exercices, au moins un par semestre, avec les comptes rendus.
- Les preuves de formation : feuilles d’émargement, attestations, programme, et surtout la liste du personnel formé rapportée à l’effectif total, équipes de nuit comprises.
- Les consignes à jour, affichées, et remises aux résidents.
- Les rapports de vérification des installations techniques et du SSI, le contrat d’entretien, la levée des observations précédentes.
- Le suivi des prescriptions du dernier procès-verbal.
Les personnes
La commission peut interroger un salarié ou demander une mise en situation : « l’alarme sonne, que faites-vous ? ». Les questions portent sur des choses très simples : où se trouve le tableau, comment lire la zone, où est la porte de recoupement, qui appelle les secours, où emmenez-vous les résidents. Un soignant de nuit qui répond clairement et qui montre le chemin vaut tous les classeurs. À l’inverse, un personnel hésitant donne une mauvaise image de toute l’organisation, même si les classeurs sont en ordre.
Les locaux
Avant la visite, faites vous-même le tour : portes coupe-feu qui ferment complètement et ne sont pas calées, couloirs dégagés, locaux de stockage fermés, extincteurs en place et vérifiés, plans affichés, indicateurs d’action visibles, clés disponibles pour les secours.
Trois ou quatre mois avant l’échéance, c’est le bon moment pour refaire une session de formation et un exercice dans chaque équipe. Ne le faites pas pour la commission : faites-le parce que le jour où elle passera, vos équipes sauront, et que le jour où un feu partira, elles sauront aussi.
Financement : OPCO Santé, ANFH, Qualiopi
La formation incendie fait partie des obligations de l’employeur en matière de sécurité. Le Code du travail prévoit que le financement des actions de formation à la sécurité est à la charge de l’employeur (article L4141-4), que ces mesures n’entraînent aucune charge financière pour les travailleurs (article L4122-2) et que le temps passé en formation à la sécurité est du temps de travail (article R4141-5). Elle peut, en revanche, être inscrite au plan de développement des compétences et faire l’objet d’une demande de prise en charge.
Secteur privé : l’OPCO Santé
L’OPCO Santé est l’opérateur de compétences du secteur privé de la santé. Il accompagne le secteur sanitaire, social et médico-social privé à but non lucratif, ainsi que l’hospitalisation privée à statut commercial, branche qui couvre notamment le grand âge. Les EHPAD associatifs comme les EHPAD commerciaux se tournent donc en général vers lui. Les règles et les plafonds de prise en charge varient selon la branche, la taille de l’établissement et l’année : vérifiez votre situation auprès de votre conseiller avant de planifier.
Fonction publique hospitalière : l’ANFH
Pour les établissements publics relevant de la fonction publique hospitalière, l’interlocuteur est l’ANFH. Elle se présente comme l’organisme paritaire collecteur agréé de la fonction publique hospitalière, chargé de collecter et de gérer les fonds consacrés à la formation des agents des établissements sanitaires, médico-sociaux et sociaux publics. Le financement passe par le plan de formation de l’établissement. Pour un EHPAD géré par une collectivité territoriale, rapprochez-vous de votre service des ressources humaines pour connaître le circuit applicable.
Qualiopi
La certification Qualiopi est exigée des organismes de formation dont les actions sont financées par des fonds publics ou mutualisés. TRINACRE Formations est certifié Qualiopi, ce qui permet de présenter le dossier à votre financeur. La décision de prise en charge, elle, lui appartient.
En pratique, envoyez le devis, le programme et la convention à votre financeur avant la formation, et gardez les émargements et les attestations après. Pour obtenir ces documents, faites une demande de devis.
Check-list en 15 points
- Le type et la catégorie de l’établissement sont connus et l’avis relatif au contrôle de la sécurité est affiché à l’entrée.
- Le dernier procès-verbal de la commission de sécurité est disponible et ses prescriptions sont suivies.
- Le registre de sécurité est à jour : personnel, consignes, vérifications, travaux, exercices.
- Les consignes incendie sont à jour, affichées, connues du personnel et remises aux résidents.
- Chaque salarié sait où se trouvent le tableau de signalisation et le tableau répétiteur de son étage, et sait lire une zone.
- Chaque salarié sait situer la limite de sa zone et la porte de recoupement la plus proche.
- Les portes coupe-feu ferment complètement et aucune n’est calée.
- Les couloirs et les zones protégées sont dégagés : pas de chariots, de lits ni de fauteuils stockés.
- Les extincteurs sont en place, accessibles, vérifiés, et le personnel sait s’en servir.
- Les chambres avec oxygène sont identifiées et les consignes sur l’oxygène sont rappelées régulièrement.
- Un exercice pratique a eu lieu ce semestre, avec compte rendu et actions correctives.
- L’équipe de nuit a été formée et a vécu au moins un exercice dans l’année, avec son effectif réel.
- Les intérimaires, vacataires et nouveaux embauchés reçoivent un accueil sécurité tracé dès la prise de poste.
- Le DUERP traite le risque incendie par unité de travail et le plan d’actions est suivi.
- Des sauveteurs secouristes du travail sont présents dans chaque équipe, y compris la nuit.
FAQ : 12 questions sur la formation incendie en EHPAD
1. La formation incendie est-elle obligatoire en EHPAD ?
Oui, à double titre. Le règlement de sécurité des ERP de type J impose que tout le personnel soit informé des consignes et participe à des exercices pratiques au moins une fois par semestre (article J 39), et que le personnel de surveillance soit formé au transfert horizontal et à l’exploitation du SSI (article J 35). Le Code du travail impose de son côté des exercices et des essais au moins tous les six mois (article R4227-39).
2. Tous les combien faut-il la refaire ?
Les exercices pratiques ont lieu au moins une fois par semestre. Ce rythme vaut pour l’établissement. Pour que chaque salarié reste à jour malgré les plannings, les absences et le renouvellement des équipes, il est raisonnable de prévoir une session de formation par an pour tout le personnel, complétée par les exercices semestriels et l’accueil sécurité des nouveaux.
3. Le personnel de nuit doit-il être formé ?
Oui. Le texte vise tout le personnel, et la surveillance de l’établissement doit être assurée en permanence par des employés désignés et entraînés. La nuit, ce sont les soignants présents qui tiennent ce rôle. Ils doivent donc être formés et vivre des exercices dans leurs conditions réelles d’effectif.
4. Qu’est-ce que le transfert horizontal ?
C’est le déplacement des résidents de la zone touchée par le feu vers une zone voisine du même niveau, isolée par une cloison et une porte coupe-feu. C’est le principe de mise en sécurité retenu par l’article J 3 pour les personnes qui ne peuvent pas évacuer rapidement. L’évacuation par les escaliers n’est envisagée pour elles qu’en cas d’extrême nécessité.
5. Faut-il évacuer tout le bâtiment quand l’alarme sonne ?
Non. On traite d’abord la chambre concernée, puis la zone, par transfert horizontal. Les personnes valides, les visiteurs et le personnel non utile à l’intervention évacuent normalement. La suite se décide avec les sapeurs-pompiers.
6. Pourquoi l’alarme ne sonne-t-elle pas comme dans un bureau ?
Parce qu’un EHPAD est équipé d’une alarme générale sélective, destinée à prévenir le personnel et non l’ensemble des occupants. L’objectif est d’éviter la panique chez des résidents qui ne peuvent pas évacuer seuls. Le personnel doit donc connaître ce signal et savoir quoi faire dès qu’il l’entend.
7. Peut-on faire un exercice sans déplacer les résidents ?
Oui. On peut jouer le scénario complet avec un mannequin, un collègue ou un lit vide à la place du résident alité, en associant seulement des résidents volontaires et valides. L’essentiel est que le personnel exécute réellement les gestes : lecture du tableau, levée de doute, porte fermée, alerte, passage en zone protégée, pointage.
8. Faut-il un vrai feu pour apprendre à utiliser un extincteur ?
Le Code du travail demande que les salariés apprennent à se servir des moyens de premier secours. Il n’impose pas un procédé particulier. En EHPAD, la réalité virtuelle et la réalité augmentée permettent de travailler le choix de l’appareil, la distance, le geste et surtout la décision, dans les vrais locaux, sans flamme ni fumée. Une manipulation d’extincteur réel peut s’y ajouter si l’établissement le souhaite.
9. Que faire avec les intérimaires et les vacataires ?
Un accueil sécurité court et tracé à la prise de poste : tableau, zone, porte coupe-feu, extincteurs, numéro d’alerte, fiche réflexe. Les remplaçants réguliers sont inscrits aux sessions comme les titulaires.
10. Une résidence autonomie a-t-elle les mêmes obligations qu’un EHPAD ?
Pas nécessairement. Selon le niveau de dépendance des résidents, elle peut relever de la réglementation des bâtiments d’habitation ou du type J. Il faut vérifier son classement dans le dossier de sécurité. Dans tous les cas, l’employeur doit former ses salariés au titre du Code du travail.
11. Que regarde la commission de sécurité en matière de formation ?
Le registre de sécurité, les dates des exercices, les preuves de formation et la proportion de personnel formé, équipes de nuit comprises. Elle peut aussi interroger des salariés sur la conduite à tenir.
12. Combien de temps dure une formation incendie EHPAD ?
Cela dépend du nombre de salariés, du nombre d’équipes et de vos contraintes de service. Le format par sessions courtes, répétées sur la journée et par petits groupes, permet de former beaucoup de monde sans dégarnir les étages. Le découpage exact se fixe au moment du devis.
Demander un devis
Vous dirigez un EHPAD, une maison de retraite ou une structure d’accueil pour personnes handicapées, à Paris, en Île-de-France ou ailleurs en France. Vous cherchez une formation incendie pour maison de retraite qui tienne compte de vos résidents et de vos plannings. Vous voulez que vos équipes de jour et de nuit sachent vraiment quoi faire, et vous voulez pouvoir le prouver à la commission de sécurité.
TRINACRE Formations vient dans vos locaux avec une formation incendie EHPAD construite sur vos plans, votre SSI et vos effectifs : transfert horizontal, lecture du tableau, extincteurs, dégagement des résidents, mises en situation en réalité virtuelle et en réalité augmentée, sans flamme ni fumée, par binômes, sans désorganiser les soins.
Pour recevoir une proposition adaptée à votre établissement :
- faites votre demande de devis en ligne ;
- appelez le 06 62 83 13 37 ;
- écrivez à infos@trinacre.fr.
Indiquez le nombre de salariés à former, le nombre d’étages, la présence d’une unité protégée et l’organisation de vos équipes de nuit. Vous recevrez un programme et un devis à transmettre à votre OPCO ou à votre financeur.
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Autre établissement à locaux à sommeil : lisez aussi notre guide de la formation incendie en hôtel, avec l’exploitation du SSI de catégorie A par le personnel de nuit.
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