Le document unique d’évaluation des risques professionnels est l’un des textes les plus contrôlés et les plus mal tenus en entreprise. Voici comment le bâtir pour qu’il serve vraiment, de la petite structure au site de plusieurs centaines de salariés.

Dans beaucoup d’entreprises, le DUERP existe quelque part. Il est dans un classeur, sur un serveur, ou dans le dossier d’un ancien responsable qui a quitté l’entreprise depuis deux ans. Il a été rédigé un jour de rentrée, signé, rangé, puis oublié. Et le jour d’un accident du travail, d’un contrôle de l’inspection du travail ou d’une demande du CSE, on s’aperçoit qu’il ne décrit plus l’entreprise réelle : les bureaux ont déménagé, un atelier a changé de machine, une équipe est passée en télétravail partiel, de nouveaux produits sont arrivés, et personne n’a rien mis à jour.

Cet article s’adresse à ceux qui décident : dirigeants de TPE et de PME, directions des ressources humaines, responsables QHSE, responsables de site, collectivités, associations, établissements de santé. Il répond à des questions simples. Qui doit établir un DUERP ? Que doit-il contenir ? À quel rythme faut-il le mettre à jour ? Qui peut le consulter ? Quels sont les risques pour l’employeur s’il est absent ou périmé ? Et surtout, comment le construire pour qu’il devienne un outil de pilotage plutôt qu’une obligation administrative.

Nous détaillons aussi ce que la réalité virtuelle et augmentée change dans la préparation des équipes, parce qu’un DUERP bien fait débouche presque toujours sur un plan d’actions qui comprend de la formation : incendie, évacuation, secourisme, gestes et postures.

Ce que dit la réglementation, en clair

L’obligation vient du Code du travail. L’article L4121-1 pose le principe général : l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. L’article L4121-2 liste les principes généraux de prévention : éviter les risques, évaluer ceux qui ne peuvent pas être évités, combattre les risques à la source, adapter le travail à l’homme, tenir compte de l’évolution de la technique, remplacer ce qui est dangereux par ce qui l’est moins, planifier la prévention, donner la priorité aux mesures collectives, donner les instructions appropriées aux travailleurs.

L’article L4121-3 impose à l’employeur d’évaluer les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, y compris dans le choix des procédés de travail, des équipements, des substances ou préparations chimiques, dans l’aménagement ou le réaménagement des lieux de travail et dans la définition des postes de travail. Cette évaluation tient compte de l’impact différencié de l’exposition au risque en fonction du sexe.

Les articles R4121-1 et suivants précisent la forme. L’employeur transcrit et met à jour dans un document unique les résultats de l’évaluation. Ce document unique n’est pas un simple tableau : il rend visibles les risques identifiés, classés, et il sert de base aux actions de prévention.

Point important, et souvent ignoré : l’obligation vaut dès le premier salarié. Il n’existe pas de seuil d’effectif en dessous duquel l’employeur serait dispensé d’évaluer les risques. Un artisan avec un apprenti, une boutique avec deux vendeuses, un cabinet avec une secrétaire sont concernés au même titre qu’une usine. Ce qui varie avec la taille, ce sont les modalités de mise à jour et certaines obligations complémentaires, que nous détaillons plus loin.

Ce que le DUERP doit contenir

Le texte demande d’identifier les dangers auxquels les salariés sont exposés, d’évaluer le niveau de risque, et de classer ces risques. L’évaluation se fait par unité de travail. Une unité de travail n’est pas forcément un service de l’organigramme : c’est un ensemble de postes ou de situations de travail dont les salariés sont exposés aux mêmes dangers dans des conditions comparables. Dans une boulangerie, le fournil, le magasin et les livraisons sont trois unités. Dans un cabinet d’expertise, on distinguera peut-être les bureaux, les déplacements chez les clients et le télétravail.

Un DUERP utile répond à quatre questions pour chaque unité de travail.

Quels dangers ? Chutes de plain-pied ou de hauteur, manutention manuelle, postures contraintes, risque routier, risque chimique, bruit, électricité, incendie, explosion, agressions, charge mentale, travail isolé, écrans, ambiances thermiques, machines. La liste est longue, mais chaque entreprise n’en rencontre qu’une partie. L’important est de regarder le travail réel, pas le travail prescrit.

Quelle exposition ? Combien de personnes sont concernées, pendant combien de temps, à quelle fréquence, dans quelles conditions, avec quelle formation, avec quels équipements de protection. Un risque électrique sur une armoire fermée à clé n’est pas le même qu’un risque sur un poste manipulé tous les jours.

Quelle gravité et quelle probabilité ? La méthode la plus courante croise la gravité des conséquences possibles et la fréquence ou la probabilité d’occurrence, avec une grille de cotation lisible par tous. Certaines entreprises ajoutent un troisième critère, le niveau de maîtrise : un risque déjà bien couvert par des mesures éprouvées pèse moins qu’un risque sans protection.

Quelles actions ? C’est le point où beaucoup de documents s’arrêtent trop tôt. Évaluer sans décider ne sert à rien. Chaque risque non maîtrisé doit déboucher sur une action, avec un responsable, une échéance, un budget estimé et un indicateur de suivi.

Le rythme de mise à jour

Le texte distingue selon l’effectif.

Pour les entreprises d’au moins onze salariés, le document unique est mis à jour au moins une fois par an. Il est aussi mis à jour lors de toute décision d’aménagement important modifiant les conditions de santé et de sécurité ou les conditions de travail, et lorsqu’une information supplémentaire intéressant l’évaluation d’un risque dans une unité de travail est recueillie.

Pour les entreprises de moins de onze salariés, la mise à jour annuelle n’est pas imposée de façon systématique, mais les deux autres déclencheurs s’appliquent : réorganisation importante et nouvelle information sur un risque. Un accident du travail, une maladie professionnelle, un presque accident bien documenté, une observation du médecin du travail ou une alerte d’un salarié sont des informations qui doivent conduire à revoir l’évaluation.

La conséquence pratique est simple. Un DUERP daté de 2021 qui n’a jamais été touché depuis n’est pas seulement « un peu ancien ». Pour une entreprise de plus de onze salariés, il est en défaut. Pour une plus petite, il est sans doute périmé dès lors qu’un changement est intervenu : nouveau local, nouvelle machine, nouvelle activité, télétravail, nouveau produit.

Conservation, accès et dépôt

La réforme issue de la loi du 2 août 2021 a renforcé le statut du document. Chaque version doit être conservée pendant quarante ans, sur support papier ou dématérialisé, afin de garder la trace des expositions successives. L’objectif est de permettre de reconstituer l’historique en cas de maladie professionnelle à déclaration tardive, par exemple une pathologie liée à une exposition chimique ou au bruit qui se révèle des décennies plus tard.

Le document est tenu à la disposition des travailleurs, des anciens travailleurs pour les versions qui les concernent, des membres de la délégation du personnel au comité social et économique, du médecin du travail, des agents de l’inspection du travail, des agents des services de prévention des organismes de sécurité sociale et des agents des organismes professionnels de santé, de sécurité et des conditions de travail. L’employeur doit informer les travailleurs, par un affichage à une place convenable et aisément accessible, des modalités d’accès au document, et ces modalités doivent aussi figurer dans le règlement intérieur lorsqu’il en existe un.

Le dépôt dématérialisé sur un portail numérique prévu par la loi est en cours de déploiement selon un calendrier qui dépend de la taille de l’entreprise. Les dates ont évolué, il est donc prudent de vérifier le calendrier en vigueur au moment où vous lisez ces lignes auprès de votre branche, de votre organisme de prévention ou de la direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités. Quelle que soit la date, la bonne pratique est de tenir chaque version datée, signée, archivée et facile à retrouver.

Ce que risque l’employeur

Un DUERP absent ou non mis à jour constitue une infraction. Le Code du travail prévoit pour ce manquement une amende de contravention de cinquième classe, qui s’applique autant de fois qu’il y a de travailleurs concernés, avec des montants plus élevés en cas de récidive. Mais la vraie exposition n’est pas là.

Elle se situe après un accident grave. Lorsqu’un salarié est victime d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, la reconnaissance d’une faute inexcusable de l’employeur peut conduire à une majoration de la rente, à la réparation de préjudices complémentaires, et à un coût financier très supérieur à tout ce qu’une démarche de prévention aurait coûté. Or l’absence d’évaluation des risques, ou une évaluation qui ignore un danger connu, est l’un des arguments classiquement invoqués pour démontrer que l’employeur aurait dû avoir conscience du danger et n’a pas pris les mesures nécessaires. Dans les affaires plus graves, la responsabilité pénale du chef d’entreprise peut aussi être recherchée.

Il y a aussi un coût plus discret, mais très concret : l’assurance. Un assureur, un donneur d’ordre exigeant, un client grand compte lors d’un audit fournisseur, un financeur ou un organisme certificateur demandent de plus en plus souvent à voir le DUERP. Un document à jour est un argument commercial.

Les obligations qui accompagnent le DUERP selon la taille

Le document unique n’est pas seul. Depuis la réforme de 2021, il s’articule avec d’autres exigences.

Dans les entreprises d’au moins cinquante salariés, les résultats de l’évaluation des risques alimentent un programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail. Ce programme fixe la liste détaillée des mesures à prendre au cours de l’année à venir, avec le calendrier d’exécution, les conditions d’exécution et les moyens, l’estimation du coût des mesures, et les indicateurs de résultat. Il est présenté au comité social et économique, qui est consulté sur ce sujet.

Dans les entreprises de moins de cinquante salariés, l’évaluation donne lieu à une liste d’actions de prévention et de protection. Même sans le formalisme du programme annuel, c’est cette liste qui fait la valeur du document : une entreprise de vingt personnes avec dix actions simples, datées et suivies fait mieux qu’une entreprise de deux cents personnes avec un classeur de cent pages jamais ouvert.

Quelle que soit la taille, l’employeur désigne un ou plusieurs salariés compétents pour s’occuper des activités de protection et de prévention des risques professionnels. Il peut s’agir de lui-même dans les plus petites structures, d’un responsable QHSE, d’un référent santé et sécurité. Le CSE, lorsqu’il existe, dispose d’une commission santé, sécurité et conditions de travail dans les entreprises d’au moins trois cents salariés, et le DUERP est l’un de ses documents de référence. Le médecin du travail et le service de prévention et de santé au travail sont aussi des partenaires utiles, et c’est souvent leur fiche d’entreprise qui apporte les informations manquantes sur le terrain.

Les erreurs que nous voyons le plus souvent

Nous intervenons dans les entreprises et les établissements pour former des équipes à l’incendie, à l’évacuation, au secourisme et aux gestes et postures. Nous voyons donc régulièrement des DUERP, parfois pour les consulter avant de préparer une formation. Voici les défauts les plus répandus.

Le document copié d’un modèle. Un modèle téléchargé en ligne peut servir de trame, jamais de contenu. Il y est question de risques qui n’existent pas chez vous et il oublie ceux qui existent. Un exemple : une agence d’évènementiel dont le DUERP parle longuement du travail sur écran mais ne dit rien de la manutention de matériel lourd lors des montages, des horaires décalés, ou du risque routier lors des livraisons.

Le document écrit par une seule personne dans un bureau. On ne peut pas évaluer un poste de travail sans parler à ceux qui l’occupent. Les opérateurs, les agents d’accueil, les soignants, les livreurs, les agents d’entretien savent précisément où ça glisse, où ça coince, où ça chauffe, où l’on prend des raccourcis. Une évaluation qui n’a pas inclus ces témoignages passe à côté d’une grande partie de la réalité.

La cotation sans critère. Quand on demande à trois personnes de noter la même situation sans grille commune, on obtient trois résultats. Une grille de gravité et de fréquence écrite, simple, avec des exemples, change tout.

Les risques psychosociaux oubliés. Charge de travail, pression des délais, conflits de valeurs, agressions verbales, exposition à la souffrance d’autrui, isolement, management. Ils doivent figurer dans le document au même titre que les chutes ou les produits chimiques. Ils se traitent différemment, mais ils s’évaluent.

L’incendie traité en une ligne. « Risque incendie : extincteurs vérifiés. » Cette phrase résume un nombre étonnant de documents. Elle ne dit pas qui sait s’en servir, qui donne l’alerte, qui guide l’évacuation, comment on évacue une personne à mobilité réduite, si l’alarme est audible partout, si les issues sont dégagées, si les exercices sont faits, si les équipiers sont formés, si l’on connaît les points de rassemblement. Elle ne dit pas non plus ce qui se passe la nuit, le week-end, pendant les congés ou lors d’une période de forte affluence.

Le plan d’actions sans responsable. Une action sans nom, sans date et sans budget n’est pas une action. C’est un souhait.

Les mises à jour « de principe ». Changer la date de la page de garde ne vaut pas mise à jour. Une vraie révision se reconnaît à un journal des modifications : ce qui a changé, pourquoi, qui a participé, quelles actions ont été closes, quelles nouvelles actions ont été ouvertes.

Une méthode en sept étapes

Voici une manière de procéder qui fonctionne aussi bien dans une structure de dix personnes que sur un site de plusieurs centaines de salariés.

Étape 1 : cadrer et nommer un pilote

Une personne pilote la démarche. Elle a le temps, l’autorité et l’appui de la direction. Dans les petites structures, c’est souvent le dirigeant. Dans les plus grandes, un responsable QHSE, un directeur des ressources humaines, un responsable de site. Le pilote constitue un petit groupe de travail qui comprend au moins un représentant des salariés, idéalement un membre du CSE, et un encadrant de terrain.

Étape 2 : découper en unités de travail

Listez les lieux, les postes, les activités. Regroupez ce qui se ressemble. Une unité de travail doit pouvoir être décrite en une phrase et visitée en une heure. Ne cherchez pas la perfection : mieux vaut huit unités claires que trente confuses.

Étape 3 : observer le travail réel

Passez du temps sur place. Observez les gestes, les circulations, les rangements, les produits, les équipements. Interrogez les salariés avec des questions simples : qu’est-ce qui vous fatigue ? Qu’est-ce qui vous a fait peur ? Qu’est-ce qui vous a déjà fait vous blesser, ou failli ? Qu’est-ce que vous feriez si l’alarme sonnait maintenant ? Utilisez aussi les données disponibles : registre des accidents bénins, déclarations d’accidents du travail, arrêts, rapports de vérification des installations, observations du médecin du travail, remarques du CSE, rapports de l’assureur.

Étape 4 : identifier et coter

Pour chaque unité, dressez la liste des dangers, des situations dangereuses et des dommages possibles. Cotez avec la grille commune. Notez ce qui existe déjà comme protection, ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas.

Étape 5 : décider des actions

Appliquez la hiérarchie de la prévention : supprimer le danger quand c’est possible, le réduire à la source, privilégier les protections collectives, puis les protections individuelles, enfin la formation et les consignes. La formation n’est pas une mesure de second rang, elle est indispensable, mais elle ne remplace pas la suppression d’un danger quand celle-ci est possible. Chaque action reçoit un responsable, une échéance, un budget, un indicateur.

Étape 6 : formaliser, informer, afficher

Rédigez le document, datez-le, faites-le valider par la direction, présentez-le au CSE s’il existe, informez les salariés des modalités d’accès, et archivez cette version pour quarante ans.

Étape 7 : suivre et mettre à jour

Fixez un rendez-vous récurrent, au moins annuel, et des déclencheurs : accident, changement d’organisation, nouvelle machine, nouveau local, nouvelle activité, nouveau produit, remarque du médecin du travail. Ouvrez un journal des modifications. Rendez compte au moins une fois par an devant les instances.

Le DUERP et l’incendie : le point où l’on voit tout de suite la qualité du document

Parmi tous les risques, l’incendie est celui qui révèle le mieux la qualité d’un DUERP, pour une raison simple : il met en jeu à la fois la technique, l’organisation et le comportement humain.

Sur le plan technique, il faut des équipements adaptés au risque et vérifiés. Le Code du travail impose des dispositions de prévention et d’évacuation, que l’on retrouve notamment dans les articles R4227-1 et suivants : dispositions générales de sécurité, moyens de secours, consignes, exercices. L’article R4227-28 prévoit que l’employeur prend les mesures nécessaires pour que tout commencement d’incendie puisse être rapidement et efficacement combattu dans l’intérêt du sauvetage des travailleurs. L’article R4227-39 fixe les consignes de sécurité incendie, avec un exercice au moins tous les six mois. Les établissements recevant du public ont en outre leurs propres règles, issues du règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique, avec une organisation particulière selon le type et la catégorie.

Sur le plan de l’organisation, il faut que les rôles soient attribués : qui alerte, qui coupe les énergies si cela est prévu, qui guide, qui ferme, qui compte, qui accueille les secours. Une consigne écrite qui ne désigne personne ne fonctionne pas. Et il faut avoir pensé aux situations dégradées : un bâtiment en horaires décalés, un chantier de travaux en cours, un salarié en situation de handicap, des visiteurs, des intervenants extérieurs, des prestataires de nettoyage.

Sur le plan humain, il faut des personnes formées et entraînées. L’incendie est un évènement rare, brutal, qui sidère. Les gens ne font pas ce qu’ils ont lu sur une affiche : ils font ce qu’ils ont déjà fait. C’est pourquoi les exercices et la mise en situation pèsent plus que n’importe quelle consigne.

Un bon DUERP traite donc l’incendie en plusieurs lignes : départ de feu et propagation, évacuation, alerte et alarme, intervention sur un début d’incendie, intervention des secours, entretien et vérification des installations, formation du personnel, exercices.

Ce que change la réalité virtuelle et augmentée

L’une des questions que nous posons systématiquement à nos clients est la suivante : combien de vos salariés ont déjà tenu un extincteur dans leurs mains, devant un vrai feu, une seule fois dans leur carrière ? La réponse est presque toujours : très peu, parfois aucun.

La formation classique avec bac à feu reste une excellente méthode. Elle apporte la chaleur, le bruit, l’odeur, le poids de l’appareil, la distance à respecter. Mais elle a des contraintes : un espace extérieur adapté, de la logistique, du gaz ou des combustibles, des conditions météo, et elle ne se prête pas à toutes les configurations de bâtiments, notamment dans les immeubles de bureaux en centre-ville.

La réalité virtuelle et augmentée apporte autre chose. Elle permet de reproduire, dans les locaux de l’entreprise, des situations que l’on ne peut pas provoquer pour de vrai : un départ de feu dans une cuisine, un local technique, un entrepôt, un open space, une chambre d’établissement de soins. Elle permet de faire apprendre le bon choix d’agent extincteur, la bonne distance, le bon geste, de recommencer autant de fois que nécessaire, de mesurer la réaction de chaque participant et de comparer avec les bonnes pratiques. Elle permet aussi de travailler la décision : j’attaque ou je sors ? J’alerte avant ou après ? Je ferme la porte ? Qui prévenir ? La réalité augmentée permet de projeter un feu virtuel dans un espace réel, avec l’extincteur d’entraînement dans les mains, ce qui donne l’avantage de l’ancrage dans le lieu de travail de chacun.

Elle n’est ni un gadget ni un substitut universel. Elle prend sa place dans une démarche : diagnostic, formation pratique, exercice d’évacuation, retour d’expérience. Elle s’adresse aux équipiers de première intervention, aux guides-files et serre-files, au personnel d’accueil, aux managers, aux agents de sécurité, aux équipes de nuit.

Précision importante pour le secourisme : la formation au sauvetage secourisme du travail suit le référentiel de l’INRS et ses règles de certification. La réalité virtuelle et augmentée peut enrichir la préparation et l’entraînement des gestes, elle ne remplace pas le déroulé ni l’évaluation prévus par le référentiel pour la certification.

Secourisme et gestes et postures : deux lignes du plan d’actions qu’on oublie trop souvent

Un DUERP sérieux fait presque toujours apparaître deux besoins récurrents.

Le secourisme. Dans une entreprise, la question n’est pas de savoir si un malaise ou un accident va survenir un jour, mais de savoir qui sera là, à ce moment-là, et ce qu’il saura faire. Un sauveteur secouriste du travail présent à chaque plage horaire, avec un recyclage à jour, des défibrillateurs signalés et vérifiés, une trousse de secours complétée, un protocole d’alerte connu : voilà ce que l’on attend d’une mesure efficace. Le plan d’actions doit dire combien de SST il faut, où ils sont, quand ils sont formés, quand ils sont recyclés, et qui les remplace pendant les congés.

La remarque vaut particulièrement pour les structures qui fonctionnent en horaires décalés, le week-end ou la nuit : commerces, restaurants, établissements d’accueil, hôtellerie, logistique. Des SST formés mais présents tous sur le même planning laissent des plages entières sans personne.

Les gestes et postures. Les troubles musculosquelettiques représentent une très grande part des maladies professionnelles reconnues. Le DUERP doit regarder la manutention manuelle, le port de charges, les gestes répétitifs, les postures contraintes, le travail prolongé sur écran, les stations debout prolongées, le travail en position penchée ou accroupie. L’action de prévention commence par l’organisation du poste et les aides à la manutention, et se poursuit par une formation qui apprend à reconnaître les situations à risque et les bons réflexes. Nous animons des formations gestes et postures, non certifiantes, qui s’appuient sur les situations réelles de vos salariés.

À quoi ressemble un plan d’actions utile : quelques exemples concrets

Pour montrer comment un DUERP se traduit en actions, voici trois cas inspirés de situations que nous rencontrons.

Une agence immobilière de quinze personnes. Les risques principaux identifiés sont la chute de plain-pied dans les escaliers de l’immeuble, les agressions verbales au guichet, le risque routier lors des visites, le travail sur écran, et l’incendie dans un local en rez-de-chaussée d’immeuble. Le plan d’actions comprend la reprise de la signalétique et de l’éclairage des escaliers, un protocole de gestion des situations de tension, une charte de déplacement, une organisation des postes écran, une formation SST pour trois personnes dont une à temps plein à l’accueil, un exercice d’évacuation avec désignation d’un guide-file et d’un serre-file, et une séance d’entraînement à l’extincteur en réalité augmentée dans les locaux.

Un entrepôt logistique de quatre-vingts salariés. Les risques principaux sont la co-activité entre piétons et engins, les chutes d’objets, la manutention, le bruit, l’incendie lié aux palettes et aux batteries de chargeurs, le travail en horaires décalés. Le plan d’actions prévoit un marquage au sol et des allées piétonnes sécurisées, une formation à la conduite, un plan de prévention pour les intervenants extérieurs, une organisation de la zone de charge des batteries avec un contrôle régulier, des équipiers de première intervention répartis sur chaque équipe, un exercice d’évacuation de nuit, et des mises en situation d’extinction sur feux de palettes et de matières plastiques.

Un établissement médico-social de soixante lits. Les risques principaux sont la manutention des personnes, les chutes, les agressions, la charge mentale, les risques biologiques, l’incendie avec évacuation de personnes à mobilité réduite. Le plan d’actions prévoit du matériel d’aide à la manutention, des formations gestes et postures adaptées aux situations de soin, un référent par unité pour l’évacuation, une formation du personnel soignant à l’évacuation par transfert horizontal avec exercice en situation réelle, des SST répartis jour et nuit, et un exercice de nuit avec le personnel de garde.

On remarque que dans chacun de ces cas, la formation apparaît parmi les actions, mais qu’elle ne vient jamais seule. Elle vient avec de l’organisation, du matériel, des consignes et un suivi.

Comment préparer l’inspection ou l’audit d’un client

Que l’on soit contrôlé par l’inspection du travail, la caisse d’assurance retraite et de la santé au travail, un assureur, un client grand compte ou un organisme de certification, les demandes sont toujours les mêmes. Voici une liste de contrôle rapide pour savoir où l’on en est.

Le DUERP existe-t-il, et couvre-t-il toutes les unités de travail et toutes les activités, y compris le télétravail, les déplacements et les chantiers ? Est-il daté, et la dernière version a-t-elle moins d’un an pour une entreprise d’au moins onze salariés ? Les anciennes versions sont-elles conservées ? Les salariés savent-ils où le consulter, et l’affichage existe-t-il ? La grille de cotation est-elle écrite ? Les actions ont-elles un responsable, une échéance, un budget, un suivi ? Les accidents et presque accidents de l’année y ont-ils été intégrés ? Le CSE a-t-il été consulté ? Les formations réglementaires figurent-elles au plan, avec leur échéance de recyclage ? Les consignes incendie sont-elles affichées, les exercices sont-ils tracés, les équipements vérifiés, et les personnes formées ?

Si vous répondez non à plus de trois de ces questions, le plus efficace est de prendre une demi-journée pour faire un état des lieux et construire un calendrier réaliste, plutôt que d’attendre le contrôle.

Questions fréquentes

Une entreprise d’une seule personne doit-elle avoir un DUERP ?
Si elle n’emploie aucun salarié, l’obligation ne s’applique pas dans les mêmes termes, car elle protège les travailleurs. Dès qu’il y a un salarié, un apprenti ou un stagiaire dans les conditions prévues, l’évaluation est obligatoire. Même sans salarié, beaucoup de dirigeants font l’exercice pour eux-mêmes, car il révèle des risques réels.

Peut-on faire le DUERP soi-même ?
Oui, c’est même recommandé que l’entreprise s’approprie la démarche. On peut se faire accompagner pour la méthode, la grille de cotation, la visite des lieux, la rédaction et le plan d’actions, mais les salariés doivent y être associés. Un document produit entièrement de l’extérieur sans implication interne est rarement vivant.

Faut-il un document par établissement ?
La logique est d’évaluer les risques là où le travail se fait. Une entreprise multi-sites doit pouvoir démontrer que chaque site est couvert, avec ses particularités. Un document commun pour la partie générale et des annexes par site est une solution courante.

Le DUERP couvre-t-il les intervenants extérieurs ?
Il traite les risques pour les salariés de l’entreprise, y compris liés à la présence d’entreprises extérieures. Le plan de prévention, le protocole de sécurité et les règles de co-activité complètent le dispositif lorsque des entreprises extérieures interviennent.

Quel lien avec la formation ?
Le DUERP fait apparaître les besoins de formation : incendie, évacuation, secourisme, gestes et postures, conduite d’engins, habilitations, etc. La formation est une mesure de prévention parmi d’autres, qui prend sa pleine valeur quand elle est adaptée aux situations réelles identifiées dans le document.

La formation peut-elle être financée ?
Selon votre situation, votre branche et votre opérateur de compétences, une prise en charge est parfois possible. Nous sommes certifiés Qualiopi, ce qui permet de solliciter ces financements lorsque les conditions sont remplies. Le plus simple est de nous décrire votre besoin et de vérifier les possibilités avec votre interlocuteur habituel.

Comment nous pouvons vous accompagner

TRINACRE est un organisme de formation qui intervient directement dans vos locaux, en Île-de-France comme ailleurs. Nous réalisons des analyses de risques et vous aidons à structurer votre démarche d’évaluation, à bâtir ou à mettre à jour votre DUERP. Nous formons ensuite vos équipes aux situations que le document a identifiées : formation incendie avec bac à feu ou en réalité virtuelle et augmentée, exercices d’évacuation, guides-files et serre-files, sauveteur secouriste du travail enrichi par la réalité virtuelle et augmentée, gestes et postures, sensibilisation à l’usage du défibrillateur.

Notre démarche tient en trois temps : un échange pour comprendre votre activité, vos locaux et vos contraintes de planning ; un diagnostic et un plan d’actions réaliste ; une intervention sur site avec des mises en situation adaptées à vos équipes, suivie d’un retour d’expérience.

Passer à l’action

Si votre DUERP n’a pas été revu depuis plus d’un an, si vous venez de déménager, de réorganiser une équipe, d’installer de nouveaux équipements, ou si vous n’êtes pas certain que votre plan d’actions tient la route, c’est le bon moment pour faire le point.

Demandez votre devis en quelques lignes, nous reviendrons vers vous avec une proposition adaptée : https://trinacre.com/contact/

Vous pouvez aussi consulter notre catalogue 2026 : https://trinacre.com/wp-content/uploads/2026/09/CATALOGUE_2026_TRINACRE_FORMATIONS_v2.pdf

Les références réglementaires citées reflètent les textes en vigueur à la date de rédaction. Elles évoluent : vérifiez toujours la version applicable à votre situation, en particulier le calendrier de dépôt dématérialisé du document unique.

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