Quand l’alarme générale retentit, ce ne sont ni les plans affichés dans les couloirs ni les blocs de secours lumineux qui font sortir les gens. Ce sont des personnes. Dans la grande majorité des entreprises, des administrations et des établissements recevant du public, l’évacuation repose sur deux rôles que tout le monde a déjà entendus sans toujours savoir ce qu’ils recouvrent : le guide-file et le serre-file. Le premier ouvre le chemin, le second ferme la marche et s’assure que personne ne reste derrière. Entre les deux, il y a des dizaines, parfois des centaines de salariés, de patients, de clients ou de visiteurs qui comptent sur eux sans le savoir.

Ce guide s’adresse à tous les donneurs d’ordre : dirigeants de PME, DRH, responsables QHSE, directeurs d’établissement, gestionnaires de sites tertiaires, acheteurs publics et membres de CSE. Il explique ce que dit la réglementation sur l’organisation de l’évacuation, ce que l’on attend concrètement d’un guide-file et d’un serre-file, combien en désigner, comment les former, à quelle fréquence organiser les exercices et comment tracer tout cela pour être en règle en cas de contrôle. Nous y ajoutons ce que nous observons sur le terrain, après plus de vingt-six ans dans la sécurité incendie, dont plus de vingt sur des sites hospitaliers.

TRINACRE Formations est un organisme de formation certifié Qualiopi qui intervient dans les locaux de ses clients, à Paris, en Île-de-France et partout en France. Nous formons les équipes à l’évacuation, à la manipulation des extincteurs et aux gestes de premiers secours, avec une particularité : la formation incendie et évacuation en réalité virtuelle et augmentée, sans flamme ni fumée, qui permet de mettre les participants en situation réaliste sans arrêter l’activité. Si vous souhaitez organiser une session pour vos guides-file et serre-file, vous pouvez nous contacter ici.

Guide-file et serre-file : de quoi parle-t-on exactement ?

Les termes guide-file et serre-file viennent du vocabulaire militaire et scolaire : on parle de « file » pour désigner une colonne de personnes qui se déplacent ensemble. Dans le monde de la sécurité incendie, ils désignent les personnes chargées d’organiser physiquement l’évacuation d’une zone, d’un étage ou d’un service, depuis le déclenchement de l’alarme jusqu’au point de rassemblement.

Le guide-file

Le guide-file est la personne qui prend la tête du groupe. Dès le signal d’évacuation, il se dirige vers la sortie de secours la plus proche et la plus sûre, en tenant compte de la localisation du sinistre si elle est connue. Il vérifie que le cheminement est praticable, qu’il n’est pas envahi par la fumée, que la porte s’ouvre et que l’escalier est utilisable. Il guide ensuite les occupants vers l’extérieur, à un rythme soutenu mais sans précipitation, et les conduit jusqu’au point de rassemblement. Là, il maintient le groupe réuni, empêche les retours à l’intérieur et participe au comptage.

Le guide-file doit donc connaître parfaitement son secteur : les sorties principales, les dégagements secondaires, les escaliers protégés, les portes à verrouillage électromagnétique qui se libèrent sur alarme, les zones à éviter, et l’emplacement exact du point de rassemblement. Il doit aussi savoir prendre une décision rapide si le cheminement prévu est bloqué : changer d’itinéraire est souvent la décision la plus importante qu’il aura à prendre.

Le serre-file

Le serre-file ferme la marche. Son rôle est moins visible mais tout aussi essentiel : il s’assure que personne ne reste dans la zone. Il visite rapidement les locaux de son secteur, y compris ceux que l’on oublie facilement : sanitaires, salles de réunion, locaux d’archives, salles de repos, bureaux isolés, locaux techniques accessibles au personnel. Il ferme les portes derrière lui, sans les verrouiller, pour limiter la propagation des fumées. Il signale au responsable de l’évacuation, au chargé de sécurité ou aux secours toute personne qui n’a pas pu évacuer, par exemple une personne à mobilité réduite installée dans un espace d’attente sécurisé.

Une fois la zone vérifiée, il rejoint le groupe au point de rassemblement et transmet l’information clé : « zone vérifiée, personne à l’intérieur » ou au contraire « une personne bloquée au deuxième étage, local archives ». Cette information conditionne directement l’action des sapeurs-pompiers à leur arrivée.

Les autres rôles qui gravitent autour

Selon la taille et la nature de l’établissement, l’organisation peut compter d’autres fonctions : un chargé d’évacuation ou responsable d’évacuation qui coordonne l’ensemble, une personne chargée d’appeler les secours (le 18 ou le 112), une personne chargée d’accueillir les sapeurs-pompiers et de les guider, des équipiers de première intervention capables d’utiliser un extincteur sur un début d’incendie, et des sauveteurs secouristes du travail pour prendre en charge une victime. Dans les établissements les plus importants, un service de sécurité incendie composé d’agents qualifiés pilote l’ensemble depuis un poste central.

Ces rôles se complètent. Un même salarié peut d’ailleurs cumuler plusieurs casquettes, à condition que l’organisation reste lisible et que chacun sache, au moment de l’alarme, ce qu’il doit faire en premier.

Ce que dit le Code du travail sur l’évacuation

Le Code du travail ne contient pas d’article qui mentionnerait les mots « guide-file » ou « serre-file ». Il impose en revanche une obligation d’organisation de l’évacuation et de formation des salariés qui, dans la pratique, ne peut être remplie sans désigner des personnes chargées de diriger les occupants vers l’extérieur. C’est pourquoi ces deux fonctions se retrouvent dans quasiment toutes les consignes de sécurité incendie.

L’obligation générale de sécurité

Tout part de l’article L. 4121-1 du Code du travail : l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Ces mesures comprennent des actions de prévention, des actions d’information et de formation, et la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés. L’article L. 4121-2 liste les principes généraux de prévention, parmi lesquels le fait de combattre les risques à la source, de planifier la prévention et de donner les instructions appropriées aux travailleurs.

Le risque incendie et le risque lié à une évacuation mal organisée entrent pleinement dans ce cadre. Ils doivent figurer dans le document unique d’évaluation des risques professionnels, prévu aux articles L. 4121-3 et R. 4121-1 et suivants. Nous y revenons plus loin, car le DUERP est souvent le meilleur point d’entrée pour structurer l’organisation de l’évacuation. Pour aller plus loin sur ce document, vous pouvez consulter notre article DUERP obligatoire : qui doit l’établir et tous les combien le mettre à jour.

La lutte contre l’incendie et l’évacuation : articles R. 4227-28 et suivants

Le chapitre du Code du travail consacré à la prévention des incendies et des explosions fixe des obligations très concrètes. L’article R. 4227-28 prévoit que l’employeur prend les mesures nécessaires pour que tout commencement d’incendie puisse être rapidement et efficacement combattu dans l’intérêt du sauvetage des travailleurs. Le mot « sauvetage » est important : il place la mise en sécurité des personnes au cœur de l’obligation.

Les articles R. 4227-34 et suivants organisent l’alarme, les consignes et les exercices. Dans les établissements où peuvent se trouver occupées ou réunies habituellement plus de cinquante personnes, ainsi que dans ceux, quelle que soit leur taille, où sont manipulées et mises en œuvre des matières inflammables, une consigne de sécurité incendie doit être établie et affichée de manière très apparente (article R. 4227-37). Cette consigne doit notamment indiquer les personnes chargées de diriger l’évacuation des travailleurs et, éventuellement, du public (article R. 4227-38). C’est précisément la place des guides-file, des serre-file et du responsable d’évacuation.

L’article R. 4227-39 complète le dispositif : la consigne prévoit des essais et visites périodiques du matériel, ainsi que des exercices au cours desquels les travailleurs apprennent à reconnaître le signal sonore d’alarme générale, à se servir des moyens de premier secours et à exécuter les diverses manœuvres nécessaires. Ces exercices ont lieu au moins tous les six mois. Leur date et les observations auxquelles ils ont pu donner lieu sont consignées sur un registre tenu à la disposition de l’inspection du travail.

Autrement dit, désigner des guides-file et des serre-file sans jamais les faire pratiquer ne suffit pas. La réglementation attend une organisation écrite, connue de tous, et éprouvée régulièrement par des exercices tracés. Nous détaillons ces obligations dans notre article Formation évacuation obligatoire : ce que dit le Code du travail.

Et dans les entreprises de moins de cinquante personnes ?

Une petite structure qui n’entre pas dans le champ de l’article R. 4227-37 n’est pas dispensée pour autant d’organiser l’évacuation. L’obligation générale de sécurité s’applique quel que soit l’effectif, et la formation à la sécurité prévue aux articles L. 4141-2 et R. 4141-1 et suivants comprend la conduite à tenir en cas de sinistre et la connaissance des issues et dégagements de secours. Dans une PME de vingt salariés, l’organisation peut être très simple : un guide-file, un serre-file et un suppléant pour chacun, un point de rassemblement connu, un exercice régulier. Mais elle doit exister. Notre article Obligations incendie de l’employeur : Code du travail, ERP, IGH fait le tour de ces obligations selon la taille et la nature de l’établissement.

La formation à la sécurité des nouveaux arrivants

L’article L. 4141-2 impose à l’employeur d’organiser une formation pratique et appropriée à la sécurité au bénéfice des travailleurs qu’il embauche, des intérimaires, des salariés qui changent de poste ou de technique, et à la demande du médecin du travail pour ceux qui reprennent après un arrêt d’au moins vingt et un jours. Cette formation porte notamment sur les conditions de circulation dans l’entreprise, ce qui inclut les issues et dégagements de secours et les consignes d’évacuation.

Concrètement, chaque nouvel arrivant doit savoir, dès sa première semaine, où se trouvent les sorties de son secteur, à quoi ressemble le signal d’évacuation, qui sont les guides-file et serre-file de sa zone et où se situe le point de rassemblement. C’est souvent le premier maillon qui lâche dans les entreprises à fort turnover ou dans celles qui accueillent beaucoup de prestataires.

Les règles spécifiques aux établissements recevant du public

Lorsque vos locaux accueillent du public, une seconde couche réglementaire s’ajoute au Code du travail : le règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public, issu de l’arrêté du 25 juin 1980 modifié, et le Code de la construction et de l’habitation. Les deux s’appliquent en même temps : le Code du travail protège les salariés, le règlement ERP protège le public.

Le personnel désigné et l’instruction du personnel

Le règlement ERP prévoit, dans ses dispositions générales relatives aux moyens de secours, que le personnel de l’établissement doit être instruit de la conduite à tenir en cas d’incendie et entraîné à la mise en œuvre des moyens de secours. Selon le type et la catégorie de l’établissement, la surveillance peut être assurée par des personnes désignées par l’exploitant, par des agents de sécurité incendie qualifiés ou par un service de sécurité incendie organisé. Dans tous les cas, quelqu’un doit être capable de diriger l’évacuation du public, qui ne connaît ni les lieux ni les consignes.

C’est une différence majeure avec un site tertiaire fermé au public : vos guides-file et serre-file ne guident pas seulement des collègues qui ont déjà participé à des exercices, ils doivent aussi prendre en charge des clients, des usagers, des patients ou des visiteurs qui ne savent pas où aller et qui peuvent avoir le réflexe de repartir par l’entrée principale. Notre article Formation incendie ERP : obligations, qui former et comment détaille ce point selon les types d’établissements.

Les personnes en situation de handicap

Depuis l’arrêté du 24 septembre 2009, le règlement ERP intègre des dispositions spécifiques à l’évacuation des personnes en situation de handicap, avec notamment le principe des espaces d’attente sécurisés et des solutions équivalentes. Lorsqu’une évacuation immédiate par les escaliers n’est pas possible, la personne doit pouvoir attendre les secours dans un espace protégé du feu et des fumées, et sa présence doit être connue et signalée.

C’est l’une des missions les plus importantes du serre-file : repérer et signaler toute personne qui n’a pas pu évacuer et indiquer précisément sa localisation. C’est aussi l’un des points les moins bien travaillés dans les exercices classiques, où l’on fait sortir des salariés valides en quelques minutes sans jamais simuler la présence d’un fauteuil roulant au troisième étage.

Les établissements de soins, EHPAD et IGH

Dans les établissements de soins et les EHPAD, la logique change : l’évacuation totale et immédiate n’est généralement pas la première réponse. On privilégie le transfert horizontal des résidents ou des patients vers une zone protégée voisine, au-delà d’une porte coupe-feu, avant d’envisager une évacuation verticale. Les guides-file et serre-file deviennent alors des acteurs du transfert, avec des techniques de déplacement adaptées aux personnes alitées ou dépendantes. Nous détaillons cette organisation dans Formation incendie EHPAD : obligations, transfert, exercices.

Dans les immeubles de grande hauteur, régis par l’arrêté du 30 décembre 2011, l’évacuation est également phasée : on évacue d’abord le niveau sinistré et les niveaux adjacents, pendant que les autres occupants restent en attente. La coordination entre le service de sécurité incendie, les équipiers locaux de sécurité et les guides-file d’étage est alors déterminante. Vous trouverez plus de détails dans notre article Formation incendie IGH : EPI et équipiers locaux de sécurité.

Combien de guides-file et de serre-file faut-il désigner ?

C’est la question que l’on nous pose le plus souvent, et la réponse surprend : aucun texte national ne fixe un ratio chiffré de guides-file ou de serre-file par nombre de salariés. La réglementation impose un résultat, à savoir une évacuation rapide et complète, et laisse à l’employeur le soin de dimensionner les moyens humains en fonction de la configuration de ses locaux et de son évaluation des risques.

Dans la pratique, plusieurs principes de bon sens font consensus chez les préventeurs et les assureurs.

Certains référentiels internes d’entreprises ou de groupes retiennent un repère d’un guide-file et d’un serre-file pour une vingtaine d’occupants. C’est un ordre de grandeur utile, mais ce n’est pas une obligation légale et il ne remplace pas l’analyse de vos locaux. Le bon dimensionnement se vérifie lors des exercices : si la zone n’est pas vidée et vérifiée dans un délai raisonnable, c’est qu’il manque des personnes ou que l’organisation doit être revue.

Le télétravail et le flex office changent la donne

Depuis la généralisation du télétravail, beaucoup d’entreprises découvrent qu’un jour donné, ni le guide-file ni le serre-file désignés ne sont présents sur le plateau. Les bureaux partagés compliquent aussi le comptage, puisque personne n’a plus de place attitrée. Il devient indispensable de raisonner par jour de présence, de former davantage de personnes et, dans certains cas, de prévoir une règle simple du type « le premier guide-file présent prend la fonction ». Les outils de réservation de postes peuvent aussi servir à vérifier, chaque matin, qu’au moins un guide-file et un serre-file sont prévus sur chaque zone.

Qui choisir pour être guide-file ou serre-file ?

La désignation se fait souvent au hasard ou sur la base du volontariat. Le volontariat est une bonne base, mais quelques critères aident à faire les bons choix.

Il est utile de rendre ces fonctions visibles : brassard ou chasuble de couleur, liste nominative affichée près des plans d’évacuation, mention dans le livret d’accueil et dans la consigne de sécurité incendie. Le jour de l’alarme, tout le monde doit pouvoir identifier en un coup d’œil la personne à suivre.

Le déroulement d’une évacuation, étape par étape

Une évacuation réussie suit une séquence simple, que vos guides-file et serre-file doivent connaître par cœur. Elle peut évidemment être adaptée à votre site, mais la logique reste la même.

1. Le signal

Tout commence par le signal d’évacuation, généralement un son normalisé diffusé par l’équipement d’alarme, parfois complété par un message vocal ou un flash lumineux pour les personnes sourdes ou malentendantes. Tous les occupants doivent savoir le reconnaître et le distinguer d’autres signaux, par exemple une alarme technique, une alerte intrusion ou un signal de confinement. C’est l’objet même des exercices prévus par l’article R. 4227-39.

2. L’arrêt des activités et la mise en sécurité du poste

Chacun arrête son activité, met son poste en sécurité si cela ne prend que quelques secondes (couper une machine, fermer une vanne si c’est prévu par la consigne), et se prépare à sortir sans prendre ses affaires. Les guides-file prennent leur brassard ou leur chasuble et se positionnent.

3. Le départ guidé

Le guide-file rassemble les occupants de sa zone et les dirige vers la sortie prévue, après avoir vérifié qu’elle est praticable. Il marche devant, sans courir, en gardant le groupe groupé. Il n’utilise jamais les ascenseurs, sauf ascenseurs spécifiquement prévus et commandés par les secours. Si la fumée envahit le cheminement, il fait demi-tour vers un itinéraire secondaire.

4. La vérification par le serre-file

Pendant ce temps, le serre-file parcourt son secteur pièce par pièce, ouvre les portes, appelle à voix haute, vérifie les sanitaires et les locaux isolés, puis referme les portes derrière lui sans les verrouiller. Il ne prend aucun risque inutile : si une zone est enfumée, il n’y pénètre pas et signale le doute. Il rejoint ensuite la file.

5. Le point de rassemblement et le comptage

Arrivés au point de rassemblement, les groupes se regroupent par zone. Le guide-file et le serre-file font le point : nombre de personnes présentes, personnes manquantes, personnes signalées en espace d’attente sécurisé. L’information remonte au responsable de l’évacuation, qui la transmet aux sapeurs-pompiers dès leur arrivée. Personne ne quitte le point de rassemblement et personne ne retourne dans le bâtiment sans autorisation.

6. La fin de l’alerte et le retour d’expérience

Le retour dans les locaux n’est autorisé que par le responsable de l’évacuation, après accord des secours en cas de sinistre réel. Lors d’un exercice, c’est le moment de noter immédiatement ce qui a fonctionné et ce qui a coincé : temps d’évacuation, portes bloquées, personnes qui n’ont pas entendu l’alarme, comptage difficile. Ce retour d’expérience alimente le registre de sécurité et le plan d’actions. Pour vous aider, nous proposons un modèle de compte rendu d’exercice d’évacuation.

Les erreurs les plus fréquentes que nous constatons

En intervenant chaque année dans des bureaux, des commerces, des hôtels, des établissements de santé, des collectivités et des sites industriels, nous retrouvons souvent les mêmes points faibles. Ils sont faciles à corriger dès qu’on les a identifiés.

Comment former vos guides-file et serre-file

La réglementation impose que le personnel soit instruit et entraîné, sans fixer de programme national pour la fonction de guide-file ou de serre-file. Une formation efficace combine trois dimensions : la compréhension du rôle, la connaissance du site et la mise en pratique.

Les contenus essentiels

La formation dans vos locaux

Former les guides-file et serre-file en dehors de leur environnement de travail a peu d’intérêt. Toute la valeur de la formation tient à la connaissance du site : les escaliers réels, les portes réelles, les recoins réels. C’est pourquoi nous intervenons systématiquement dans les locaux de nos clients, avec une partie en salle et une partie en déambulation dans le bâtiment, suivie si possible d’un exercice d’évacuation.

La durée dépend de la taille du site et du nombre de participants. Une session de sensibilisation pour un plateau de bureaux peut tenir sur une demi-journée, alors qu’un site complexe avec du public, plusieurs bâtiments et des personnes vulnérables justifie une journée complète et plusieurs groupes. Nous construisons le programme avec vous après une analyse de vos besoins, conformément aux exigences du référentiel Qualiopi.

L’apport de la réalité virtuelle et augmentée

La principale limite des exercices classiques est qu’ils se déroulent dans un bâtiment parfaitement sain : pas de fumée, pas de chaleur, pas de panique. Les participants suivent le guide-file dans un couloir éclairé et ne vivent jamais la perte de visibilité ou la nécessité de changer d’itinéraire. La formation évacuation en réalité virtuelle et augmentée comble ce manque.

Avec un casque, le participant est plongé dans un environnement enfumé, avec des issues bloquées, des occupants désorientés et des décisions à prendre en temps réel. Il peut vivre le scénario du guide-file qui découvre un escalier envahi par la fumée, ou celui du serre-file qui trouve une personne à mobilité réduite dans un local isolé. Le formateur suit ce que voit le participant et débriefe ensuite chaque choix avec le groupe.

Cette approche présente plusieurs avantages pour les donneurs d’ordre :

La réalité virtuelle et augmentée ne remplace pas la connaissance de vos locaux ni les exercices réglementaires sur site : elle les complète. C’est cette combinaison que nous proposons. Pour en savoir plus, consultez notre guide complet de la formation incendie en réalité augmentée, ou demandez-nous un programme adapté à votre site.

Articuler avec les équipiers de première intervention et les SST

Les guides-file et serre-file ne travaillent pas seuls. Les équipiers de première intervention tentent d’éteindre un début d’incendie avec les extincteurs ou les robinets d’incendie armés, pendant que l’évacuation se met en place. Les sauveteurs secouristes du travail prennent en charge une victime d’intoxication par les fumées, de brûlure ou de malaise. Il est donc très utile de former ces différents acteurs de façon coordonnée, voire de prévoir des modules communs. Nos articles sur la formation extincteur obligatoire et sur le nombre de sauveteurs secouristes du travail à prévoir complètent ce guide. Nous proposons d’ailleurs une formation SST enrichie par la réalité virtuelle et augmentée, qui s’articule naturellement avec la formation évacuation.

Exercices d’évacuation : fréquence, scénarios et traçabilité

La fréquence minimale

Pour les établissements entrant dans le champ de l’article R. 4227-37 du Code du travail, les exercices ont lieu au moins tous les six mois. Les ERP peuvent être soumis à des fréquences spécifiques selon leur type, et certains établissements, comme les établissements de soins ou les établissements d’enseignement, ont des exigences propres. Dans les petites entreprises non soumises à cet article, rien n’impose une périodicité chiffrée, mais un exercice annuel au minimum est une bonne pratique largement recommandée, ne serait-ce que pour démontrer que l’organisation fonctionne.

Varier les scénarios

Un exercice utile met l’organisation à l’épreuve. Quelques idées de variations :

Tracer pour prouver

Chaque exercice doit être consigné dans le registre de sécurité, avec la date, le scénario, le temps d’évacuation, les observations et les mesures correctives décidées. En cas d’accident, l’employeur devra démontrer qu’il a rempli ses obligations. Sans trace écrite, cette démonstration est très difficile. Il est également utile de conserver les feuilles d’émargement des formations, les attestations, la liste à jour des guides-file et serre-file et les versions successives de la consigne de sécurité incendie.

Évacuation et document unique : l’articulation indispensable

Le DUERP n’est pas qu’un tableau de cotation des risques. Il doit déboucher sur des actions de prévention. Pour le risque incendie et le risque lié à l’évacuation, ces actions comprennent typiquement la désignation et la formation des guides-file et serre-file, l’organisation des exercices, l’entretien des moyens de secours et la vérification des issues.

Pour les entreprises d’au moins cinquante salariés, le DUERP alimente le programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail, présenté au comité social et économique. Pour les entreprises de moins de cinquante salariés, il débouche sur une liste d’actions de prévention. Dans les deux cas, inscrire la formation des guides-file et serre-file dans ces documents permet de planifier, de budgéter et de suivre les actions. Le CSE, qui est consulté sur ces sujets, peut d’ailleurs être un excellent relais pour identifier les volontaires et faire remonter les difficultés constatées lors des exercices.

Pour bâtir un calendrier cohérent sur l’année, vous pouvez vous appuyer sur notre guide Plan de formation sécurité 2027, qui articule SST, incendie, évacuation, gestes et postures et DUERP.

Responsabilités et risques en cas de manquement

L’absence d’organisation de l’évacuation n’est pas un simple défaut de conformité administrative. Elle peut engager la responsabilité de l’employeur sur plusieurs plans.

À l’inverse, une organisation écrite, des personnes désignées et formées, des exercices réguliers et tracés constituent la meilleure démonstration de votre sérieux. C’est aussi, plus simplement, ce qui permet à tout le monde de rentrer chez soi le soir.

Le point de vue des donneurs d’ordre publics et privés

Les acheteurs publics, les gestionnaires de patrimoine immobilier et les grands comptes qui sous-traitent la formation de leurs équipes ont des attentes spécifiques. Ils doivent souvent former plusieurs sites, des effectifs importants et des populations variées, avec des contraintes fortes de continuité de service.

Quelques recommandations pour rédiger un cahier des charges ou une demande de devis efficace :

Pour les entreprises privées, la formation des guides-file et serre-file peut, selon les cas, être prise en charge dans le cadre du plan de développement des compétences et des dispositifs de votre OPCO. Les règles varient selon la branche et la taille de l’entreprise : renseignez-vous auprès de votre conseiller OPCO avant de lancer la session.

Checklist : votre organisation d’évacuation est-elle prête ?

Voici une liste de contrôle à utiliser lors de votre prochaine revue de sécurité ou de votre mise à jour du DUERP.

Si plusieurs cases restent vides, c’est le bon moment pour agir. Nous pouvons vous accompagner, de l’analyse de vos besoins à la formation de vos équipes et à l’organisation d’un exercice commenté. Contactez TRINACRE Formations pour en parler.

Questions fréquentes sur le guide-file et le serre-file

Le guide-file et le serre-file sont-ils obligatoires ?

Les termes ne figurent pas dans le Code du travail, mais l’obligation qu’ils recouvrent, oui. La consigne de sécurité incendie prévue par les articles R. 4227-37 et R. 4227-38 doit désigner les personnes chargées de diriger l’évacuation. Dans la pratique, ce sont les guides-file et serre-file. Dans les entreprises non soumises à ces articles, l’obligation générale de sécurité impose tout de même d’organiser l’évacuation.

Un salarié peut-il refuser d’être guide-file ou serre-file ?

La désignation repose le plus souvent sur le volontariat, et c’est préférable : un guide-file motivé est plus efficace. Ces missions s’inscrivent dans l’organisation de la sécurité décidée par l’employeur, mais il est recommandé d’en discuter avec le salarié et avec le CSE, et de tenir compte des contre-indications médicales éventuelles.

Faut-il une formation spécifique ?

Aucun diplôme n’est exigé, mais la réglementation impose que le personnel soit instruit et entraîné. Une formation pratique sur site, centrée sur les missions, les cheminements et le comptage, est la meilleure façon de remplir cette obligation et d’en garder la preuve.

Tous les combien faut-il renouveler la formation ?

Aucune périodicité légale n’est fixée pour la formation elle-même, mais les exercices ont lieu au moins tous les six mois dans les établissements concernés par l’article R. 4227-39. Un recyclage annuel ou tous les deux ans, complété par les exercices, est une bonne pratique, ainsi qu’une formation à chaque nouvelle désignation.

Le serre-file doit-il fouiller toutes les pièces ?

Il doit vérifier rapidement les locaux de son secteur, en particulier les pièces fermées et isolées, sans se mettre en danger. S’il ne peut pas accéder à une zone à cause de la fumée, il le signale immédiatement au responsable de l’évacuation et aux secours.

Que faire d’une personne qui ne peut pas descendre les escaliers ?

Elle doit être accompagnée vers un espace d’attente sécurisé ou une zone protégée prévue à cet effet, et sa présence doit être signalée sans délai aux secours, avec sa localisation précise. C’est une situation à prévoir et à exercer à l’avance.

La formation en réalité virtuelle et augmentée est-elle reconnue ?

La réglementation fixe des objectifs, pas un outil pédagogique imposé. La réalité virtuelle et augmentée est un moyen de mise en situation qui s’intègre dans une formation complète, avec des apports théoriques, la connaissance du site et des exercices réels. Nous en parlons en détail dans notre article Formation incendie en réalité virtuelle : est-elle valable et reconnue ?

Intervenez-vous partout en France ?

Oui. Nous intervenons principalement à Paris et en Île-de-France, et nous nous déplaçons partout en France pour former vos équipes dans vos locaux.

En résumé

Le guide-file et le serre-file sont les deux piliers humains de l’évacuation. Le Code du travail impose de désigner les personnes chargées de diriger l’évacuation, de les entraîner et d’organiser des exercices réguliers et tracés. Le règlement ERP ajoute des exigences pour la prise en charge du public et des personnes en situation de handicap. Aucun ratio chiffré n’est imposé, mais chaque zone doit être couverte en permanence, avec des titulaires et des suppléants formés, identifiables et entraînés.

Former ces personnes dans vos propres locaux, les mettre en situation réaliste grâce à la réalité virtuelle et augmentée, varier les scénarios d’exercice et tout consigner dans le registre de sécurité : c’est la combinaison qui transforme une obligation réglementaire en vraie capacité de réaction.

Vous souhaitez former vos guides-file et serre-file, organiser un exercice d’évacuation commenté ou faire le point sur votre organisation ? TRINACRE Formations, organisme certifié Qualiopi, intervient dans vos locaux à Paris, en Île-de-France et partout en France. Demandez votre devis personnalisé sur notre page contact.

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