
Dans un hôpital, une clinique ou un EHPAD, un départ de feu ne se gère pas comme dans un bureau. Les personnes que l’on protège ne peuvent pas toutes marcher, certaines sont alitées, perfusées, sous surveillance ou désorientées, et l’on ne peut pas les faire sortir en quelques minutes. La réponse n’est pas de tout évacuer, mais de mettre en sécurité, d’abord à l’horizontale. TRINACRE Formations forme les infirmiers, aides-soignants, agents de service, cadres de santé, médecins et personnels de nuit à la lutte contre l’incendie, au transfert horizontal et à l’évacuation, directement dans votre établissement, avec des scénarios en réalité virtuelle et augmentée sur casque Meta Quest 3.
Ce guide s’adresse aux directeurs d’établissements de santé et médico-sociaux, aux directeurs de soins, aux cadres de santé, aux responsables qualité et sécurité, aux responsables des ressources humaines et aux responsables de la formation. Il explique le cadre réglementaire, les spécificités de la mise en sécurité en milieu de soins, le contenu de notre formation et la façon de l’organiser sans désorganiser les services.
Pourquoi l’incendie est un risque particulier en établissement de santé
Un incendie en établissement de santé combine plusieurs difficultés rarement réunies ailleurs.
- Des personnes vulnérables. Patients alités, personnes âgées dépendantes, résidents à mobilité réduite, personnes sous perfusion, sous oxygène, en réanimation, en bloc opératoire, en psychiatrie ou atteintes de troubles cognitifs. Beaucoup ne peuvent ni fuir seules, ni comprendre une consigne.
- Un personnel peu nombreux, surtout la nuit. Dans de nombreux établissements, quelques soignants gardent plusieurs dizaines de résidents. Il faut décider vite, avec peu de bras.
- Des matériels à risque. Oxygène, produits inflammables, appareils électriques, chariots de soins, lits médicalisés, linge, cuisines, locaux techniques.
- Une évacuation difficile. Certains patients ne peuvent pas être déplacés sans précaution. Les escaliers, les ascenseurs interdits en cas d’incendie, les couloirs étroits et les portes coupe-feu compliquent chaque mouvement.
- Un impératif de continuité des soins. On ne peut pas simplement fermer la porte et sortir. Les soins doivent se poursuivre, parfois dans un autre lieu de l’établissement.
C’est pour cela que les bâtiments de santé sont conçus pour résister à un incendie : compartimentage, portes coupe-feu, désenfumage, détection, alarme, zones de mise en sécurité. Mais ces dispositifs ne fonctionnent que si le personnel les connaît et sait les utiliser. Une porte coupe-feu bloquée ouverte, une issue encombrée ou un soignant qui ne sait pas quoi faire annulent l’effet de la meilleure conception.
Le principe : mettre en sécurité plutôt qu’évacuer
Dans un établissement de soins, la première réponse à un incendie n’est pas de faire sortir tout le monde dans la rue. C’est de déplacer les personnes menacées vers un lieu protégé, le plus souvent dans le même bâtiment et sur le même niveau. On parle d’évacuation horizontale, ou de transfert horizontal : on fait passer les patients du compartiment menacé vers un compartiment voisin, séparé du feu par des parois et des portes coupe-feu, où ils sont à l’abri de la fumée et des flammes en attendant la suite.
Pourquoi à l’horizontale d’abord ? Parce que c’est plus rapide, plus sûr et moins traumatisant que de descendre des étages avec des personnes dépendantes. Parce que les escaliers sont étroits et que les ascenseurs sont proscrits. Parce que beaucoup de patients ne supporteraient pas d’être déplacés loin ou longtemps. Si la situation s’aggrave, l’évacuation verticale ou à l’extérieur peut ensuite être décidée, avec l’appui des secours.
Ce que cela suppose pour le personnel
- Connaître la configuration des lieux : compartiments, portes coupe-feu, zones de mise en sécurité, issues, escaliers protégés.
- Savoir reconnaître ce qui est menacé en premier : la chambre du feu, les chambres voisines, les locaux adjacents.
- Savoir transférer des personnes de manière sûre, avec ou sans matériel, seul ou à plusieurs.
- Savoir organiser l’ordre des priorités : qui déplacer en premier, comment, avec quels moyens.
- Savoir alerter, utiliser un extincteur sur un feu naissant sans retarder la mise en sécurité, fermer les portes, tenir un décompte des personnes.
- Savoir communiquer avec les secours et passer la main.
Ce que dit la réglementation
Le Code du travail
Comme tout employeur, un établissement de santé est soumis aux articles R4227-28 à R4227-41 du Code du travail. Ils prévoient des moyens de premiers secours adaptés aux risques, des consignes de sécurité incendie affichées et connues, et des exercices au moins tous les six mois, lors desquels les travailleurs apprennent à reconnaître le signal d’alarme, à se servir des moyens de premier secours et à exécuter les opérations nécessaires. L’article L4121-1 pose l’obligation générale de l’employeur de protéger la santé et la sécurité de ses salariés, y compris par la formation.
Le règlement de sécurité des établissements recevant du public
Les hôpitaux, cliniques et établissements de soins relèvent des établissements recevant du public de type U, soit les établissements sanitaires. Les structures d’accueil pour personnes âgées et personnes handicapées, dont les EHPAD, relèvent du type J. Ces deux types ont des dispositions particulières, qui s’ajoutent aux règles générales : conception des bâtiments, compartimentage, moyens d’alarme et d’alerte, organisation de la sécurité, consignes, instruction du personnel et exercices. Ces textes prévoient notamment que le personnel soit formé à la conduite à tenir en cas d’incendie et à la manœuvre des moyens de secours. Les règles précises dépendent du type, de la catégorie, de la taille et de l’architecture de votre établissement. Nous vous invitons à vérifier les dispositions applicables avec votre commission de sécurité et votre responsable de la sécurité.
Le rôle de la consigne de sécurité et du plan d’évacuation
Chaque établissement dispose de consignes adaptées à son architecture et à son organisation : qui fait quoi en cas d’alarme, comment alerter, quels secteurs mettre en sécurité en premier, quels itinéraires utiliser, quels moyens mobiliser. La formation est l’occasion de relire ces consignes avec le personnel, de les tester sur des scénarios et de relever les points à améliorer. Une consigne que personne n’a jamais mise en pratique reste théorique.
La responsabilité de l’établissement
Après un sinistre, ou lors d’une visite de la commission de sécurité ou d’une inspection, les autorités regardent le registre de sécurité, les exercices réalisés, les formations suivies et l’état des moyens de secours. Un établissement qui peut présenter des listes de présence, des comptes rendus d’exercices et des attestations de formation montre que sa prévention est vivante. Nous remettons ces documents à chaque session.
Le transfert horizontal : une compétence à pratiquer
Le transfert horizontal est le cœur de notre formation en milieu de soins. Il ne s’improvise pas. Déplacer une personne vulnérable, sans la blesser ni se blesser soi-même, dans des couloirs enfumés ou stressants, demande des techniques simples et une pratique répétée.
Les principes
- Aller vers le plus proche du danger d’abord. La priorité va aux personnes situées dans la chambre du feu et dans les chambres immédiatement voisines.
- Fermer les portes. Chaque porte fermée ralentit la fumée et le feu. On ferme derrière soi sans verrouiller.
- Déplacer vers un secteur protégé voisin. Derrière une porte coupe-feu, dans un autre compartiment, sur le même niveau.
- Utiliser le bon moyen selon le patient. Marche accompagnée, fauteuil, lit roulant, brancard, drap de transfert, chaise de transfert, ou technique de portage selon le cas.
- Préserver les soins vitaux. Oxygène, perfusions, scope, surveillance : on adapte, on ne coupe pas ce qui est indispensable.
- Garder le décompte. Qui a été déplacé, où il est, qui reste à déplacer.
- Protéger le soignant. Utiliser le corps de façon sûre, demander de l’aide, ne pas s’exposer à la fumée.
Les techniques que nous travaillons
Nous adaptons les techniques à votre matériel et à vos patients. Parmi les gestes que nous répétons :
- L’accompagnement d’une personne qui marche avec difficulté, en la rassurant et en gardant le rythme.
- Le déplacement d’un fauteuil ou d’un lit roulant dans un couloir étroit, en franchissant une porte coupe-feu.
- Le déplacement d’un lit médicalisé : freins, hauteur, direction, nombre de personnes nécessaires.
- L’usage d’un drap, d’une couverture ou d’un matériel de transfert pour déplacer une personne alitée sur une courte distance.
- La prise en charge d’une personne qui ne peut pas être levée, en travaillant à deux ou à trois.
- La gestion d’une personne agitée, désorientée ou réticente à bouger, avec des mots simples et un ton calme.
Ces gestes sont répétés en pratique, dans vos couloirs et avec votre matériel, pour que chacun sache ce qu’il peut faire et comment. La formation ne remplace pas votre protocole interne, elle le met en action.
Quand l’évacuation verticale ou extérieure devient nécessaire
Le transfert horizontal est la première étape. Si le secteur de mise en sécurité n’est plus sûr, si le feu progresse ou si les secours l’ordonnent, l’évacuation peut s’étendre à d’autres niveaux ou à l’extérieur. Cette décision n’est pas prise seul : elle relève de l’organisation de l’établissement et des sapeurs-pompiers. Notre formation aborde les principes de cette évacuation, les itinéraires, les moyens possibles, et surtout le rôle de chacun, sans jamais utiliser l’ascenseur.
Le rôle de chaque profession
Infirmiers et aides-soignants
Ils sont souvent les premiers à découvrir un départ de feu ou à entendre l’alarme. Leur priorité est d’alerter, de protéger les patients proches, de fermer les portes et de lancer le transfert. Ils connaissent leurs patients et savent lesquels nécessitent le plus d’aide. Ils sont aussi les principaux acteurs du déplacement des personnes.
Agents de service hospitalier et personnel de cuisine, de lingerie et de maintenance
Ils interviennent dans des locaux à risque : cuisines, lingerie, locaux techniques, ateliers. Ils sont les premiers à repérer une odeur de brûlé, un appareil qui chauffe, une anomalie. Ils doivent savoir alerter, utiliser un extincteur adapté, et renoncer à temps.
Cadres de santé et responsables de service
Ils coordonnent. Ils répartissent les rôles, assurent le décompte, communiquent avec le poste de sécurité ou les secours, prennent des décisions rapides. Leur formation est centrée sur la prise de commandement dans la première phase.
Médecins et internes
Leur rôle varie selon le lieu et le moment. Ils sont souvent sollicités pour les décisions médicales : quels patients peuvent être déplacés, lesquels doivent rester, comment poursuivre des soins critiques. Les former, c’est leur permettre de s’intégrer à l’organisation de l’évacuation sans la retarder.
Personnel de nuit et d’astreinte
C’est le point de fragilité de beaucoup d’établissements. Peu de personnes, beaucoup de patients, peu d’aide immédiate. Nous proposons des formations adaptées au fonctionnement de nuit, avec des scénarios où l’on doit décider à deux ou trois personnes seulement.
Personnel de sécurité et d’accueil
Lorsque l’établissement dispose d’un poste de sécurité ou d’une équipe de sécurité, la formation s’articule avec leur rôle : alerte, accueil des secours, gestion des accès, coordination.
La lutte contre l’incendie : le geste de l’extincteur
Même si la priorité est la mise en sécurité des personnes, il arrive qu’un feu naissant puisse être éteint rapidement par un soignant formé. Une corbeille qui s’enflamme, un appareil électrique qui fume, un chariot qui chauffe. Notre formation apprend à reconnaître les situations dans lesquelles l’extincteur est utile, à choisir l’appareil, à agir en sécurité et à ne pas insister quand le feu dépasse le stade naissant.
- Reconnaître la nature du feu. Papier, linge, matériel électrique, produits, cuisine.
- Choisir l’extincteur. Eau pulvérisée avec additif pour les solides, dioxyde de carbone pour les matériels électriques, adapté pour les feux d’huile en cuisine.
- Se placer correctement. Avec une sortie derrière soi, à bonne distance, sans fumée dans le visage.
- Viser la base des flammes. Balayer, surveiller, ne pas tourner le dos.
- Renoncer à temps. Si la fumée est dense, si le feu s’étend, on ferme la porte et l’on passe à la mise en sécurité.
Nous abordons aussi les risques propres à la santé : l’oxygène médical, qui entretient et accélère la combustion, les produits désinfectants et solvants, les appareils électriques de soins, les batteries au lithium des fauteuils, trottinettes, téléphones et équipements portables. Pour ces derniers, nous insistons sur la prévention : charge surveillée, hors des circulations, avec des chargeurs adaptés, et retrait immédiat de tout appareil qui chauffe ou gonfle.
Les moyens de l’établissement que le personnel doit connaître
- Les extincteurs : emplacement, type, accès, vérification.
- Les robinets d’incendie armés et colonnes sèches : rôle, usage réservé, relation avec les secours.
- Le système de détection et d’alarme : déclencheurs manuels, centrale, signaux, procédure de levée de doute.
- Les portes coupe-feu : fonctionnement, fermeture automatique, interdiction de les bloquer ouvertes.
- Le désenfumage : commandes, principe, situations d’usage.
- Les blocs autonomes d’éclairage de sécurité : signalisation, itinéraires, vérification.
- Les plans d’évacuation et d’intervention : lecture, zones de mise en sécurité, points de rassemblement.
- Les fluides médicaux : emplacement des vannes et consignes de coupure d’oxygène, selon votre protocole.
Un temps de la formation est consacré à un parcours sur site avec les stagiaires, pour que ces repères deviennent concrets. Beaucoup de soignants découvrent à ce moment des équipements qu’ils croisent depuis des années sans les voir.
La réalité virtuelle et augmentée au service des soignants
La formation en milieu de soins pose une difficulté particulière : on ne peut pas mettre le feu dans un service, ni mobiliser tous les soignants en même temps, ni faire déplacer de vrais patients pour s’entraîner. La réalité virtuelle et augmentée avec casque Meta Quest 3 répond à ce défi.
Des scénarios proches de votre établissement
Le stagiaire se retrouve dans un couloir de service, une chambre, un local de soins, un couloir d’EHPAD. Il voit de la fumée monter, il entend l’alarme, il perçoit la tension d’une équipe réduite. Il doit alerter, décider qui déplacer, tenir un extincteur, fermer les portes, guider ses collègues. Les scénarios sont construits à partir de votre configuration : unité de soins, chambres, couloirs, escaliers, locaux techniques.
Ce que cela apporte
- Aucun risque, aucun dégât, aucune gêne pour les patients. Pas de fumée, pas de flamme, pas de matériel déplacé. Les services continuent à fonctionner.
- Une formation en petits groupes ou en binômes. Un binôme est formé environ toutes les trente-cinq minutes. Les soignants passent à tour de rôle, sans quitter longtemps leur poste.
- La répétition. Un geste que l’on peut refaire plusieurs fois devient un réflexe.
- Une pression réaliste. La peur, l’urgence, la fumée, les décisions à prendre en quelques secondes. Le soignant s’entraîne à garder son calme.
- La possibilité de travailler les situations dégradées. Un couloir bloqué, un ascenseur inutilisable, une équipe réduite, un patient qui refuse de bouger. Ce que l’on n’ose pas simuler en vrai peut être vécu en virtuel.
- Un suivi individuel. Chaque passage est observé et débriefé.
Ce que cela complète
La réalité virtuelle et augmentée complète le travail sur site. Elle ne le remplace pas. Les exercices pratiques de transfert se font aussi en vrai, avec votre matériel et vos équipes : déplacement d’un lit, d’un fauteuil, d’un brancard, franchissement de portes coupe-feu, utilisation de vos draps de transfert. Pour les extincteurs, nous pouvons compléter si vous le souhaitez par une manipulation réelle ou un bac à feu, selon votre configuration. Cette combinaison offre à chacun ce dont il a besoin.

Une journée de formation dans votre établissement
- Accueil et cadrage. Présentation des objectifs, des consignes de l’établissement, des rôles. Chacun partage ses expériences et ses inquiétudes.
- Apports courts. Triangle du feu, comportement de la fumée, principes de compartimentage, mise en sécurité horizontale, rôles de chacun.
- Repérage sur site. Parcours d’une unité de soins : extincteurs, alarme, portes coupe-feu, zones de mise en sécurité, issues, escaliers, point de rassemblement.
- Mises en situation en réalité virtuelle et augmentée. Les binômes passent sous le casque sur des scénarios variés : feu dans une chambre, fumée dans un couloir, feu dans un local technique, nuit avec peu de personnel.
- Exercice pratique de transfert horizontal. Déplacement de personnes ou de mannequins avec votre matériel : lit, fauteuil, brancard, drap de transfert, passage d’une porte coupe-feu.
- Exercice d’alerte et d’organisation. Message au poste de sécurité ou au standard, répartition des rôles, décompte des personnes.
- Débriefing et évaluation. Retour individuel et collectif, points forts, axes de progrès, recommandations pour l’établissement.
Nous organisons la formation de jour comme de nuit, pour toucher les équipes concernées. Nous pouvons répéter les sessions sur plusieurs jours afin que chaque soignant puisse y participer sans désorganiser les soins.
Adapter la formation à votre type de structure
Hôpitaux
Services de médecine, chirurgie, urgences, soins intensifs, bloc opératoire, maternité, pédiatrie, psychiatrie. Chaque service a ses contraintes : patients scopés, sous oxygène, en isolement, mineurs, accompagnés par des familles. Nous construisons des scénarios dédiés à chaque situation, en lien avec le cadre de santé.
Cliniques
Séjours courts, chambres individuelles, présence de patients anesthésiés ou en réveil, blocs opératoires, unités ambulatoires. Nous travaillons la mise en sécurité des patients anesthésiés et la coordination avec les équipes médicales.
EHPAD et résidences pour personnes âgées
Résidents dépendants, troubles cognitifs, déambulation, équipes réduites la nuit. Les couloirs longs, les chambres individuelles et les ascenseurs sont à l’origine de situations spécifiques. Nous insistons sur le transfert horizontal avec peu de personnel, sur le rôle de l’agent de nuit et sur la communication avec des résidents désorientés.
Établissements pour personnes en situation de handicap
Fauteuils électriques, appareillages, déficiences sensorielles ou cognitives, besoins de repères adaptés. Nous construisons des consignes d’évacuation qui tiennent compte de chaque situation.
Établissements de soins de suite, centres de rééducation, structures de santé mentale
Patients de profils variés, parfois autonomes, parfois non. Les scénarios intègrent les contraintes de sécurité propres à chaque structure.
Les erreurs que nous rencontrons le plus souvent
- Des portes coupe-feu bloquées ouvertes. Cales, extincteurs, chariots, par commodité. Elles perdent toute leur efficacité.
- Des couloirs encombrés. Chariots de soins, de linge, de repas, lits, matériel. Le transfert devient impossible.
- Une confusion sur ce qu’il faut faire en premier. Certains veulent évacuer tout de suite, d’autres cherchent à éteindre à tout prix.
- Un personnel de nuit non formé ou peu formé. Les équipes de nuit sont souvent oubliées dans les plannings de formation.
- Une méconnaissance des zones de mise en sécurité. Où aller, qui y va, comment on s’y rend.
- Un usage de l’ascenseur par réflexe. Il est interdit en cas d’incendie.
- Une alerte approximative. Mauvais service, mauvaise chambre, nombre de personnes oublié.
- Des consignes affichées mais jamais pratiquées. Le jour J, on découvre qu’on ne sait pas les appliquer.
- Un oubli du décompte. On ne sait plus qui a été déplacé et qui reste.
- Un manque de suivi. Pas d’exercice entre deux formations.
Combien de soignants former ?
La réponse dépend de votre établissement, mais un principe simple s’applique : chaque service et chaque plage horaire doivent compter au moins quelques personnes formées. Quelques repères :
- Former en priorité les équipes de nuit, de week-end et de jours fériés, car les effectifs y sont plus faibles.
- Former tous les soignants d’une même unité, pas seulement le cadre de santé.
- Former les agents de service, qui interviennent dans les locaux et peuvent détecter un départ de feu.
- Former les remplaçants, les intérimaires et les nouveaux arrivants, via des sessions d’accueil.
- Former les médecins et internes, ou au moins leur présenter les règles de l’établissement.
- Prévoir des rappels réguliers, car les équipes changent vite.
Nous vous aidons à bâtir un plan de formation pluriannuel, qui couvre l’ensemble des équipes et qui respecte les contraintes de continuité des soins. Nous réalisons aussi, si vous le souhaitez, un audit de vos moyens de secours : extincteurs, RIA, BAES, plans d’évacuation et d’intervention.
Trois scénarios que nous mettons en scène
Le feu dans une chambre, la nuit
Deux soignants gardent un étage. L’alarme se déclenche, une chambre est enfumée. Il faut faire vite : alerter, vérifier la chambre sans entrer si la fumée est dense, fermer la porte, éloigner les voisins, prévenir le poste de sécurité, lancer le transfert horizontal des personnes menacées. Le scénario est joué à deux, puis rejoué avec un troisième soignant appelé en renfort pour travailler l’organisation.
La fumée dans un couloir de service
De la fumée apparaît d’un local technique en bout de couloir. Les chambres sont occupées, certains résidents marchent difficilement. L’équipe doit décider quelles portes fermer, quels résidents déplacer en premier, comment passer la porte coupe-feu avec un lit, et comment tenir le décompte. Les stagiaires apprennent à partager les rôles et à garder une vue d’ensemble.
Le feu à proximité de la cuisine ou de la lingerie
Un feu naissant dans un local de service, à proximité de couloirs de circulation. L’enjeu est d’évaluer si un extincteur peut régler la situation, de couper l’énergie si possible, d’alerter, et de protéger les couloirs adjacents. Le stagiaire apprend à décider vite entre l’intervention et la mise en sécurité.
La communication avec les patients et les résidents
Face à un incendie, les personnes vulnérables ressentent la peur, parfois la panique. Un soignant qui sait parler calmement, donner des consignes brèves et rassurer facilite grandement le transfert. Nous travaillons avec les stagiaires :
- Les mots simples. Des phrases courtes, répétées, adaptées à la personne.
- Le ton. Calme, ferme, bienveillant.
- Le contact. Regard, main sur l’épaule, présence rassurante.
- Les patients désorientés. Savoir faire avec une personne qui ne comprend pas, qui s’oppose ou qui cherche à retourner dans sa chambre.
- Les familles et les visiteurs. Les orienter, leur donner des consignes simples, leur demander d’attendre à l’extérieur.
Cette dimension humaine est au cœur du métier de soignant, et elle fait la différence dans une évacuation réussie.
Prendre soin des équipes après un événement
Un incendie, même maîtrisé, laisse des traces chez les soignants : stress, culpabilité, fatigue, doute. Un temps de retour d’expérience après un exercice ou un incident permet de rassurer, d’ajuster et de renforcer l’équipe. Nous encourageons les établissements à organiser ces échanges, à remercier les personnes qui ont agi, et à s’appuyer sur la médecine du travail et les services de prévention et de santé au travail si l’événement est difficile.
Recyclage et entretien des acquis
Les équipes de soins changent souvent : arrivées, départs, remplacements, intérim. Un recyclage régulier est donc indispensable. Le Code du travail prévoit des exercices au moins tous les six mois, et une formation annuelle des personnels est une bonne pratique. Entre deux sessions, quelques habitudes aident : un quart d’heure en transmission pour rappeler la conduite à tenir, un exercice d’alerte par trimestre, une vérification régulière des portes coupe-feu et des couloirs, et un affichage clair des consignes dans chaque unité.
Préparer votre session
- Désigner un interlocuteur qui connaît l’établissement et le fonctionnement des services : cadre de santé, responsable qualité, responsable sécurité.
- Rassembler les documents : consignes de sécurité incendie, plans d’évacuation et d’intervention, registre de sécurité, comptes rendus des derniers exercices.
- Informer les services, les familles si nécessaire, et le poste de sécurité du déroulement de la journée, pour éviter toute confusion avec une vraie alerte.
- Constituer les groupes par unité, par équipe et par plage horaire, en incluant le personnel de nuit.
- Prévoir un espace dégagé pour les casques et un couloir ou une unité disponible pour les exercices de transfert.
- Mettre à disposition votre matériel : lits, fauteuils, brancards, draps de transfert, pour s’entraîner avec ce qui existe réellement.
- Planifier le suivi : conservation des attestations, rappels, traitement des recommandations.
Financement : Qualiopi et prise en charge par l’OPCO
TRINACRE Formations est certifié Qualiopi au titre des actions de formation. Cette certification ouvre la possibilité d’un financement par les fonds de la formation professionnelle. Pour les établissements de santé et médico-sociaux, l’opérateur de compétences compétent dépend de votre statut et de votre convention collective, et les règles de prise en charge varient. Selon les critères d’éligibilité et les financements disponibles, la formation peut être prise en charge en tout ou partie, sous réserve de l’accord de l’OPCO. Nous vous aidons à préparer le dossier : programme, objectifs, durée, devis et convention. Le plus simple est d’interroger votre conseiller avant de signer, puis de nous transmettre sa réponse.
Le lien avec nos autres formations
La formation incendie et mise en sécurité en milieu de soins s’inscrit dans un ensemble. Elle se complète avec la formation à l’évacuation en ERP et en IGH, avec la formation d’équipier de première intervention, avec la formation SST enrichie par la réalité virtuelle et augmentée, avec la formation gestes et postures, utile pour les soignants qui manipulent des patients, et avec le document unique d’évaluation des risques. Pour la vue d’ensemble de notre offre incendie, consultez notre guide complet.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le transfert horizontal ?
C’est le déplacement de personnes d’un compartiment menacé par un incendie vers un compartiment voisin protégé, sur le même niveau, derrière des portes coupe-feu. C’est la première réponse dans un établissement de soins, avant une éventuelle évacuation verticale ou vers l’extérieur.
La formation est-elle obligatoire pour les soignants ?
Le Code du travail impose des consignes, des moyens de secours et des exercices périodiques où les travailleurs apprennent à les utiliser. Les établissements de santé et médico-sociaux ont en plus leurs règles propres. Former les soignants est la façon concrète d’y répondre.
Peut-on former les équipes de nuit ?
Oui. Nous organisons des sessions en soirée ou de nuit, adaptées aux effectifs réduits.
Faut-il mobiliser de vrais patients ?
Non. Les exercices de transfert se font avec des collègues ou des mannequins, avec votre matériel. Les patients ne sont pas sollicités.
La réalité virtuelle perturbe-t-elle le service ?
Non. Pas de fumée, pas de flamme, pas de matériel déplacé. Les casques s’utilisent dans une salle ou un espace dégagé, et les soignants passent à tour de rôle.
Combien de personnes peut-on former par jour ?
Un binôme passe environ toutes les trente-cinq minutes. Nous organisons le nombre de sessions avec vous, en fonction de l’effectif et de la continuité des soins.
Intervenez-vous partout en France ?
Oui. Nous nous déplaçons dans les établissements, en Île-de-France sans frais de déplacement et partout en France selon les conditions du devis.
La formation peut-elle être financée ?
Elle peut l’être par votre OPCO, sous réserve de son accord, grâce à la certification Qualiopi de TRINACRE Formations.
Protéger ceux qui ne peuvent pas se protéger seuls
Dans un établissement de soins, la sécurité incendie repose sur les soignants, qui sont les premiers et parfois les seuls à pouvoir agir. Leur donner les moyens de mettre en sécurité, de déplacer, d’alerter et de lutter contre un début d’incendie est une responsabilité, mais aussi une façon de leur offrir de la confiance. TRINACRE Formations intervient dans votre établissement, avec un formateur expérimenté du terrain de l’incendie, des scénarios proches de votre réalité, la certification Qualiopi et la possibilité d’une prise en charge par votre OPCO. Chaque devis est établi sur mesure, selon votre structure, vos équipes et vos contraintes de soins.
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